Cela fait bien longtemps que je suis obligée de tout verbaliser
de tout dire et écrire
de tout faire passer par les mots
pour y croire
mes souvenirs sont le fait de phrases et non d’événements
je me souviens des paroles et non des personnes
ma mémoire est verbale
ma perception aussi
cette manière de tout dire et de décrire n’est pas sans conséquence
il m’arrive de croire en ce que je dis
de croire aux mots que je viens de dire
comme si je venais de les entendre et non de les dire
il m’arrive de me convaincre par mes propres pensées
et j’ai intérêt à faire attention à ce que je pense, à éviter les mauvaises pensées
c’est parfois étrange, cette nécessité d’extérioriser sa propre pensée pour ensuite la réingurgiter
comme s’il fallait poser sa pensée sur la feuille blanche, la lire, l’apprendre, pour enfin pouvoir la penser.
par Cépaduluxe
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vivre avec
Il faut bien donner raison aux autres
à la société
à ceux qui sont majoritaires
il faut bien admettre que leur sensibilité, que leurs manières, que leurs intentions sont celles qui sont les plus adaptées à la marche du monde
il faut bien admettre que c’est en les imitant qu’on pourra trouver une place utile, une place active dans la société qu’ils ont fondée
il faut avoir envie de devenir quelqu’un d’ordinaire dans un monde ordinaire
Il faut réussir à ne pas sombrer dans l’imitation, le mimétisme idiot, l’obéissance absolue
il faut réussir à rester entier
il ne faut pas se confondre aux autres, il ne faut pas se fondre dans leur groupe
il faut être avec eux en restant soi
il ne faut pas renoncer à soi, sacrifier sa personne, s’offrir en sacrifice au groupe
Il faut s’inventer une identité, cultiver un art, des talents, pratiquer un sport, acquérir des connaissances, acquérir une technique, s’offrir le luxe d’une certaine maitrise dans un certain domaine, n’importe lequel…
s’offrir le luxe d’une originalité, d’une personnalité forte qui ne finisse pas en marginalité…
il faut réussir cet équilibre précaire, celui de la soumission aux règles du groupe et de la préservation de son rêve intérieur…
réussir cet équilibre précaire entre une volonté vraie d’intégration et un très fort goût pour la solitude
par Cépaduluxe
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vivre avec
L’absence de tri naturel des informations me semble être un problème important de la schizophrénie
j’ai longtemps eu cette impression de vivre de longs moments de confusion, de subir l’amalgame ou la dispersion d’informations dont je ne savais que faire, que je ne savais utiliser
l’absence d’un système chargé d’étouffer les informations superflues pour mieux laisser émerger les informations essentielles
l’absence d’un système permettant de valoriser ce qui est important au détriment de ce qui ne l’est pas
l’absence d’une organisation de l’information pourrait créer cette confusion, cette profusion de perceptions et d’émotions, qui nous séduit et nous accable tout à la fois
il est pourtant essentiel de savoir faire la différence entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas, entre le détail et l’événement
on cherche donc à inventer un mode de tri, un mode d’organisation bien à soi pour remplacer celui qui n’est plus, ce qui ne fonctionne plus
cela passe par
l’hyperrationnalisme, le calcul, le délire, la morale
la concentration
l'oubli, le refus
le rêve, la philosophie, la religion…
par toutes sortes d’artifices, méthodes et théories, qui nous permettent de donner du sens à notre environnement, afin de sortir de la confusion des sens, de l’insensibilité ou de l’hypersensibilité, afin de retrouver un environnement structuré.
par Cépaduluxe
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vivre avec
Jalousie ou véritable aversion ?
les autres, les personnnes “ordinaires”, parfois, nous font peur
leur manière d’exprimer leurs désirs et leurs craintes nous écoeurent
leurs conversations, leurs gestes nous fatiguent
leurs amitiés, leurs querelles, leurs jalousies nous semblent ridicules et obscènes
leurs soucis simples nous semblent bêtes et méchants
leurs émotions nous semblent grossières
les personnes qui vont bien nous semblent ordinaires et brutales
nous mélangeons la juste colère contre la société qui nous maltraite et nous exclut et une aversion plus intime contre les personnes que nous rencontrons
nous leur reprochons tout à la fois de participer à cette société qui nous humilie, d’en porter (et d’en colporter) les usages et les manières, les habitudes et les faiblesses
nous leur reprochons leur adaptation à une société prévue pour la survie du groupe et non celle de l’individu
nous leur reprochons leur manque d’imagination
nous leur reprochons leurs manières, issues des manières d’une société stricte et bourgeoise, exigeante et indifférente…
nous ne savons pas très bien ce que nous leur reprochons
nous leur reprochons la peur qu’elles nous inspirent, la peur et l’incompréhension…
Il faut parfois du temps pour que ces reproches cessent
pour qu’ils laissent place à une forme d’amitié un peu distante
il faut parfois du temps pour que naisse ou renaisse cette solidarité nécessaire entre eux et nous, qui formont au final une seule et même tribu.
par Cépaduluxe
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vivre avec
C’est une méthode et parfois une solution
on peut simplifier sa vie à l’extrême pour faire baisser l’échec
pour ne pas faire face à l’inefficacité de ses actions et de ses perceptions
pour se protéger par l’habitude et la répétition d’une vie simpliste et mécanisée
pour se protéger de l’inconnu et de l’incompris
pour rester soi même en toutes circonstances et ne jamais être débordé par un monde envahissant…
c’est une méthode mais ce n’est pas la meilleure solution
car les vies simplifiées sont des vies étriquées sur le plan relationnel et affectif, ce sont des vies quasi mortes, ce sont des vies qui penchent dangereusement vers la mort et la dépression
cela peut être une bonne solution transitoire pour prendre son autonomie, pour devenir maître du jeu…
puis il faut essayer d’introduire de la complexité
petit à petit
comme dans une recette de cuisine quand on introduit les ingrédients les uns après les autres, lentement…
je me souviens d’avoir commencé ma vie autonome dans l’ultra simplicité : je mangeais toujours la même chose, je faisais les mêmes trajets, j’allais acheter mes courses au même endroit, je n’avais pas de loisir ni d’ami, je n’avais aucune activité changeante et mon travail était très cadré, monotone et simple à réaliser
puis, j’ai commencé de faire des choses nouvelles
notamment, je m’étais promis de faire quelque chose d’important chaque année, de faire un progrès, de réaliser un projet… et chaque année, j’ai accompli une nouvelle chose importante, j’ai mis en place une nouvelle habitude ou développé une nouvelle activité… jusqu’à devenir capable de complexité, jusqu’à devenir maitre d’un panel d’habitudes et d’activités.
par Cépaduluxe
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Cépaduluxe







