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19 mars 2006 7 19 /03 /mars /2006 16:07

LA SCHIZOPHRENIE



DEFINITIONS

Le terme de schizophrénie (de skhizein=fendre ET phrên=pensée) désigne un groupe de psychoses caractérisées par la dissociation (processus interne), c’est-à-dire la perte de cohésion et d’unité entre les différentes composantes de la vie psychique et à l’intérieur de chacune de ces composantes (affectivité, langage, pensée, intelligence, comportement).
A ce concept théorique de dissociation on associe la discordance (expression externe), qui correspond à l’aspect clinique de la dissociation. C’est l’inadéquation, la bizarrerie, l’ambivalence, observées chez le patient dans son comportement, son langage, ses émotions, le contenu de son discours.

Diverses classifications et définitions des schizophrénies ont été proposées. Aucune n’est parfaitement satisfaisante.
On distingue souvent les schizophrénies véritables et les troubles schizophréniques correspond soit à des formes limites soit à des formes ponctuelles, (schizoaffectivité, bouffées délirantes aigues).

Pour poser le diagnostic, il faut constater la présence des symptômes sur une certaine durée et éliminer les autres causes (intoxication par produits stupéfiants, tumeur, maladie endocrinienne, dépression...)



LES SCHIZOPHRENES

1% dans la population générale, quel que soit le pays et la culture.
Cette donnée est une estimation moyenne, car aucun comptage des schizophrènes ne peut être fait, soit parce que le diagnostic est difficile à poser, soit parce que certains schizophrènes échappent au contrôle médical (SDF par exemple).

La schizophrénie débute le plus souvent, entre la puberté et le début de l’âge adulte, particulièrement entre 18 et 25 ans. Elle touche autant les hommes que les femmes.



SYMPTOMES

Aucun schizophrène ne développe tous les symptômes de la schizophrénie mais l’ensemble des symptômes se retrouvent d’une manière plus ou moins marquée chez l’ensemble des schizophrènes

Syndrome dissociatif : C’est le syndrome principal.
-La dépersonnalisation, perte de l’unité et de l’intégrité psychique et physique, impression de se transformer, de devenir autre, de disparaître, de se disloquer...
-La déréalisation. Impression de transformation du monde extérieur. L’environnement semble étrange et nouveau, faux ou inaproprié.
-L’ambivalence : le schizophrène peut associer des notions habituellement opposées, dans tous les domaines, dans les propos et les actions (par exemple, dire une chose et son contraire avec la même force et la même conviction).
La dissociation entraîne un affaiblissement des capacités d’apprentissage et de communication qui entrainent un handicap et une régression, sans pour autant que l’intelligence au sens strict soit touchée.

Le discours
- Mauvaise organisation du discours. Le discours est mal organisé, avec des passages d’une idée à l’autre, des interruptions, des ralentissements, des répétitions.
- Troubles du langage Le discours s’élabore à partir de mots précieux ou d’expressions désuètes (maniérisme), ou de mots nouveaux ou inappropriés
- Le mutisme

La pensée
- La pensée devient abstraite recherche d’explications théoriques, attirance pour des notions philosphiques, religieuses, voire mystiques (menant ou non à un délire)
- La pensée devient monocorde et pleine de stéréotypes
- La pensée est désinhibée voire violente

La percetion
-Trouble de la perception extérieure, des couleurs, des bruits, des perspectives, de la matière
-Trouble de la perception intérieure et impressions intracorporelles faussées (perte de sensation du corps, ou trop grande sensation de l’intérieur de son corps)

L’affectivité et des émotions
-Ambivalence affective et incohérence des sentiments (en particulier vis à vis des parents) -Détachement, froideur (pouvant être associée à la perte de l’élan vital)

La compréhension et le jugement
-Tendance à prendre les choses au sens premier et les mots au premier degré, difficulté à gérer des niveaux différents de communication et les informations non verbales (signes et codes sociaux) -Difficulté à se mettre à la place de l’autre et à comprendre l’environnemnet extérieur
-Soumission à la volonté et à la pensée des autres
-Difficulté à différencier les détails des choses importantes

Troubles psychomoteurs
-Maniérisme gestuel : mouvements précieux, et mécaniques
-Evitement du contact, évitement des regards et des contacts physiques
-Répétitions de gestes (balancements), mimiques grimaçantes, imitation des gestes des autres
-Immobilité

Le retrait et la prédominance de la vie intérieure
- Isolement, immobilisme, inexistance de la vie relationnelle, défaut d’hygiène corporelle et d’alimentation
- Reveries rassurantes et personnelles
- Sentiment de toute puissance

Les délires
- Délire paranoïde, souvent délire hallucinatoire, surtout autitives
- Perte du contrôle de la pensée, les pensées semblent mener leur propre vie, peur de voir ses propres pensées être volées ou utilisées par d’autres


classification des symptômes

Ces symptômes sont souvent classés en trois catégories :
- symptômes de discordance :  symptômes exprimant directement la désorganisation
- symptômes positifs : production de délires, hallucinations, comportement excessif et impulsif… ces symptômes peuvent être intermittants
- symptômes négatifs : déficit de concentration, inhibitions, apathie, déficit de communication, déficit affectif, repli… ces symptômes sont généralement persistants

Cette classification a son importance puisqu’elle permet à la fois de déterminer le type de schizophrénie dont souffre un patient et de déterminer le ou les médicaments qui lui sont adaptés.

Les symptomes positifs sont plus visibles et plus gênants pour l’entourage et le patient que les symptômes négatifs, ils sont donc plus vite diagnostiqués et mieux traités ; sur le long terme, même amoindris, ils peuvent entrainer une exclusion sociale importante du fait qu’ils font peur.
Les symptômes négatifs sont mieux tolérés par l’entourage, et les schizophrènes déficitaires stabilisés sont souvent perçus comme fragiles et dépressifs.



LES FORMES DE SCHIZOPHRENIE

Selon les écoles de psychiatrie on distingue un nombre plus ou moins important de formes.
En fonction des pays et des époques les classifications ont évolué et continueront d’évoluer.

L’avantage de ces définitions est qu’elles permettent de dresser des portraits à peu près précis des patients.
AInsi, elles permettent aux patients qui ont besoin de se “voir” dans un portrait clinique à peu près cohérent de se retrouver. Et elles sont surtout utiles en recherche médicale, car elles permettent de créer des échantillons de population homogène en vue d’enquêtes statistiques.
L’inconvénient principal de ces définitions est qu’elles ne sont pas satisfaisantes pour le milieu médical car elles créent un carcan très réductif par rapport à la réalité d’une maladie individuelle et intimement liée à la personne.

Les débuts sont souvent marqués par certains signes, dont aucun n’est en soit caractéristique de la schizophrénie :
-bizarrerie
-dépression sans douleur morale
-hallucinations
-détachement, repli et froideur -difficulté scolaire
-engouement démesuré pour les notions abstraites et virtuelles
-problèmes d’hygiène, hypocondrie, troubles du comportement alimentaire
-toxicomanie et alcoolisme

L’hébéphrénie
Schizophrénie marquée par des symptômes dissociatifs et un repli, avec présence de symptômes défictaires et un appauvrissement pouvant mener à une forte régression
forme de schizophrénie peu réactive aux neuroleptiques où la rééducation (par ergothérapie, mise en place de rituels...) est importante

La schizophrénie paranoïde
Schizophrénie essentiellement délirante
Elle est en général réactive aux médicaments (à conditon qu’ils soient acceptés et pris régulièrement)

La schizophrénie simple
Forme atténuée de schizophrénie déficitaire débutant souvent progressivement

La schizophrénie dysthymique ou trouble schizo-affectif
Caractérisée par des épisodes successifs maniaques ou dépressifs associés à des symptômes dissociatifs
Cette affection est considérée comme étant à la limite du spectre de la schizophrénie

Certains schizophrènes présentent des symptômes qui ne permettent pas de les classer dans une des formes cliniques habituelles, on a créé pour eux le concept de schizophrénie indifférenciée

D'autres formes plus rares ont été décrites

Ajoutons que la schizophrénie est une maladie évolutive ; ainsi, un même patient peut voir ses symptômes évoluer dans le temps.
Il faut dire également que la schizophrénie est parfois associée à un autre problème qui en modifie les symptômes, c’est le cas particulier du schizophrène toxicomane ou alcoolique.



EVOLUTION

Depuis leur apparition au début des années 1950, les neuroleptiques ont permis d’améliorer considérablement le pronostic.
Toutefois, la rémission obtenue par de nombreux patients demande des efforts et une prise en charge cohérente sur plusieurs années.

Les obstacles principaux à la rémission sont :
-le suicide dont le taux est très élevé chez les schizophrènes
-le refus de se soigner, du fait d’un déni total ou partiel du patient
-le défaut de soin, du fait de l’absence d’environnement protecteur (de nombreux schizophrènes sont laissés livrés à eux mêmes)
-l’incohérence des thérapies liées autant au déficit financier de certains établissements qu’à la mauvaise connaissance de la schizophrénie de certains médecins libéraux
-les formes résistantes aux médicaments
-le cumul de handicap (schizophrénie associée à la pauvreté sociale et intellectuelle, à la toxicomanie...)



TRAITEMENT

L’hospitalisation est souvent nécessaire en cas de phase aigue, et pour la meilleure observation du patient au début de la prise en charge.

La chimiothérapie
-Les neuroleptiques (la base du traitement)
-Les antidépresseurs et anxiolytiques sont souvent associés (ces médicaments doivent être administrés avec précaution afin de ne pas favoriser certains délires ou certains passages à l’acte)

La sismothérapie est parfois mais rarement utilisée

Les Psychothérapies
en phase aigue ou chronique :
-Psychothérapie de soutien : permettant au patient de prendre conscience de sa maladie, de parler de ses symptômes, de son traitement et de ses projets
en phase chronique et en phase de rémission :
-Psychothérapie d’inspiration analytique
-Thérapie de groupe
-Thérapie comportementale
L’objectif des thérapies est de minimiser les symptômes résistants aux médicaments et les symptômes parasites liés à la difficulté d’accepter son handicap, et de régler les problèmes psychiques qui risquent de nourrir la schizophrénie

La rééducation ou l’aide à la réinsertion
-Hôpital de jour ou groupe associatif
-Appartement thérapeutique
-Emploi protégé



CAUSES DE LA SCHIZOPHRENIE

Les causes sont inconnues mais les hypothèses sont nombreuses

Hypothèse génétique :
La prévalence de la schizophrénie est d’environ 1 % dans la population générale, et de 10 % chez les parents au premier degré de personnes schizophrènes. (40 % chez le jumeau monozygote d’un schizophrène)

Hypothèse virale :
Infection du fœtus au 2ème trimestre de la grossesse par le virus grippal entraînant une anomalie dans le développement du cerveau.

Hypothèse dopaminergique et biochimique :
Les neuroleptiques, qui agissent sur les récepteurs dopaminergiques, améliorent notablement la symptomatologie schizophrénique.
D’autres hypothèses biochimiques existent...

Hypothèse obstétricale :
Les enfants ayant présenté des complications obstétricales ou les enfants prématurés présenteraient un risque plus élevé que le reste de la population de développer une schizophrénie.

Hypothèse neurologique :
Destruction au moment de l’adolescence d’un nombre trop important de neurones ou de synapses

Hypothèses psychiques :
Liées à des perturbations relationnelles précoces entre l’enfant et ses parents, entraînant une fragilité particulière du Moi.
Ont été étudiés notamment le role de la mère étouffante et parfaite, du père absent, et la théorie du double lien (messages contradictoires simultanés transmis par les parents)

Hypothèses environnementales :
Certains stress, et la consommation de produits stupéfiants seraient à l’origine de certaines schizophrénies

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Published by Cépaduluxe - dans schizophrénie
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commentaires

Yves 03/08/2012 11:59


Bonjour et merci pour votre post


C'est en effet une maladie mal connue du commun des mortels


Notamment tout ce qui a trait aux signes de dissociation


Bien cordialement

sehuq 13/10/2008 17:14

quand je vois le nombre d'hypothèses, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'on prend les gens pour des cons en faisant l'apologie des neuroleptiques (molécule découverte au hasard, prescrite au hasard à des patients et en conclure une hypothèse dopaminergique)donc soit c'est un merveilleux placebo, soit c'est la nouvelle méthode de contraception forcée trouvée par nos scientifiques (prolactine qui monte en fleche), rappelez vous les nazis et meme churchill...

lili 19/03/2006 23:20

bonjour! je trouve que c'est une vraiment bonne idée de faire un blog sur la schisophrénie.
Pourquoi ne pas mettre en ligne des textes d'écrivains schisophrenes, connais tu aussi Christain Guez Ricord? c'est trés beau.
Tout de bon
lili

Cépaduluxe 24/03/2006 20:42

Bonjour,merci pour ce messageje ne connaissais pas cet écrivain, mais j'ai trouvé des renseignements le concernant sur le webCépaduluxe