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16 décembre 2006 6 16 /12 /décembre /2006 21:23

On espère guérir
c’est un espoir tenace, entretenu par des périodes de calme et de facilité, des périodes de réussites, quand les événements minuscules de la vie quotidienne se passent l’un après l’autre, sans créer de perturbation sensorielle ou émotive, sans créer le moindre désordre… des périodes de réussite et d’optimisme

mais on se rend compte que les symptômes ne font pas que diminuer, ils se déplacent
on croit progresser vers une guérison alors qu’on progresse vers une nouvelle entité
on remet en place des fonctions perdues et ce sont de nouvelles perceptions, de nouvelles émotions qui viennent poser problème
ce sont de nouveaux besoins, de nouvelles logiques qu’il faut apprivoiser
comme si chaque progrès remaniait tout le reste
ce sont de nouveaux échecs, de nouvelles inaptitudes étranges, de nouvelles défaillances qui surgissent

on passe d’un personnage à un autre, de moins en moins inapte, de moins en moins maladroit mais toujours marginal, toujours original,
on vieillit, on apprend, et on est toujours différent

on s’oblige à des efforts, on obtient des récompenses, on rencontre d’autres problèmes qu’on n’imaginait même pas, dont on ne soupçonnait pas l’existence
des problèmes qu’on n’avait jamais rencontrés, du fait qu’on n’avait jamais été en situation de les rencontrer

on va de mieux en mieux, on devient plus sûr, plus fort, plus déterminé, et on reste incapable de comprendre certains enjeux, de participer à certaines activités
comme si l’on souffrait non pas d’une maladie mais d’un ensemble de dysfonctionnements liés les uns aux autres, dont certains sont curables et d’autres pas

parfois on se demande si les symptômes diminuent ou si on les supporte mieux
parfois on se demande si les efforts sont utiles
parfois on se demande si tout cela aura une fin
parfois on se dit qu’on est en train de développer de problèmes de personnalité, qu’on est en train de passer d’une maladie psychotique à un trouble de l’identité
parfois on a l’impression que la maladie ne disparait pas mais qu’elle vieillit elle aussi, qu’elle murit, qu’elle devient plus raisonnable, moins spectaculaire, mais qu’elle n’en reste pas moins maitresse du jeu, tapie dans l’ombre, au plus profond de soi, tel un ogre assoupi

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Published by Cépaduluxe - dans vivre avec
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