L’hôpital de jour est souvent perçu comme un lieu prévu pour briser la solitude et l’inaction on n’ose pas dire que l’hôpital de jour est un lieu thérapeutique on préfère souvent le présenter comme un lieu de loisirs par pudeur ou par gêne parce qu’il est compliqué d’expliquer en quoi les activités qu’on y propose sont thérapeutiques parce qu’il est difficile de dire ce que c’est que le “thérapeutique”
Pourtant il est bien évident qu’on ne va pas à l’hôpital de jour si on n’est pas malade
on y va pour retrouver le plaisir de partager des petites choses entre personnes sensibles aux petites choses on y va pour faire des choses nouvelles, et ainsi se renouveler soi même on n’y va ni pour le travail ni pour l’amusement mais pour quelque chose d’intermédiaire, quelque chose comme la construction d’une nouvelle manière d’être on y va pour recommencer à zéro, pour retrouver certaines bases, pour réapprendre certains instincts essentiels, pour retrouver certaines sensibilités basiques absolument nécessaires à la construction de tous les sentiments et de toutes les émotions complexes on y va pour faire des choses simples mais importantes, dans un environnement solidaire, dépourvu de jugement, de notations, de concurrence et d’objectifs comptables.