Parfois, j’ai eu l’impression que les psychiatres étaient plus intéressés par la prévention de la rechute ou de l’aggravation que par le soin de l’état existant
comme s’ils se soumettaient avec fatalisme au verdict du présent mais qu’ils se croyaient maîtres de l’avenir
souvent, j’ai eu l’impression que la prévention de l’aggravation future était un moyen pour les médecins de ne pas se soucier d’un présent trop complexe,
d’éluder les problèmes triviaux, quotidiens, les défaillances journalières et les insuffisances régulières de leur patient
de projeter leur patient dans le futur, et de l’éloigner ainsi, de le repousser, lui et ses problèmes peu glorieux d’handicapé mental plus ou moins lucide…
il est possible que cette projection dans le futur soit de la part des psychiatres une manière de fuir une réalité, qui, insidieusement, les accable, lorsqu’ils font face au présent de la maladie mentale, qui colle à leur patient comme une sangsue que rien ne décroche.
par Cepaduluxe
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psychiatrie
Le premier rôle du psychiatre est certainement de ramener à la réalité
comme on chasserait le brouillard pour faire revenir au premier plan les contours du réel
le réel présent et passé
en quelque sorte, le psychiatre est le représentant de la réalité et du pragmatisme
il en est le porte parole et le porte drapeau
il en vante les mérites
il la soumet à sa critique et son intelligence… il la décripte et la dédramatise, il la discute et la réanime
il se trouve alors obligé de briser les angoisses et les rêves ainsi que l’imaginaire de son patient
jusqu’à prendre le risque d’être normatif et de pousser ce patient à devenir un petit homme moyen qu’aucun rêve ne traverse jamais
jusqu’à prendre le risque de défendre des principes et des usages trop communs et inadaptés aux besoins affectifs et spirituels de son patient…
jusqu’à prendre le risque de briser des rêves rassurants.
par Cepaduluxe
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Afin de remédier à deux problèmes,
le souci de combler le fossé d’incompréhension qui existe entre les psy et les patients,
la nécessité d’aider les patients à trouver des emplois,
il serait souhaitable de réserver des postes d’aide soignants ou d’agent de services hospitaliers à des patients stabilisés
dans les hopitaux ou les CMP.
Il suffirait de les embaucher sous forme d’un contrat aidé et prioritaire.
Je suis persuadée qu’ils feraient bien leur travail et qu’ils sauraient apporter à l’équipe leur connaissance et leur regard particulier sur la maladie mentale.
Ils permettraient de briser ce face à face un peu ridicule entre deux mondes étrangers l’un à l’autre, deux mondes qui font tout pour ne pas se mélanger, le monde des psy et le monde des patients.
par Cepaduluxe
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psychiatrie
J’ai souvent eu l’impression qu’en psychiatrie, mieux on se portait, et plus on devait consulter de psychiatre
je me souviens qu’à l’époque où j’allais vraiment mal, je me contentais de voir un psychiatre tous les deux ou trois mois pendant un quart d’heure à chaque fois et c’était largement suffisant
d’autant que je restais face à lui très silencieuse
aujourd’hui, j’en suis à une visite toutes les quatres semaines d’une demi heure et cela s’avère insuffisant
je crois que la psychiatrie ne devient efficace qu’à partir du moment où le patient a un minimum d’aptitude
soit parce qu’il va mieux
soit parce qu’il souffre depuis le début d’un trouble peu profond
cela explique certainement pourquoi les psychiatres n’aiment pas toujours s’occuper des schizophrènes, car ils savent qu’avec les schizophrènes, ils vont devoir patienter longtemps avant de pouvoir espérer être utile et efficace.
par Cepaduluxe
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psychiatrie
Le psychiatre et le patient peuvent ils s’entendre,
se comprendre ?
…comme chien et chat, ils jouent ensemble.
Parfois je m’amuse de voir mon médecin si indifférent face à ce qui me paraît important et tout d’un coup si inquiet face à un détail que je n’avais pas moi même remarqué
est ce un jeu ?
est ce un malentendu ?
nous ne nous ressemblons pas
nous sommes chacun d’un côté du miroir
nous sommes liés l’un à l’autre par une drôle d’amitié
comme si nous avions été élevés ensemble mais nourris de manière différente
comme si nous appartenions à une même fratrie, mais que nous étions de deux caractères complètement opposés
comme si nous ne pouvions pas nous comprendre.
Je pense parfois qu’il ne me comprend pas ni même ne me connait
je pense parfois qu’il ne connait que la face cachée de l’iceberg
qu’il n’a accès qu’aux symptômes de surface
qu’à l’aspect le plus évident, le plus visible, le plus actif de la maladie mais que le fond, peut être le plus important, lui reste inaccessible
parfois je pense qu’il ne soigne que la surface et que c’est à moi de trouver la solution pour soigner le fond
parfois je pense qu’il ne sait rien de moi et que je suis devant lui parfaitement énigmatique.
par Cépaduluxe
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psychiatrie

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Cépaduluxe







