Le blg Cépaduluxe

ce blog rassemble quelques informations sur la schizophrénie (ou les schizophrénies, comme diraient certains...)
il s'agit d'un blog personnel
 
Vendredi 3 août 2007

C’est un lieu de vie
un lieu où l’on a envie de rester, où la cuisine se mange avec appétit, où les jardins sont entretenus, où les fenêtres s’ouvrent, où les portes mènent à des lieux autorisés, où les personnes ne se cachent pas, où les secrets peuvent se dire, où les initiatives sont les bienvenues,
c’est un lieu dépourvu de violence, de concurrence, de rapport de force, un lieu où tous sont liés par un même projet, la guérison de tous et de toutes

Un lieu de soin
un lieu où sont mis en pratiques toutes, absolument toutes les solutions connues, un lieu polyvalent, sans aucune spécialisation forcée
un lieu où toutes les thérapies sont envisageables

Un lieu d’apprentissage
car il faut grandir, apprendre, découvrir, apprendre sa place, à se situer, connaître les autres, les lois, les obligations, découvrir l’importance et l’inimportance des choses
il faut se cultiver, devenir honnête homme, connaître les comportements et les manières de communiquer, devenir sociable et fin connaisseur de la société humaine.
par Cépaduluxe publié dans : psychiatrie
Dimanche 29 juillet 2007

Il n’est pas chargé de tout un fatras d’idées reçues sur la maladie psychique (comme un âne trop chargé)
il n’a pas trop peur de mener une aventure
il n’est pas angoissé à l’idée que sa vie sera différente de celles des autres
il n’a pas honte de ce qu’il est…

Il n’oublie pas la politesse
il est capable d’aimer, si ce n’est souvent, au moins de temps en temps
il lui reste encore assez de force et de douceur pour apprécier un moment de calme, de soleil, comme un moment de plaisir

il se cultive
il continue d’apprendre
il s’interesse au monde…

Il pense à son avenir
il sait que le présent est temporaire et que le temps existe

il continue de croire en l’importance de sa vie et de son destin
il n’a pas peur de la vie
il ne veut pas mourir…

Il observe
il est patient
il profite de ce que chacun peut lui apporter
il prend exemple…

Il sait se rassurer
il sait faire taire la peur
il parvient à se faire dormir
il parvient à oublier…

Il a encore envie de se défendre…

par Cépaduluxe publié dans : psychiatrie
Vendredi 27 juillet 2007


Parfois, certains symptômes deviennent un socle sur lequel on s’appuie
sur lequel on fonde sa personnalité
sur lequel on fonde une attitude, un état d’esprit, une manière d’être, plus observatrice, plus sensible, plus fragile, plus onirique, plus intellectuelle, plus indépendante…
parfois, la sensibilité extrême devient une manière d’être et le prétexte à certaines attitudes plus morales et plus douces
parfois, le retour sur soi devient une attitude, permanente, acceptable, acceptée
parfois, la maladie devient un trait de caractère supplémentaire à tous les autres comme un regard supplémentaire tourné vers l’intérieur

Parfois la maladie rend plus intelligent, plus calculateur, plus dur et plus tendre à la fois
parfois, on se rend compte qu’on est devenu un pur produit de l’institution psychiatrique
parfois, on se rend compte de toutes les habitudes qu’on a prises, dans la manière de s’observer, de rendre compte de ses actes et de ses pensées à des psy, dans la manière de prendre soin de soi et des autres, de s’informer, de demeurer attentif…
parfois, on se rend compte qu’on est devenu non plus l’objet d’une maladie (son jouet) mais le produit d’un système de soin et de réflexion

Parfois on se rend compte qu’on a été façonné par la maladie et les soins, qu’on a été déconstruit et reconstruit.

par Cépaduluxe publié dans : vivre avec
Dimanche 22 juillet 2007

Parfois j’ai l’impression qu’il y a deux schizophrénies
une profonde et une superficielle
une qui fait un développement atypique et qui reste avec le temps, qui vient de loin, peut-être de la naissance
une autre qui se serait manifestée de manière plus spectaculaire sous l’effet d’un dérèglement brusque et qui pourrait être contenue par les traitements

parfois j’ai l’impression qu’il y a cette schizo profonde, cette schizo intérieure,
celle qui vient de l’enfance,
qui ne se voit pas ni se sent
constituée d’une hypersensibilité à certains phénomènes
d’une sensibilité mal équilibrée, décalée, aberrante
et d’une insensibilité vis à vis du monde et de certains usages sociaux
une impossibilité de s’impliquer
un énorme besoin de silence et de solitude…

et qu’il y a cette schizo superficielle, la plus visible
celle qui vient de l’imaginaire, du rêve, de la lecture et qui fonde des idées très personnelles
celle qui vient d’un souci abstrait, d’un souci d’absolu
celle qui se nourrit de certaines ambitions et de certains refus
celle qui se développe au contact de la société
celle qui crée des désordres
celle qui crée des attitudes de refus et d’insoumission
celle qui finit par disparaître quand on vieillit
celle dont on guérit.
par Cépaduluxe publié dans : vivre avec
Samedi 21 juillet 2007

Les hopitaux sont tenus de mettre en place une “démarche qualité” pour améliorer leur fonctionnement
la notion de “démarche qualité” vient de l’industrie et des laboratoires où elle consiste
- d’une part à garantir l’information du client, à lui fournir une qualité et une fiabilité de service minimum, à respecter les législations et normes en vigueur
- et d’autre part à rationnaliser les moyens de production afin de faire des économies
c’est dans sa première mission, que la “démarche qualité” intéresse à l’hopital les patients qui font office de clients, car c’est au travers de cette “démarche qualité” que leurs droits à bénéficier de prestations de bonne qualité mais également à être informés sont rappelés

ainsi, on peut lire dans la charte qualité d’un hopital général : “chaque patient est reconnu comme un partenaire apte à exprimer ses attentes et à participer aux choix thérapeutiques”


les hopitaux qui mettent en oeuvre une politique de qualité s’imposent de prendre en comtpe l’avis des usagers
en général, les usagers se voient distribuer un questionnaire à remplir à l’issue de leur séjour

évidemment ce genre d’enquête permet de s’interroger sur les conditions de l’hospitalisation
est ce que l’hospi a été traumatisante ou pas
est ce que l’hospi a été rassurante
confortable
est ce que le patient a reçu les soins qu’il attendait
a été traité avec respect et dignité…
mais cela ne permet pas de savoir si l’hospi est un point de départ d’un parcours de soin efficace et régulier au travers de structures extra hospitalières et sur le long terme

pourquoi ne pas mener régulièrement des enquêtes à 2 ans, à 5 ans, quand les patients sont capables de juger leur parcours de soin
pourquoi ne pas chercher à les revoir pour savoir ce qu’ils sont devenus ?
pour savoir ce qu’ils en ont fait de leur hospitalisation

est ce que les médecins se posent cette question parfois :
que sont mes patients devenus ?
qu’ont ils fait de leur hospitalisation ?
qu’ont ils fait des soins prodigués ?
qu’ont ils fait de notre rencontre ?
par Cépaduluxe publié dans : psychiatrie
 

Rubriques


tous les articles répertoriés



Forum Atoute

atoutemoyen.gif

Mini galerie

Rechercher

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
 
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus