Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 19:45

Les médiateurs en santé mentale arrivent dans les services hospitaliers et les CMP.

L'hebdomadaire MARIANNE leur consacre un article dans son édition du 21-01-12.

Ces médiateurs sont d'anciens patients stabilisés, employés et rémunérés au salaire d'un infirmier débutant, et bénéficiant d'une formation universitaire de quelques semaines (http://www.fp.univ-paris8.fr/Mediateur-de-sante-Pair-DU).

Leur rôle selon les autorités sera de faciliter l'accès aux droits, à la prévention et aux soins des usagers de services de santé mentale. Leur mission est de soutenir, d'informer et d'accompagner les patients.

On le voit bien, la mission de ces médiateurs n'est pas de remplacer les soignants. Pourtant les organisations représentatives des soignants, infirmiers et médecins, s'insurgent déjà. 

Leurs arguments :

 - on ne s'improvise pas soignant

- on impose à ces médiateurs des responsabilités qu'ils ne pourront pas forcément assumer sur le plan psychologique, car ils restent, bien que stabilisés, foncièrement fragiles

- ils dévalorisent la filière par leur formation très courte 

Il semblerait que les professionnels craignent l'intrusion de ces anciens patients peu formés, sûrement pleins de bonne volonté et de maladresse… leur arrivée créera certainement une forme de désordre dans les services, car le désordre commence par la fragilisation des hiérarchies...

On constate à quel point le discours de nombre de médecins s'articule autour d'une vision réductrice du mot "soin". Le soin serait un ensemble de thérapies animées par des professionnels (en plus des médicaments). Le rôle de la parole gratuite (hors champ thérapeutique), du contact et des activités quotidiennes, sont sous estimées.

On sait pourtant que beaucoup de patients ont besoin que les services de santé ressemblent au maximum au monde extérieur, afin d'éviter qu'ils ne se reconstruisent en tant que "patient", au lieu de de se reconstruire en tant qu'homme ou femme.

On peut penser que ces médiateurs, patients stabilisés, auront précisément quelque chose à apporter en matière d'humanisation du système de soin (non seulement pour le rendre plus agréable au patient, mais pour le rendre plus proche de la vraie vie). D'autant plus si on ne leur fixe pas d'objectif précis et qu'on les laisse inventer leur rôle en fonction de leurs capacités.

Le risque serait que leur arrivée justifie des fermetures de postes chez les personnels soignants de la filière régulière.

 

La psychiatrie a sûrement besoin de diversifier ses intervenants. La théorie psychiatrique est fragile et ne peut exister sans l'apport de l'expérience. Les anciens patients ont souvent acquis un savoir, différent mais aussi précieux qu'un savoir d'origine universitaire.

Les services qui vont accueillir les premiers (les pionniers) sont volontaires, cela devrait donc bien se passer. Et ensuite... ? 

 


Partager cet article

Repost 0
Published by Cepaduluxe
commenter cet article

commentaires