L’art et la publicité ont donné du schizophrène une image abusive :
soit d’un grand fou dangereux, régulièrement convié dans la rubrique des faits divers pour répondre d’un meurtre ou d’une attitude scandaleuse
soit d’un artiste fou aux cheveux hirsutes, doté d’un regard magique et d’une conscience illumitée
soit d’un éternel adolescent aux paroles hermétiques et aux comportements imprévisibles, dont l’évolution se serait arrêtée définitivement…
à chaque fois, c’est la même histoire, un personnage plus qu’une personne, un héros en quelque sorte…
un héros qui fait peur et qui fascine…
les schizophrènes sont ainsi dépersonnalisés et transformés en figures typiques ou atypiques, en personnages enigmatiques plus ou moins sympathiques
Dans le même temps, il existe un usage abusif du mot schizophrénie dans les médias
ce mot est couramment et abusivement utilisé afin de parler de situations ou d’attitudes paradoxales : un homme politique est taxé de schizophrène parce qu’il a dit une chose et son contraire
il serait plus facile de dire qu’il est contradictoire, ambivalent, qu’il use d’un double langage, ou qu’il manque de cohérence
Ainsi, l’aspect médical de la schizophrénie est complètement nié
on se trouve face à un mensonge énorme où la schizophrénie est perçue comme une attitude, presque comme une posture et une manière de vivre, et non comme une maladie invalidante nécessitant des traitements et des lieux de soins
Au final, la confusion est telle, qu’on aurait presque envie qu’un nouveau mot soit inventé afin de définir notre mal
“l’étrange maladie” pourrait être son nouveau nom
soit d’un grand fou dangereux, régulièrement convié dans la rubrique des faits divers pour répondre d’un meurtre ou d’une attitude scandaleuse
soit d’un artiste fou aux cheveux hirsutes, doté d’un regard magique et d’une conscience illumitée
soit d’un éternel adolescent aux paroles hermétiques et aux comportements imprévisibles, dont l’évolution se serait arrêtée définitivement…
à chaque fois, c’est la même histoire, un personnage plus qu’une personne, un héros en quelque sorte…
un héros qui fait peur et qui fascine…
les schizophrènes sont ainsi dépersonnalisés et transformés en figures typiques ou atypiques, en personnages enigmatiques plus ou moins sympathiques
Dans le même temps, il existe un usage abusif du mot schizophrénie dans les médias
ce mot est couramment et abusivement utilisé afin de parler de situations ou d’attitudes paradoxales : un homme politique est taxé de schizophrène parce qu’il a dit une chose et son contraire
il serait plus facile de dire qu’il est contradictoire, ambivalent, qu’il use d’un double langage, ou qu’il manque de cohérence
Ainsi, l’aspect médical de la schizophrénie est complètement nié
on se trouve face à un mensonge énorme où la schizophrénie est perçue comme une attitude, presque comme une posture et une manière de vivre, et non comme une maladie invalidante nécessitant des traitements et des lieux de soins
Au final, la confusion est telle, qu’on aurait presque envie qu’un nouveau mot soit inventé afin de définir notre mal
“l’étrange maladie” pourrait être son nouveau nom
par Cépaduluxe
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schizophrénie
SANTE MENTALE : le mensuel des équipes soignantes en psychiatrie
des articles prévus pour les professionnels mais lisibles par des patients
parfois un peu ardus mais toujours intéressants, dans une langue dénuée de jargon

par Cépaduluxe
publié dans :
schizophrénie
la schizophrénie existe t elle ?
régulièrement, on nous annonce la mort de la schizophrénie
on nous explique que la schizophrénie n’existe pas et n’a jamais existé
qu’elle est le fruit de l’imagination maladive de certains médecins associés pour le pire à des laboratoires pharmaceutiques
qu’elle a été inventée dans le seul but de justifier des soins abusifs perpetrés par des personnes incultes et autoritaires (les médecins), sur des personnalités originales (les schizophrènes) qui gènent la société par leur attitude contestataire...
Cette théorie un peu vieillotte continue d’attirer certaines personnes abruptes, en quête de philosophies anarchisantes, des personnes maladroites que je soupçonne de frivolité
car la schizophrénie est plus grave qu’elles ne le croient et touche des fonctions beaucoup plus nombreuses que les seules fonctions de communication et d’identité
car la schizophrénie peut toucher des personnes très conventionnelles qui avaient, avant la maladie, une grande volonté de s’intégrer dans la société, une société qu’ils aimaient, et dans laquelle ils pensaient pouvoir vivre, en espérant, comme tout le monde, y découvrir des personnes et des connaissances, et y faire de multiples expériences
qu’est ce que la schizophrénie ? une maladie, plusieurs maladies, un groupe de symptômes ?
personne aujourd’hui n’est capable de donner une définition synthétique de la schizophrénie ni d’en expliquer le mécanisme
ainsi la schizophrénie se définit par l’existence chez une personne d’un ensemble de symptômes clairement répertoriés en l’absence d’une autre maladie psychiatrique, d’une maladie neurologique, endocrinienne, ou d’un état toxique
c’est donc une maladie qui se définit non par l’explication (le mécanisme physiologique altérant les fonctions cognitives) mais par l’observation des patients
c’est donc un syndrome relativement large dans lequel se retrouvent des personnes parfois très différentes
mais il n’y a pas à douter que ces personnes souffrent ou sont gravement handicapées
car la gravité des symptômes est toujours nécessaire à un diagnostic de schizophrénie
et si la schizophrénie n’existait pas, il est certain que les schizophrènes, eux existent
et qu’ils ont besoin d’être nommés pour exister dans le souci et la conscience politique de la communauté
de la communauté médicale d’abord
de la communauté citoyenne ensuite
on peut imaginer que dans l’avenir les classifications évolueront
et le terme même de schizophrénie sera peut-être remplacé par un autre ou par plusieurs autres
car ce terme est sans doute lié à notre époque et à notre méconnaissance globale de la physiologie du cerveau qui interdit la définition des maladies selon leur mécanisme
en attendant, il faut savoir donner aux personnes malades un minimum de nom afin qu’elles puissent être identifiées et qu’elles puissent s’identifier elles mêmes
car nommer les choses est la première action du discours et qu’en absence de nom, toute discussion est condamnée à la confusion
jusqu’au jour où la schizophrénie n’existera vraiment plus, parce que diagnostiquée aux premiers jours, au stade du bourgeon, soignée et guérie, elle n’aura plus l’occasion de fleurir et de délivrer ses senteurs vénéneuses
et les schizophrènes survivront dans les mémoires comme des êtres d’un autre âge, associés historiquement à une époque impuissante, une époque injuste, cruelle, où les technologies profitèrent à certains tandis que les archaïsmes et les mauvaises politiques en humiliaient d’autres, chaque jour
par Cépaduluxe
publié dans :
schizophrénie
si on compare les sources d’information sur la schizophrénie on se rend compte que le discours est relativement commun concernant la description de la maladie
à part quelques différences sur les types de schizophrénies, on voit que la connaissance acquise a été assimilée et adoptée à l’unanimité par les personnes intéressées
tout le monde s’accorde à dire que la schizophrénie est une maladie caractérisée par des symptômes répertoriés s’inscrivant dans la durée et qu’elle se soigne par des médicaments combinées à des thérapies
par contre, peu de descriptions existent d’une personne schizophrène en son entier, c’est à dire de la tête au pied, et dans la perspective temporelle de son histoire personnelle
or il est bien évident que la schizophrénie est une maladie qui affecte une personne toute entière et non seulement sa tête
être schizophrène, ce n’est pas avoir mal à la tête, ou avoir des idées bizarres,
c’est être différent et inadapté à son environnement
or il est évident que la schizophrénie est une maladie évolutive
on peut donc avoir du mal à se rendre compte comme les symptômes créent ou modifient une personne schizophrène à la seule lecture des documents rendus publics
les informations les plus accessibles (sur internet) sont généralement issues du milieu associatif
elles s’adressent souvent à des personnes malades ou leurs familles et adoptent souvent un ton un peu “gentillet” pour ne pas faire peur
on sait bien d’une manière générale que les mensonges sont nombreux dans la communication faite sur les questions de schizophrénie
ces mensonges sont justifiées par la volonté de ne pas faire peur aux malades, aux familles, de ne pas décourager les directeurs d’hopitaux et les pouvoirs publics (qui pourraient finir par penser que les schizos sont vraiment des gens très difficiles à gouverner), de ne pas diluer le discours dans l’évocation de détails trop nombreux...
c’est encore difficile de trouver le “bon ton”
un ton qui ne décourage personne mais qui n’occulte pas les difficultés quotidiennes, nombreuses, très nombreuses, menant parfois au délabrement
le milieu médical communique peu
à l’exception d’une présentation faite par une équipe de Sainte Anne (Paris) dont on peut dire qu’elle est simple, efficace, mais un peu superficielle
et d’un cours mis en ligne réalisé par le Docteur Mantelet dont on peut dire qu’il s’adresse essentiellement à des professionnels (étudiants en deuxième cycle d'études médicales)
ainsi, il est facile de se faire une idée générale de ce qu’est la schizophrénie et difficile d’avoir des renseignements précis
quelques initiatives individuelles (blogs) essayent de combler cette lacune
en général, on remarque que les descriptions de la schizophrénie sont faites uniquement sur le plan médical et non pas sur le plan social (la gestion du handicap) alors même qu’aujourd’hui, de plus en plus, la maladie peut être stabilisée et que la vie de la personne schizophrène est une vie de personne handicapée
imagine-t-on des informations faites sur les personnes aveugles, qui traitent en long et en large des causes de la cécité et qui oublient d’évoquer les problèmes de déplacement et de communication des aveugles ?
en effet, ces descriptions respectent le découpage administratif français qui sépare les questions médicales et les questions sociales
globalement, on peut dire que l’information circule mais qu’elle reste superficielle
d’où l’importance pour chacun (patient ou famille) de se rapprocher d’une association ou d’entreprendre avec son thérapeute un travail de connaissance de la maladie
par Cépaduluxe
publié dans :
schizophrénie
je me suis souvent demandée si j’y étais pour quelque chose
pendant longtemps j’ai pensé que oui
que j’avais eu de mauvaises pensées
et de mauvais penchants
que j’avais été tentée
que je m’étais laissé aspirer par des idées enfantines et tentations primitives
je me suis souvent demandé quelle était la part de soi qui était complice de la maladie
je me suis souvent demandé quel était mon intérêt dans cette situation
et dans quelle mesure je n’avais pas inventé moi même cette maladie pour tenter d’échapper à un monde que je ne pouvais aimer
aujourd’hui je pense que j’ai développé des symptômes psychotiques qui m’ont séparé du monde et que j’ai ensuite cherché autour de moi des idées, des pensées qui pouvaient m’aider à justifier cette séparation
je pense que mes pensées sauvages sont venues à la fois comme des explications et des consolations par rapport à ce que j’étais en train de devenir, une personne insensible à la dynamique du monde, à son harmonie et sa solidité
je pense que mes pensées ont parfois nourri et agravé ma schizophrénie, et je fais attention à ce qu’elles ne reviennent pas
je me méfie des discours emphatiques et contestataires, et je fais confiance aux personnes d’expérience
par Cépaduluxe
publié dans :
schizophrénie

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Cépaduluxe







