Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 22:20
le schizophrène dans la société
le regard de l’autre


Le regard de l’autre est important
Le regard de l’autre manifeste une incompréhension :
les schizophrènes sont toujours considérés comme trop malades ou pas assez malades par leur entourage et la société qui les entoure
Le fait que certaines de leurs facultés soient atteintes et d’autres non, le fait qu’on n’est jamais schizophrène à 100 %... cela participe à faire de nous dans le regard des autres des personnes à moitié malade ou à moitié bien portante


Le schizophrène connait trois périodes  qui correspondent à trois manières d’être dans le regard des autres :

en phase d’installation de la maladie,
les symptomes sont souvent intermittants et parfois spectaculaires
en effet la personne schizophrène se laisse surprendre par ses symptômes qu’elle ne connait pas encore
cette phase laisse beaucoup de traces dans la mémoire des familles
les schizophrènes étant jeunes à ce moment là, cette phase est souvent assimilée à une grosse crise d’adolescence imparfaite et cette idée là peut parfois persister très longtemps dans les consciences familiales

en phase active,
les symptômes sont récurrents et des phénomènes de compensation s’installent si bien que le schizo parait parfois s’arranger avec ses symptômes et s’y être installé, comme un prisonnier de longue durée qui s’installerait dans sa cellule
il apparaît souvent comme une personne peu consciente de la réalité, de la dureté de la vie, de certains contingences matérielles… et passablement indifférent et désordonné

il est placé sous le regard d’une société (et d’une famille) qui oscille entre la volonté de soigner tous ses malades et le dégoût ou l’agacement qu’inspirent tous les handicapés mentaux
car la bonne volonté de notre société est indéniable, mais sa patience a des limites
et c’est du fait de cette bonne volonté qu’on entend peu de discours violents contre les schizophrènes
et du fait de la limite de sa patience qu’on trouve beaucoup de réactions de rejet, d’abandon et d’hostilité contre ces mêmes schizophrènes
les violences familiales et psychiatriques peuvent parfois aller très loin

le schizophrène se trouve donc face à une société et une famille extrêmement ambigues qui multiplient les paroles bienfaisantes et accumulent les gestes d’exclusion (à moins que ce soit l’inverse)

en phase de stabilisation,
le schizophrène est obligé de vivre dans le mensonge et de développer des stratégies personnelles très strictes afin de passer inaperçu
il a appris à vivre dans une certaine solitude et doit accepter d’être ce qu’il est, c’est à dire une personne déficiente mal adaptée à une société exigente et concurrentielle
il doit veiller à une hygiène de vie et une discipline de fer mais accepter de laisser certains symptômes ou certains traits de caractères défaillants persister car la guérison totale est rare
il peut développer parfois une certaine fierté vis à vis de son état et revendiquer un peu curieusement son statut de schizophrène stabilisé
ainsi, il peut apparaître comme une personne bizarre et solitaire pourvu d’un caractère un peu rigide ou très déterminé

Partager cet article

Repost 0
Published by Cépaduluxe - dans vivre avec
commenter cet article

commentaires