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2 septembre 2006 6 02 /09 /septembre /2006 13:19

si on compare les sources d’information sur la schizophrénie on se rend compte que le discours est relativement commun concernant la description de la maladie
à part quelques différences sur les types de schizophrénies, on voit que la connaissance acquise a été assimilée et adoptée à l’unanimité par les personnes intéressées
tout le monde s’accorde à dire que la schizophrénie est une maladie caractérisée par des symptômes répertoriés s’inscrivant dans la durée et qu’elle se soigne par des médicaments combinées à des thérapies

par contre, peu de descriptions existent d’une personne schizophrène en son entier, c’est à dire de la tête au pied, et dans la perspective temporelle de son histoire personnelle
or il est bien évident que la schizophrénie est une maladie qui affecte une personne toute entière et non seulement sa tête
être schizophrène, ce n’est pas avoir mal à la tête, ou avoir des idées bizarres,
c’est être différent et inadapté à son environnement
or il est évident que la schizophrénie est une maladie évolutive
on peut donc avoir du mal à se rendre compte comme les symptômes créent ou modifient une personne schizophrène à la seule lecture des documents rendus publics

les informations les plus accessibles (sur internet) sont généralement issues du milieu associatif
elles s’adressent souvent à des personnes malades ou leurs familles et adoptent souvent un ton un peu “gentillet” pour ne pas faire peur
on sait bien d’une manière générale que les mensonges sont nombreux dans la communication faite sur les questions de schizophrénie
ces mensonges sont justifiées par la volonté de ne pas faire peur aux malades, aux familles, de ne pas décourager les directeurs d’hopitaux et les pouvoirs publics (qui pourraient finir par penser que les schizos sont vraiment des gens très difficiles à gouverner), de ne pas diluer le discours dans l’évocation de détails trop nombreux...
c’est encore difficile de trouver le “bon ton”
un ton qui ne décourage personne mais qui n’occulte pas les difficultés quotidiennes, nombreuses, très nombreuses, menant parfois au délabrement

le milieu médical communique peu
à l’exception d’une présentation faite par une équipe de Sainte Anne (Paris) dont on peut dire qu’elle est simple, efficace, mais un peu superficielle
et d’un cours mis en ligne réalisé par le Docteur Mantelet dont on peut dire qu’il s’adresse essentiellement à des professionnels (étudiants en deuxième cycle d'études médicales)

ainsi, il est facile de se faire une idée générale de ce qu’est la schizophrénie et difficile d’avoir des renseignements précis
quelques initiatives individuelles (blogs) essayent de combler cette lacune

en général, on remarque que les descriptions de la schizophrénie sont faites uniquement sur le plan médical et non pas sur le plan social (la gestion du handicap) alors même qu’aujourd’hui, de plus en plus, la maladie peut être stabilisée et que la vie de la personne schizophrène est une vie de personne handicapée
imagine-t-on des informations faites sur les personnes aveugles, qui traitent en long et en large des causes de la cécité et qui oublient d’évoquer les problèmes de déplacement et de communication des aveugles ?
en effet, ces descriptions respectent le découpage administratif français qui sépare les questions médicales et les questions sociales

globalement, on peut dire que l’information circule mais qu’elle reste superficielle
d’où l’importance pour chacun (patient ou famille) de se rapprocher d’une association ou d’entreprendre avec son thérapeute un travail de connaissance de la maladie

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Published by Cépaduluxe - dans schizophrénie
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commentaires

Cépaduluxe 05/09/2006 22:48

oui, Sam, tu as raisonles problèmes que nous connaissons en France existent dans d'autres paysles pays occidentaux fonctionnent souvent selon les mêmes schémaspour le meilleur et pour le pireles médecins nous voient souvent comme les incarnations d'une description théorique, celle du patient idéal, ou du patient moyenils ne nous connaissent pasils connaissent mal leurs patients d'autant qu'ils ne font pas de visite à domicileen France, en tout cas, les psychiatre n'en font paset c'est ainsi qu'ils se privent d'un moyen de connaissance important de leur patientcar ce n'est pas facile de connaître quelqu'unmais cela peut le devenir quand on voit sa tanièrej'ai répondu en "ajout de commentaire" car mon blog a un petit bug et que je ne peux pas faire de "réponse au commentaire" en ce momentcela m'étonne de venir faire un commentaire sur mon propre blog, j'ai l'impression d'être en visite c'est assez agréable, en fait

Sam Body 03/09/2006 09:06

Chère Cep,le découplage administratif social/médical est peut-être typiquement français, mais d'autres pays comme la Suisse dans laquelle je vis subissent exactement le même genre de symptômes. Par ailleurs, moi ce qui me frappe dans les descriptions officielles de la maladie, c'est que les médecins ne donnent jamais d'exemples concrets de perte de contact avec la réalité. On reste sur des généralités qu'il est facile de professer mais qui ne sont pas utilisables à titre comparatif. Dans le domaine des tests, je pense qu'il y aurait des progrès considérables à faire si on voulait bien tenir compte  du fait que les schizophrènes ne sont pas par définition des interdits de pensée.Je trouve que la grande majorité des médecins ne sont pas suffisamment curieux et manquent ainsi d'enrichir leur propre culture de la maladie.