Le blg Cépaduluxe

ce blog rassemble quelques informations sur la schizophrénie (ou les schizophrénies, comme diraient certains...)
il s'agit d'un blog personnel
 
Vendredi 6 juillet 2007

Certains médecins psychanalystes refusent d’assumer un rôle de médecin prescripteur
ainsi, ils s’imposent comme de purs thérapeutes alors même qu’ils sont médecins de formation
ainsi, ils obligent les patients à voir un deuxième médecin, le prescripteur, et à faire face à deux personnes différentes source de deux discours différents
ils imposent l’éclatement de la relation entre le patient et l’institution psychiatrique

ils peuvent adopter des attitudes extrêmement dures quant à leurs méthodes
ils ne cherchent pas à s’adapter à leurs patients
ils semblent persuadés que l’indulgence et la compromission sont les sources de l’échec de la relation thérapeutique en matière de psychanalyse

pourquoi ?

j’ai connu l’un de ces médecins qui m’a appris beaucoup de choses mais qui m’a également obligé à fournir des efforts énormes sans jamais chercher à me faciliter la vie
je me suis demandé d’où venait cette culture de l’effort et du courage 
cette intransigeance pouvant mener à la cruauté
d’où venait cette idée que la thérapie analytique était une chose quasi sacrée qui ne souffrait pas qu’on la mélange à autre chose
d’où venait cette idée que le patient devait être toujours poussé et tiré vers la vérité et la maitrise de lui même, alors que peut-être certains symptômes et certaines naïvetés avaient fonction de le protéger…

par Cépaduluxe publié dans : traitement
Jeudi 28 juin 2007

Je me souviens d’une clinique privée où je recevais un traitement purement médicamenteux et où je dormais la plupart du temps
je me souviens de l’absence totale de prise en charge psychologique
je me souviens que le médecin ne connaissait même pas ma véritable situation matérielle et sociale et qu’il s’en souciait fort peu

je sais que ce genre d’établissement est considéré comme de mauvaise qualité du fait de l’absence de thérapie qui y est mise en oeuvre
je sais que ce genre d’établissement fait penser à un certain degré zéro de la psychiatrie
et pourtant…
j’avais effectivement besoin de dormir…

Les lieux étaient confortables et j’étais sensible à ce confort un peu cossu, un peu riche, un peu bourgeois
les infirmières étaient un peu sophistiquées comme peuvent l’être des femmes qui travaillent dans des endroits chics et j’aimais qu’elles me traitent comme une personne importante…

Je pense que ce genre d’endroit est utile mais devrait être présenté pour ce qu’il est : une maison de repos
et pourquoi pas les installer au bord de la mer et en faire des sanatoriums ?
par Cépaduluxe publié dans : traitement
Lundi 11 juin 2007

J’ai longtemps fait partie des bons patients
les patients sérieux et obéissants, les patients studieux et attentifs, les patients consciencieux et disciplinés…
les bons patients reçoivent toutes sortes de louanges
les infirmières et les médecins nous admirent pour notre courage, notre obéissance, ils ne cessent de vanter notre maturité, ils ne cessent de nous pousser vers une perfection dont ils ne seraient sans doute pas capable eux mêmes
j’ai parfois pensé qu’ils voulaient faire de nous des saints ou des héros
j’ai parfois pensé que leur attitude était dans le meilleur des cas ridicule, et dans le pire des cas cruelle
j’ai parfois pensé que leur manière de vanter nos courages nous imposait des efforts toujours plus importants, et nous poussait dans une logique un peu dangereuse d’abnégation, où la souffrance est la règle

Plus tard, j’ai fait partie des patients un peu moins bons, un peu moins doux, un peu moins complaisants
les patients méfiants, les patients inquiets, les patients qui ont des idées sur ce qu’il faut faire ou ce qu’il ne faut pas, sur ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, les patients craintifs, les patients réticents…
les patients qui se protègent
les patients qui se sont construits une carapace, une tour d’ivoire, un terrier, et qui s’y sont inventé une personnalité exigeante à l’abri du regard des autres
les patients qui se sont sont construit un savoir, un savoir faire, une certaine idée d’eux même et de la maladie, une certaine idée de leurs besoins et de leurs possibilités, une idée forte, une idée et un entêtement, une force et une dureté…
j’ai senti alors une certaine distance apparaître chez les médecins, comme si tout à coup ils n’osaient plus prendre de décision me concernant, comme s’ils prenaient acte de mon désir d’indépendance
comme s’ils prenaient acte de mon autonomie et ma souveraineté…

Je n’ai jamais fait partie des mauvais patients
ceux qu’on qualifie ainsi…
ceux qui se révoltent à tort ou à raison contre le système
ceux qui refusent qu’on les aide
ceux qui crient, hurlent, insultent, accusent
ceux qui sont agités et qui font peur…
j’imagine qu’ils en subissent les conséquences
j’imagine qu’ils payent le prix de leur désobéissance
j’imagine qu’ils subissent des violences en miroir de celles qu’ils imposent aux autres
je sais que pour certains d’entre eux, le conflit devient si dur avec l’institution psychiatrique que tout soin devient impossible
je pense à eux, parfois,
je m’inquiète pour eux,
quel est leur avenir, quel est leur perspective, quelle est leur chance ?
je m’inquiète en songeant à la solitude qui s’installe autour d’eux et qui les condamne à jamais.

par Cépaduluxe publié dans : traitement
Jeudi 24 mai 2007

L’hôpital de jour est souvent perçu comme un lieu prévu pour briser la solitude et l’inaction
on n’ose pas dire que l’hôpital de jour est un lieu thérapeutique
on préfère souvent le présenter comme un lieu de loisirs
par pudeur ou par gêne
parce qu’il est compliqué d’expliquer en quoi les activités qu’on y propose sont thérapeutiques
parce qu’il est difficile de dire ce que c’est que le “thérapeutique”

Pourtant il est bien évident qu’on ne va pas à l’hôpital de jour si on n’est pas  malade

on y va pour retrouver le plaisir de partager des petites choses entre personnes sensibles aux petites choses
on y va pour faire des choses nouvelles, et ainsi se renouveler soi même
on n’y va ni pour le travail ni pour l’amusement mais pour quelque chose d’intermédiaire, quelque chose comme la construction d’une nouvelle manière d’être
on y va pour recommencer à zéro, pour retrouver certaines bases, pour réapprendre certains instincts essentiels, pour retrouver certaines sensibilités basiques absolument nécessaires à  la construction de tous les sentiments et de toutes les émotions complexes
on y va pour faire des choses simples mais importantes, dans un environnement solidaire, dépourvu de jugement, de notations, de concurrence et d’objectifs comptables.
par Cépaduluxe publié dans : traitement
Vendredi 16 mars 2007

Il s’agit de rompre avec le modèle classique d’une institution qui reçoit des patients mais qui n’est pas toujours prête à les recevoir.

Il s'agit de modifier les rapports soignants / soignés par une reflexion permanente sur les échanges et les relations qui naissent et s’expriment au sein de l’institution.

Il s’agit de « ...profiter au maximum des structures existantes afin d'essayer d'exploiter tout ce qui peut servir à ‹ soigner › les malades qui y vivent » selon les termes de Jean Oury, l’un des pionniers, fondateur de la clinique de La Borde.

Il s’agit de permettre au patient de devenir acteur de son soin et de développer ses relations sociales.


Les activités thérapeutiques sont variées : thérapies verbales et non verbales, ergothérapie, activité culturelle, sport, soin du corps… et vie en commun des pensionnaires.


Quelques lieux de psychothérapies institutionnelles :

- Clinique de Cour Cheverny - Château de la Borde
  120 rte de Tour-en-Sologne 41700 Cour-Cheverny
  www.cliniquedelaborde.com

- Clinique de Chailles
  La Chesnaie  41120 Chailles
  www.chesnaie.com

- Centre Psychothérapique de Saint-Martin de Vignogoul
  34570 Pignan
  www.centrepsychotherapique.com

- Clinique médicale du centre
  Château de Saumery  41350 Huisseau sur Cosson
  www.cliniquesaumery.com
par Cépaduluxe publié dans : traitement
 
 
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