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Vendredi 14 septembre 5 14 /09 /Sep 10:25

De toute cette histoire, cette vie malade, ce dont je me souviens le plus, c’est cette indifférence, cette insensibilité de mon environnement
comme si j’avais passé ma vie à me noyer sous les yeux de personnes incouciantes
comme si j’avais traversé un paysage un peu mort.

Je ne sais pas ce que j’aurais aimé, qu’on me plaigne, qu’on me console, qu’on m’insulte…
qu’on me comprenne, qu’on m’aide un peu…

C’est curieux comme on peut vivre à côté des autre sans rien, vraiment rien, partager avec eux
sans leur ressembler, sans être aimé par eux, sans les aimer soi même… comme s’il était évident qu’on n’était pas fait pour vivre ensemble, eux et nous (eux et moi).

Souvent j’ai pensé que l’indifférence était réciproque
que petit à petit le monde répondait aux symptômes du patient
et que le monde devenait indifférent au patient indifférent.
Par Cépaduluxe - Publié dans : vivre avec
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Dimanche 9 septembre 7 09 /09 /Sep 10:22

Le psychiatre et le patient peuvent ils s’entendre,
se comprendre ?

…comme chien et chat, ils jouent ensemble.

Parfois je m’amuse de voir mon médecin si indifférent face à ce qui me paraît important et tout d’un coup si inquiet face à un détail que je n’avais pas moi même remarqué
est ce un jeu ?
est ce un malentendu ?
nous ne nous ressemblons pas
nous sommes chacun d’un côté du miroir
nous sommes liés l’un à l’autre par une drôle d’amitié
comme si nous avions été élevés ensemble mais nourris de manière différente
comme si nous appartenions à une même fratrie, mais que nous étions de deux caractères complètement opposés

comme si nous ne pouvions pas nous comprendre.

Je pense parfois qu’il ne me comprend pas ni même ne me connait
je pense parfois qu’il ne connait que la face cachée de l’iceberg
qu’il n’a accès qu’aux symptômes de surface
qu’à l’aspect le plus évident, le plus visible, le plus actif de la maladie mais que le fond, peut être le plus important, lui reste inaccessible

parfois je pense qu’il ne soigne que la surface et que c’est à moi de trouver la solution pour soigner le fond

parfois je pense qu’il ne sait rien de moi et que je suis devant lui parfaitement énigmatique.
Par Cépaduluxe - Publié dans : psychiatrie
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Vendredi 7 septembre 5 07 /09 /Sep 11:11

Je ne sais pas pourquoi, je n’ai jamais pensé que je souffrais d’une maladie psychiatrique mais j’ai toujours pensé que j’avais un problème de développement…
je pense que j’ai raté certains apprentissages.

J’étais jeune, comme la plupart, quand je suis tombée dans la schizophrénie
je crois que j’aurais aimé être soignée par un pédopsychiatre, par quelqu’un qui aurait vu en moi une personne en train de se développer, en train de se développer de manière aberrante, en train de se développer de manière solitaire, sauvage, sans respecter les lois sociales… en train de se développer à la brute, sous l’effet d’impulsions et de pensées fortes, trop fortes

j’aurais aimé être soignée comme une personne souffrant d’un trouble du développement nécessitant un accompagnement paternaliste
nécessitant une méthode de réapprentissage progressif des attitudes et des comportements
j’aurais aimé qu’on m’enseigne une manière d’être acceptable plutôt que d’être traitée comme une personne souffrant de symptômes.

Par Cépaduluxe - Publié dans : vivre avec
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Dimanche 2 septembre 7 02 /09 /Sep 18:20


Quand les symptômes remontent, je vois s’installer ce double phénomène :
l’hypersensibilité qui me rend sensible à tous les détails et qui m’impose un flux énorme d’information visuelles, sonores, verbales, qui m’assaillent et tournent dans ma tête
la trop faible réactivité de ma personne devenue lente, raide, maladroite, passive, soumise.

C’est un déséquilibre énorme qui se crée alors entre le grand nombre d’informations qui entre et le faible nombre d’actions qui sortent de ma personne

je deviens un objet et cesse d’être un sujet
je deviens un réceptacle
un spectateur conscient, aveuglé, pétrifié, immobilisé.

Par Cépaduluxe - Publié dans : vivre avec
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Lundi 27 août 1 27 /08 /Août 13:08

admirer, imiter, chercher l'image, chercher l'identité



De tous les symptômes dont j’ai souffert, un seul me fut utile je crois… c’était le mimétisme

je crois qu’il m’a bien servi ce pouvoir étrange de me laisser envahir par les manières des gens, au point de les imiter instantanément, de répéter leurs paroles et leurs gestes
je crois que cela m’a bien servi pour que je continue de leur ressembler alors même que j’avais cessé de les comprendre

parfois j’ai pensé que c’était l’une des clefs
parfois j’ai pensé que l’admiration, l’imitation, la recherche d’une identité autre que la sienne, rythmaient à la fois les rechutes et les progrès

parfois j’ai pensé qu’on pouvait s’y perdre, dans des imitations de personnages étranges, mystiques, mythologiques, excessifs, impossibles, improbables…
et qu’on pouvait aussi se retrouver dans l’imitation des personnes ordinaires, collègues et voisins de paliers, médecins et infimiers, familles et commerçants, petit peuple ordinaire, petit peuple innocent…
Par Cépaduluxe - Publié dans : vivre avec
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