Il doit être capable de s’intégrer à une structure polyvalente il doit être capable de faire confiance aux autres il doit connaître les différentes méthodes et thérapeutiques efficaces il doit connaître les dispositifs sociaux il doit avoir des notions de sociologie, d’ethnopsychiatrie, de morale, de religion et de philosophie
Il ne doit pas oublier que la maladie de son patient est encore plus complexe qu’il ne le pense car la complexité de la schizophrénie n’a pas de limite et que la vie des patients schizophrènes est souvent semée d’embuches et de chaos peu avouables et secrets il doit se souvenir que son patient ne lui dit pas tout
Il doit être capable de changer d’avis quant à son patient car le patient évolue
Il doit se soucier des conditions de vie et d’hygiène et des conditions matérielles de la vie de son patient ainsi que de sa santé somatique car son patient ne vit pas d’amour et d’eau fraiche, car les problèmes accessoires d’hygiène et de maladie peuvent aggraver les problèmes psychiques ou s’y associer d’une manière inextricable
Il doit être calme, aimable et cultivé car les patients sont exigeants il doit avoir une vision éthique et politique de son rôle qui est un rôle à la fois médical et moral dans la mesure où les patients schizophrènes sont à la fois des malades et des victimes d’une certaine société violente
Il doit apprendre à connaître son patient petit à petit jusqu’à chercher une certaine familiarité qui ne peut s’instituer que sur une grande durée
Il doit être capable d’optimisme sans pour autant nier la gravité de la maladie de son patient il doit être capable de penser à long terme et d’envisager son patient dans le cours d’une histoire personnelle allant de l’enfance à l’âge adulte car rien ne s’explique sans cette perspective historique