Le blg Cépaduluxe

ce blog rassemble quelques informations sur la schizophrénie (ou les schizophrénies, comme diraient certains...)
il s'agit d'un blog personnel
 
Mercredi 15 août 2007

La schizophrénie
une maladie ou un handicap
cette question est pour moi essentielle
lancinante

une maladie mais qu’on ne parvient pas à soigner
une maladie qu’on ne parvient qu’à grand peine à décrire
une maladie qui ne fait pas toujours souffrir
une maladie qui se nourrit de la vie psychique du patient ainsi qu’une sangsue
un handicap qui rend chaque perception complexe, chaque action douloureuse
un handicap qui rend marginal
un handicap qui rend maladroit, faible et sans défense
une maladie qui fatigue
une maladie qui évolue et réagit à certaines thérapeutiques de manière spectaculaire
une maladie qui impose au patient de devenir son propre soignant, son propre infirmier
un handicap qui dure et n’en finit plus

une maladie et un handicap
une fragilité faite d’une multitude de petits symptômes dont l’arrangement finit par détruire tout élan naturel et tout instinct
une fragilité à laquelle on s’habitue à condition de devenir modeste, à condition d’accepter sa faiblesse et de réinventer ses repères.
par Cépaduluxe publié dans : vivre avec
Dimanche 12 août 2007

j'aime beaucoup la peinture
je suis sensible aux couleurs
je suis inspirée par les formes
les formes d'une nature reconstruite par le regard et l'esprit de l'artiste

j'aime aller voir les blogs de peintres amateurs

notamment les blogs suivants

l'art blog d'Oli

la galerie d'artistes d'utopsya

l'artelier


par Cépaduluxe publié dans : cepaduluxe
Samedi 11 août 2007
par Cépaduluxe publié dans : cepaduluxe
Vendredi 10 août 2007


Il y a 20 ans, j’entrais en psychiatrie
comme on rentre dans les ordres

je faisais sacrifice de ma vie, de ma destinée, de mon autonomie, de ma vitalité
pour connaître un autre monde, une autre vie, un silence, une image, une musique intérieure

rien n’était prévu
rien n’était volontaire

il y a 20 ans, j’entrais dans l’inconnu
dans l’incompréhensible
dans l’humiliation
dans l’imperfection
dans la solitude

j’étais jeune et raide comme un piquet
j’avais l’ambition de vivre sans concession, sans ennui, sans se plaindre, j’avais l’ambition de mener une vie active et raisonnée
j’étais cultivée, de plus en plus, insatiable, prête à lire et entendre tous les discours intellectuels que je pouvais

je perdais mes moyens sans m’en rendre compte
sans y croire
sans savoir
je perdais les moyens de grandir, de devenir un adulte confiant, sûr de lui même et de son avenir
je perdais les moyens de devenir une personne efficace et productive

je m’habituais à ce nouvel espace
cette nouvelle vie
cette nouvelle donne
j’avais choisi le camp des victimes
sans le savoir
sans le vouloir vraiment
j’avais choisi inconsciemment de vivre comme une victime, dans ce rythme  lent, ce rythme souffrant, ce rythme éternel

c’était il y a 20 ans
c’était une première hospitalisation
c’était une époque où les troubles neurologiques cachaient encore la réalité vraie du déficit
c’était une époque où les défaillances s’installaient en périphérie d’un corps à peu près sain, et le pénétraient jusqu’à faire leur nid à l’intérieur, en profondeur

j’ai parfois l’impression d’être revenue à ce point de départ
ce début
j’ai parfois l’impression d’être à nouveau dans cette situation précaire
ce moment de grande curiosité
de grande envie de vivre
ce moment où les fragilités restent peu encombrantes
laissent place à la vie
ce moment où les fragilités importent peu, ne sont pas devenu le sujet unique de toutes les questions, de toutes les précautions
ce moment de grande inconscience

j’ai l’impression parfois d’avoir fait un grand tour et d’être revenue à cette adolescence
à cet âge balbutiant.
par Cépaduluxe publié dans : cepaduluxe
Dimanche 5 août 2007

On dit souvent que le soin psychiatrique passe par l’échange, la rencontre, la confiance vis à vis des soignants…
certes

cela veut il dire que nous sommes soumis à une obligation de sympathie vis à vis des soignants ?

et que se passe-t-il s’ils nous paraissent antipathiques, s’ils nous paraissent repoussants ?
s’ils nous paraissent bruyants, insolents, arrogants, s’ils nous paraissent insensibles, insensés, immatures, grossiers…
que se passe-t-il quand les patients regardent les soignants comme le visiteur au parc regardant un gorille ?

est ce qu’il faut que les patients fassent allégeance aux soignants, acceptent de se fondre dans le moule psychiatrique, s’engagent à la fidélité, manifestent leur amitié…

comment cela se passe-t-il quand un patient est récalcitrant, quand il ne comprend pas, quand il a trop peur, quand il a trop mal

comment faire pour favoriser les rencontres, les vraies rencontres, les rencontres de personnes qui se reconnaissent à la voix, au regard, par un mot, par une phrase, par un geste, par une attitude
de personnes qui se reconnaissent et qui se font confiance…

comment faire pour que cette sympathie ne soit pas obligatoire mais soit le fruit d’un désir et d’une curiosité réciproque ?

par Cépaduluxe publié dans : psychiatrie
 

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