Le blg Cépaduluxe

ce blog rassemble quelques informations sur la schizophrénie (ou les schizophrénies, comme diraient certains...)
il s'agit d'un blog personnel
 
Dimanche 16 septembre 2007

Je crois, qu’outre le sport, ce qui m’a sauvé, c’est la curiosité
le volonté de comprendre
le souci du monde
l’intérêt pour les fonctionnements et les dysfonctionnements de la société et de la nature
le goût d’apprendre.

Je crois qu’à toutes les époques, j’étais encore capable d’apprendre des notions théoriques et que jamais cette fonction n’a été chez moi touchée

je n’ai pas honte parfois d’acheter des petites encyclopédies pour les enfants plus faciles à lire que des livres pour adultes et très instructives

je crois qu’une école dédiée aux personnes souffrant de handicap psy ne serait pas du luxe,
un lieu qui leur permettrait d’apprendre, malgré leur handicap
une université ouverte, grande ouverte accueillant les patients pour leur permettre de se cultiver et de rester lucide et intelligent.
par Cépaduluxe publié dans : vivre avec
Vendredi 14 septembre 2007

De toute cette histoire, cette vie malade, ce dont je me souviens le plus, c’est cette indifférence, cette insensibilité de mon environnement
comme si j’avais passé ma vie à me noyer sous les yeux de personnes incouciantes
comme si j’avais traversé un paysage un peu mort.

Je ne sais pas ce que j’aurais aimé, qu’on me plaigne, qu’on me console, qu’on m’insulte…
qu’on me comprenne, qu’on m’aide un peu…

C’est curieux comme on peut vivre à côté des autre sans rien, vraiment rien, partager avec eux
sans leur ressembler, sans être aimé par eux, sans les aimer soi même… comme s’il était évident qu’on n’était pas fait pour vivre ensemble, eux et nous (eux et moi).

Souvent j’ai pensé que l’indifférence était réciproque
que petit à petit le monde répondait aux symptômes du patient
et que le monde devenait indifférent au patient indifférent.
par Cépaduluxe publié dans : vivre avec
Vendredi 7 septembre 2007

Je ne sais pas pourquoi, je n’ai jamais pensé que je souffrais d’une maladie psychiatrique mais j’ai toujours pensé que j’avais un problème de développement…
je pense que j’ai raté certains apprentissages.

J’étais jeune, comme la plupart, quand je suis tombée dans la schizophrénie
je crois que j’aurais aimé être soignée par un pédopsychiatre, par quelqu’un qui aurait vu en moi une personne en train de se développer, en train de se développer de manière aberrante, en train de se développer de manière solitaire, sauvage, sans respecter les lois sociales… en train de se développer à la brute, sous l’effet d’impulsions et de pensées fortes, trop fortes

j’aurais aimé être soignée comme une personne souffrant d’un trouble du développement nécessitant un accompagnement paternaliste
nécessitant une méthode de réapprentissage progressif des attitudes et des comportements
j’aurais aimé qu’on m’enseigne une manière d’être acceptable plutôt que d’être traitée comme une personne souffrant de symptômes.

par Cépaduluxe publié dans : vivre avec
Dimanche 2 septembre 2007


Quand les symptômes remontent, je vois s’installer ce double phénomène :
l’hypersensibilité qui me rend sensible à tous les détails et qui m’impose un flux énorme d’information visuelles, sonores, verbales, qui m’assaillent et tournent dans ma tête
la trop faible réactivité de ma personne devenue lente, raide, maladroite, passive, soumise.

C’est un déséquilibre énorme qui se crée alors entre le grand nombre d’informations qui entre et le faible nombre d’actions qui sortent de ma personne

je deviens un objet et cesse d’être un sujet
je deviens un réceptacle
un spectateur conscient, aveuglé, pétrifié, immobilisé.

par Cépaduluxe publié dans : vivre avec
Lundi 27 août 2007

admirer, imiter, chercher l'image, chercher l'identité



De tous les symptômes dont j’ai souffert, un seul me fut utile je crois… c’était le mimétisme

je crois qu’il m’a bien servi ce pouvoir étrange de me laisser envahir par les manières des gens, au point de les imiter instantanément, de répéter leurs paroles et leurs gestes
je crois que cela m’a bien servi pour que je continue de leur ressembler alors même que j’avais cessé de les comprendre

parfois j’ai pensé que c’était l’une des clefs
parfois j’ai pensé que l’admiration, l’imitation, la recherche d’une identité autre que la sienne, rythmaient à la fois les rechutes et les progrès

parfois j’ai pensé qu’on pouvait s’y perdre, dans des imitations de personnages étranges, mystiques, mythologiques, excessifs, impossibles, improbables…
et qu’on pouvait aussi se retrouver dans l’imitation des personnes ordinaires, collègues et voisins de paliers, médecins et infimiers, familles et commerçants, petit peuple ordinaire, petit peuple innocent…
par Cépaduluxe publié dans : vivre avec
 
 
podcast sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus