Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 10:06
les médicaments (neuroleptiques) :
en prendre mais ne pas trop en prendre


il est acquis que les médicaments servent à quelque chose
mais à quoi ?
pendant combien de temps ?
ces deux dernières questions se posent assez vite


on considère généralement que les schizophrènes qui ont des symptômes positifs doivent prendre des médicaments très longtemps, et sans doute toute leur vie, pour empêcher des rechutes (en particulier le retour des délires)
les schizophrènes qui ont des symptômes négatifs ont plus de mal à trouver des médicaments qui leur conviennent (qui soient efficaces) mais s’ils trouvent un médicament qui leur convient (ce qui est une chance, d’une certaine façon), ils auront aussi intérêt à le prendre sur le long cours
 

l’efficacité des médicaments

elle n’est jamais totale
les médicaments étouffent certains symptômes (on dit qu’ils sont suspensifs des symptômes) mais ils ne les soignent pas le plus souvent (on dit qu’ils ne sont pas curatifs) ; c’est à dire que les symptômes reviennent quand on arrête les médicaments, à moins d’avoir trouvé d’autres moyens (thérapies) pour les faire disparaître
pour ma part,
je me souviens que les médicaments (Solian) diminuaient certains de mes symptômes négatifs, ceux liés à l’angoisse et la peur face à un monde énigmatique, par contre, ils ne diminuaient pas ceux liés à mon incompréhension de ce que ce monde attendait de moi
ils agissaient essentiellement comme des calmants et avaient paradoxalement des effets dynamisants intéressants
ils agissaient ainsi que des anxiolytiques avec l’avantage de ne pas créer d’accoutumance
ils me permettaient de me projeter dans le monde des autres à condition qu’il s’agisse de projets simples et de courts termes
ils avaient un effet simplificateur et rassurant indéniable
ils mettaient de l’huile dans les rouages
mais je restais toutefois une personne très maladroite, comprenant mal la complexité de son environnement, et très détachée par rapport au contexte


le problème de la prise des médicaments est double,
c’est un problème d’effet secondaire et un problème de symbole

pour ce qui est des effets secondaires, on dit parfois que les médicaments rendent apathiques et créent une camisole chimique
pour ma part,
je me souviens que les médicaments me faisaient dormir énormément
et qu'ils me déshinhibaient un peu trop parfois,

c’est à dire qu’ils rendaient certaines actions faciles, trop faciles, et je me retrouvais alors à faire des choses que je ne comprenais pas, et que je me souvenais pas d’avoir voulu faire, car j’avais encore beaucoup de troubles cognitifs (ils pouvaient du même coup accentuer cette impression que je ne me contrôlais pas moi même et qu’il y avait quelqu’un ou quelque chose qui me pilotait)
c’est pour ces deux raisons que j’ai arrêté avant de reprendre puis d’arrêter de nouveau car le bénéfice n'était plus intéressant par rapport aux inconvénients
mon psychiatre m’avait dit “on fait comme vous voulez, sachant qu’on peut arrêter puis reprendre si nécessaire” (ce qui était une manière de dédramatiser à la fois l’arrêt et la prise de ces médicaments)
par ailleurs, les médicaments pouvaient favoriser chez moi un accident du travail alors même que mon insertion professionnelle était mon objectif prioritaire

pour ce qui est du symbole
on a tendance à voir dans le fait de prendre des médicaments le symbole de sa maladie et de sa dépendance
il faut au contraire être très pragmatique s’agissant de la question des médicaments
il ne faut jamais dramatiser cette question, ni dans un sens ni dans l’autre
il ne faut pas en faire une question de principe
on en prend un peu, beaucoup, longtemps, toujours... cela dépend
les médicaments ne sont qu’une aide précieuse, ils ne résolvent pas tout
il ne faut pas avoir honte de prendre des médicaments
d’autant plus que prendre des médicaments est aussi une manière de s’insérer dans un monde moderne, et de participer au progrès de la société car pour en prendre, il faut vivre dans une société évoluée doté d’un bon système sanitaire, il faut être capable d’avoir une relation avec des médecins, et profiter de l’assurance médicale gratuite... c’est donc le signe d’appartenance à un monde moderne, organisé et protecteur
j’ai toujours aimé prendre des médicaments jusqu’à ce que je sois obligée d’arrêter
j’aimais acheter mes médicaments à la pharmacie car j’avais ainsi  l’impression de me soigner moi même


J’attends de nouveaux traitements qui seraient adaptés à mes troubles actuels et qui permettraient d’améliorer le sort des personnes que je connais (ou que je ne connais pas) et qui souffrent de schizophrénie

Peut-être un jour, aurons nous un traitement efficace léger qui pourra être mis en patch sous la peau d’une manière tout à fait anodine...

Partager cet article

Repost 0
Published by Cépaduluxe - dans traitement
commenter cet article

commentaires

sam body 01/10/2006 17:53

Bonjour Cép.Ben moi, je ne sais pas très bien comment je serais sans les médicaments. Je comprends ton point de vue, mais je n'ai jamais osé les arrêter. Manque de courage ?  je ne sais pas, toujours est-il qu'ils me paraissent plus utiles qu'inutiles en ce sens qu'ils semblent quand même un peu apaisants pour les symptômes positifs.Bien à toiSam

Cépaduluxe 02/10/2006 19:06

Bonjour Sam,je ne crois pas qu'il y ait plus de courage à arrêter qu'à prendre des médicamentsje crois que c'est une question d'efficacité et d'opportunitési les médicaments avaient été plus efficaces chez moi et si je n'avais pas trouvé un travail qui était devenu une priorité pour moi mais qui ne pouvait souffrir que je sois somnolente, j'aurais moi aussi continué à en prendreje crois que le travail a été mon médicament en cela qu'il m'a contenue et m'a disciplinéeSalut