Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 17:35


J'ai essayé de nombreux neuroleptiques.

Ils ont toujours calmé mes symptômes. Ils ont toujours eu des effets secondaires qui ont poussé mon médecin à arrêter.

 

Quels sont ces effets secondaires tellement gênants qu'ils favorisent l'inobservance du traitement chez de nombreux patients et l'arrêt ou le changement décidé par les médecins ?

- les effets qu'on pourrait qualifier de "neuro endocriniens" et qui peuvent devenir très invalidants (tremblements ou akathisie, libido off, endormissement... pour citer les plus connus) ; chaque patient a sa propre réaction

- un effet que je mets à part tellement il est répandu : le surpoids qui peut entraîner des problèmes de cholestérol et glycémie et justifie qu'on fasse régulièrement une prise de sang quand on prend des neuroleptiques et qu'on a beaucoup grossi ; pareil que pour au dessus, chaque patient a sa propre réaction

- l'effet camisole chimique qui entrave les délires et les hallus mais également l'envie de vivre, l'initiative, la sensibilité, et qui du coup a tendance à favoriser une vie primitive et végétative chez des patients qui auraient pourtant besoin d'activité, dont on sait qu'elle est une bien bonne thérapie

Ces trois problèmes sont normalement bien connus des psy.
J'ai bien dit "normalement".

Ces problèmes justifient à eux seuls la mise en cause régulière des neuroleptiques par certaines personnes, animées d'intentions diverses, et qu'on rencontre notamment sur internet, dans cette grande mouvance de l'anti psychiatrie moderne, qui s'est souvent détachée du politique, mais survit malgré les décennies qui passent…

 

Ces problèmes sont compliqués encore par la question de l'incompatibilité entre certains remèdes, car le neuroleptique est rarement le seul médicament que prend un patient schizophrène

Le temps qu'on perd à trouver un traitement adapté, à trouver un compromis acceptable entre les effets bénéfiques et les effets secondaires, est considérable… cela peut se compter en années

 

Ceux qui pensent qu'il suffit de prendre ses médicaments pour aller mieux ont une vision assez sommaire de la schizophrénie.

Il faut prendre des médicaments, certes, mais pas n'importe lesquels, pas à n'importe quelle dose, et en prendre le moins possible, c'est encore l'idéal

On arrive à baisser les traitement mais cela prend du temps, souvent plusieurs années.

On arrive à supporter certains symptômes, à éliminer les facteurs aggravants de la schizophrénie tel que l'état dépressif… on arrive à beaucoup de choses… il faut être patient… ce qui prouve que ce n'est pas facile, surtout quand on est jeune et exigeant.


Par Cepaduluxe
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 17:02

Le temps passe...

Les premiers articles de ce blog datent de 2005 à 2007… nous sommes aujourd'hui en 2012.

J'ai encore beaucoup de choses à comprendre.

Et je sais que je ne comprendrai pas tout. Il faut accepter le mystère de sa propre vie.

 

Je souffre probablement de ce qu'on appelle parfois la schizophrénie résiduelle… quelques symptômes, comme l'ombre de la maladie, ou la queue de la comète… quelques symptômes acceptables, qu'il faut surveiller, car on ne sera jamais totalement libre, et qu'il faut rester inquiet… inquiet et vigilant…

Quelques symptômes qu'on accepte quand on a renoncé à la perfection, quand on a cessé d'accorder de l'importance aux jugements des autres, quand on a diminué son ambition, quand on a pris des habitudes...

Tout va bien finalement.

J'ai réintégré le mondes vivants et des honnêtes gens.

 

 

 

 

 

 

 

Par Cepaduluxe - Publié dans : cepaduluxe
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 21:42



Les meilleures choses ont une fin


Depuis trois ans que j’écris, j’essaye d’apprivoiser certaines notions, un diagnostic probable, un vocabulaire spécialisé, des questions théoriques… je cherche à comprendre
à me comprendre et à comprendre les autres
depuis trois ans, je cherche à comprendre et je ne comprends pas mais ce n’est pas très grave,
j’ai appris beaucoup de choses qui me seront utiles…


J’ai fait toutes sortes de rencontres sur internet et je me souviendrai très longtemps de certaines personnes
je remercie ceux qui m’ont encouragée.


Je ne sais pas si je vais bien
je ne sais pas si je vais mal
je crois que tout ceci ne veut rien dire…
je suis en vie
portée par le tumulte,
probablement à l’instant le plus lucide de ma vie, le plus lucide et le plus complexe…
je suis à cet instant où je ne suis plus malade sans être guérie pour autant.


Je pars car il est grand temps

j’ai peut-être trop parlé ou plutôt trop écrit

j’ai eu l’impression étrange, parfois, de parler à la place des autres… ceux qui souffrent en silence

et je quitte internet, aujourd’hui,
sans aucun regret.


Cép

Par Cepaduluxe - Publié dans : cepaduluxe
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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /Déc /2007 21:02

A la fin il y a une lassitude
l’envie de tout oublier
de tout renier
de tout recommencer

à la fin, il y a un doute
une curiosité infinie
une envie légitime de tout comprendre
une incompréhension globale, totale, énorme, presque définitive, face à un passé qui s’estompe, et qui, ainsi qu’un fantôme fugace, se laisse voir au moment même ou il disparait

à la fin, il y a le désir de mener une vie simple
laborieuse
raisonnable
une vie précautionneuse
une vie de petit comptable, de petit bonhomme, de petit soldat brave et sérieux, de petit personnage installé dans sa cabane, son environnement familier, son environnement reconstruit
une vie de personne modeste qui ne veut rien détruire
qui cherche la paix

il y a une peur
la peur que tout recommence
la peur de la rechute
la peur des émotions trop fortes, trop vibrantes, des émotions qui entrent en résonnance avec l’intelligence et menacent de s’imposer par la force
la peur des raisons particulières, des raisons paradoxales, des raisons monotones et répétitives au bord de l’obsession
la peur de tout ce qui diffère
de tout ce qui pourrait
peut être
ranimer le dragon

à la fin il y a l’économie
une vie parcimonieuse
fragile et dérisoire


il y a la fatigue et la patience

il y a le souci de la qualité
qualité des gestes et des pensées
remplaçant la quantité
remplaçant la multitude
il y le besoin de calme et de confort
le besoin de réconfort
l’envie de vieillir en douceur
l’envie de connaitre certains plaisirs

il y a quelques reproches
de l’amertume face au bilan comptable d’une jeunesse impossible
et disparue sans avoir existé
il y a quelques sentiments durs et cruels qu’on voudrait opposer à tous ceux qui ont joué l’indifférence au plus mauvais moment
et il y a la honte


à la fin, il y a une sympathie nouvelle pour celles et ceux qui souffrent,
pour celles et ceux qui diffèrent
s’égarent
se condamnent
ou sont condamnées
pour celles et ceux que la vie renverse à chaque pas
pour celles et ceux que tout le monde accuse

à la fin, il y a l’envie que tout change
que la société soit plus juste, plus accueillante, plus fraternelle, moins exigeante
il y a de nouveaux rêves et de nouveaux espoirs.
Par Cepaduluxe - Publié dans : vivre avec
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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 21:59

au debut, il y a un glissement
un glissement du monde et des circonstances
un glissement vers un monde qui n’existe pas
une modification des habitudes et des conventions
un élargissement de certaines perpectives intellectuelles
une résonnance infini de certains sons, de certains mots
un désordre
une accélération
un changement de cap
comme une transformation régie par des lois absurdes

au début il y a cette impression que tout devient plus dur, plus tragique, plus difficile,
que plus rien n’est innocent
il y a cette impression d’entrer dans un monde étranger auquel on ne s’habituera pas
d’entrer dans un monde inconnu et sophistiqué
de devenir un visiteur
un passager
d’être en permanence chassé
d’être en permanence cet intrus injustifié qui s’obstine à s’inviter, qui s’obstine à exister, qui tente de résister, qui tente de s’imposer,
qui tente de se maintenir
et qui n’y parvient pas

au début, il y a l’invention de nouveaux personnages
et de nouvelles règles
passablement esthétiques
plus en accord avec le nouveau monde
et la modernité
d’une épopée tranchante 


au début, il y a cette impression d’une nouvelle existence
d’une nouvelle naissance
dans un monde nouveau
que les autres ne connaissent pas

au début, il y a
ce dénouement des liens
les liens qui nous reliaient à la famille, la société, à la communauté
les liens qui nous tenaient
qui nous tenaient debout

les parents, victimes et coupables, cessent d’être nos parents
et nous, victimes et coupables, cessons d’être leurs enfants

les professeurs cessent de nous enseigner
la transmission est interrompue

le savoir ne passe plus
et c’est une autre savoir, surgi des tréfonds d’une mémoire ancestrale, d’un inconscient trop ambitieux, qui vient s’imposer en guise de science et de connaissance


au début, nous cessons d’être les sujets d’une jeunesse pour devenir les objets d’une maladie

les objets honteux ou fascinants
les objets qui font peur et font dire des bêtises
les objets qui donnent aux mandarins des motifs d’éloquence
des motifs de jouissance
les objets qui font prendre de grandes décisions
des hospitalisations
des couloirs carrelés dans lesquels déambulent avec circonspection d’autres objets aux figures inhabituelles, aux gestes mécaniques, au verbe haut…
les couloirs illuminés de l’institution

au début, nous devenons les sujets de préoccupation de l’institution


au début il y a la fin d’une alliance
la fin d’une reconnaissance
la fin d’une solidarité

c’est le début d’une solitude
d’une solitude définitive
d’une solitude qu’il faudra expérimenter, de long en large et en travers

au début il y a une angoisse atroce et une révolte à la hauteur
au début il y a cette impression que tout a changé et que rien de nouveau ne s’est inventé
au début, il y a cette impression que tout est détruit


au début, tout est nouveau


au début,

avant qu’on s’inquiète

avant qu’on accepte

avant qu’on devienne patient.
Par Cepaduluxe - Publié dans : vivre avec
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