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30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 17:38

Les rues paraissent trop longues, les perspectives de fuite semblent pouvoir m’entrainer dans leur chute, le sol ne paraît pas plat, il y a un vertige permanent, des obliques qui remplacent les droites, une incertitude spatiale… je crois que je vais tomber
mais je ne tombe jamais

Les personnes qui marchent sur les trottoirs semblent devoir me cogner, je ne les vois pas arriver, elles semblent nombreuses et agitées, elles ne me semblent pas hostile, je sais qu’elles passeront à côté, je les laisser faire, j’essayer de leur faire confiance, je les regarde à peine

Les couleurs et les lumières sont trop fortes, les couleurs m’attirent et me cachent les formes des objets, comme si le paysage était formé de taches de couleurs, les lumières ne cessent de changer, tout est trop rapide, comme si les choses et les gens allaient plus vite que ma capacité à les suivre
les lumières me fascinent comme les flammes dans la cheminée
parfois, je ferme les yeux

Je préfère d’ailleurs vivre la nuit quand les lumières et les couleurs tombent, quand il y a moins de bruit et de mouvement
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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 17:32

je peux remonter loin en arrière et toujours je me souviens d’avoir été le jouet et l’esclave de la volonté des autres
un esclave consentant, il faut le préciser

je me suis très tôt habituée à l’idée que je pouvais être une sorte de martyr, une sorte d’objet symbolique, autour duquel un nombre déconcertant de sentiments et de passions se nouaient
des sentiments et des passions auxquelles je ne participais pas

j’étais un de ces enfants chétifs et précoces qu’on remarque
j’étais sociable et appréciée
j’étais également timide

je ne sais pas ce qui chez moi attire les autres
ils me repèrent assez vite et finissent tout aussi rapidement par m’accabler de corvées et de servitudes
ils trouvent normal que je les serve et que je sois aimable
ils trouvent naturel que j’accepte de les écouter
ils sont heureux de ma passivité et de ma soumission

j’ai parfois pensé que c’était un rôle social et qu’à défaut d’autre chose, cela pouvait me convenir
mais je pense de plus en plus que ce rôle installe une situation d’injustice dont je suis la victime permanente
toutefois, je ne sais comment me sortir de ce jeu qui se répète à chaque rencontre, du fait que pendant longtemps je n’arrivais pas du tout à m’imposer et qu’aujourd’hui, après avoir évolué depuis quelques années et renforcé ma personnalité, je n’arrive à m’imposer que face à des personnes que je connais depuis un certain temps, mais souvent, la nature du lien inégal qui nous lie est déjà installé
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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 17:28

ma vie professionnelle est mon seul succès franc
tout le reste est un échec

ma vie professionnelle
me maintient dans l’illusion d’une normalité
me permet de vivre 7 h par jour la vie des biens portants
me permet d’imiter les participants du jeu social
me permet de croire à mon existence et mon utilité
me donne l’occasion d’exercer ma volonté
me permet d’acquérir certaines connaissances et me donne accès à certains outils techniques

mais elle ne provoque chez moi ni ambition, ni désir, ni sentiment, ni émotion

ma vie professionnelle s’exerce dans l’obéissance et l’imitation d’un groupe de personnes qui m’acceptent et dont je me sens rarement solidaire

je n’ai jamais cessé de croire que cette vie professionnelle n’était qu’un jeu, et que ma vraie vie s’exprimait dans la solitude de mes comportements habituels, à la maison
mais peut-être est ce l’inverse ?
je ne sais pas

le fait d’avoir une vie professionnelle ordinaire mais d’avoir encore beaucoup d’inaptitudes en ce qui concerne les loisirs ou la vie affective favorise l’impression d’être deux personnes à la fois : une personne en bonne santé et une personne malade logées dans le même corps
deux personnes à la fois, comme une personne qui en aurait avalé une autre, une personne qui en protégerait une autre dans le plus grand secret
deux personnes liées pour le meilleur et pour le pire

mais parfois, je me dis que mener une double vie est peut-être une manière normale et raisonnable de se réguler
avoir une vie professionnelle afin d’assumer les devoirs et les obligations de sa personnalité sociale, et avoir une vie personnelle rythmée par le jeu d’une pathologie psy afin de donner à son imaginaire intime des chances de s’exprimer

parfois je me dis, que c’est ma chance de parvenir à équilibrer ce déséquilibre, de parvenir à vivre normalement malgré l’anormalité de certains de mes comportements, de ne pas avoir besoin d’être guérie totalement pour pouvoir vivre toutes sortes d’expériences, de réussir à gérer cette dualité, cette double vie, cette vie de malade qui n’en est plus un, de personne bien portante qui n’est pas bien portante
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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 17:24

La parole n’est pas chose aisée
il faut prononcer correctement, ne pas se laisser envahir par sa propre voix, se laisser déborder par ses propres mots, il faut aller au bout de sa pensée, ne pas s’interrompre, ne pas non plus se laisser entrainer dans une logorrhée d’expression automatique ainsi qu’un discours qui prendrait son autonomie et s’émanciperait de son locuteur
il faut réussir à se placer par rapport à autrui, réussir à placer son propre discours par rapport à celui de l’autre, il faut pour cela être dans le même rythme que l’autre, réussir à comprendre son intention, ne pas se laisser trop entraîner par ce qu’il a dit, rester à sa place, ne pas se soumettre, ne pas répéter ce qui vient d’être dit, ne pas être trop sérieux, ne pas dire de chose étrange, ne pas être ironique, ne pas choisir un mot plutôt qu’un autre
il faut avoir envie de dire quelque chose, de le partager, de le proposer aux autres, il faut y croire soit même et avoir envie de le placer sous le regard des autres, il ne faut pas trop y tenir non plus pour ne pas avoir peur des contradicteurs

la parole est une expérience ardue, qu’on ne parvient à maitriser qu’à condition d’être maitre de son propre discours et de sa propre personnalité

au début, je ne parlais pas
pour des raisons cumulées
pour des raisons mécaniques car j’avalais mal ma salive, je respirais mal quand je parlais, j’avais l’impression d’avoir des cailloux dans la bouche, je m’entendais parler en écho
pour des raisons de compréhension des mécanismes de la discussion, car je comprenais l’organisation d’une discussion comme un jeu de question réponse et je ne comprenais pas qu’il puisse y avoir une autre forme à une conversation
par peur de dire des bêtises, car j’avais l’impression que je disais n’importe quoi
pour des raisons d’habitude, car j’avais cessé progressivement de parler depuis longtemps
et pour des raisons psychiques car je ne savais pas quoi dire et je n’aimais pas mettre ma parole en avant et lier des relations avec les autres, j’aurais préféré continuer de les regarder comme les acteurs d’un décor

après je parlais d’une manière mécanique dans le registre de la politesse
j’avais développé un certain discours assez rudimentaire concernant mon métier et ma personne, comme une leçon apprise
je me répétais souvent et j’avais vis à vis des autres des réflexes de soumissions et de répétitions de leurs propos

ensuite, parce que j’ai commencé à faire attention aux autres, à leurs paroles, leurs pensées, leurs intentions et leurs sentiments, j’ai voulu qu’ils me comprennent et j’ai tenté d’être plus précise
j’avais enfin compris l’enjeu final de la parole qui n’est pas un échange d’information mais une relation humaine portée par les mots mais allant au delà des mots, jusqu’à toucher la mémoire, la culture et l’esprit de la personne
j’ai développé une parole personnelle, une parole parfois intime, une parole plus fragile et plus juste, une parole plus humaine même si je parle relativement peu encore

je continue de parler peu
certains se moquent de moi à ce sujet
j’y vois parfois une sorte de position utile socialement : il faut bien que certains parlent peu pour laisser la parole au bavards
il faut bien que certaines se taisent et écoutent
j’y vois parfois presque une posture sacrificielle : je n’ai pas encore donné mon sang mais j’ai donné ma parole à la collectivité, je me suis mise à l’écoute

au final, je n’ai presque pas parlé pendant 20 ans, de l’âge de 10 ans à l’âge de 30 ans,
le retour à la parole m’a ouvert un monde nouveau, immense, plein de pensées nouvelles, celles des autres, plein d’émotions nouvelles, celles des autres… je crois que tant que je ne parlais pas, je n’écoutais pas non plus, je ne faisais que croiser mes contemporains sans jamais ni les entendre ni les comprendre


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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 17:19

Quand le handicap disparaît, reste l’angoisse et l’incertitude
quand les aptitudes se restaurent, quand on redevient un adulte autonome, quand on se réintègre, quand on se compare de nouveau aux autres, qu’on redevient une personne en concurrence dans un monde concurrentiel… on se découvre solitaire et timide, presque poltron

je ne sais pas si c’est le fait d’avoir mené une vie protégée et simplifiée ou si c’est le fait d’un tempérament immature, mais j’ai souvent l’impression désagréable d’avoir peur de tout et de moi même

je crois que je ressens très fortement mon manque d’expérience ; c’est à la fois le manque de connaissance des savoirs faire et le manque de mémoire
je crois aussi que je manque de solidité, que ma personnalité a retrouvé sa cohérence et une certaine fluidité mais qu’elle reste légère et timide, comme si je ne pesais pas lourd (d’ailleurs, je ne pèse pas lourd)
je crois que je reste marquée par une réticence énorme face à certains phénomènes, et notamment certaines relations…

je dois vivre avec cette peur, avec ces peurs qui surgissent parfois très soudainement, je dois vivre avec cette timidité et l’accepter comme un trait de ma personnalité
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13 janvier 2007 6 13 /01 /janvier /2007 17:13

les trois premières années, j’exerçais un travail d’executant
le stress n’était pas absent mais 
- le souci du travail bien fait, l’exactitude dans la réalisation de tâches répétitives constituaient autant de contraintes que je parvenais à appliquer
- il fallait également tenir sa place, comprendre les usages professionnels, s’adapter aux manières d’agir et de parler de l’équipe, répondre aux sollicitations amicales, supporter les colères (en tant que témoins), entendre les plaintes de certains, assister et participer à cette vie collective riche en rebondissements qu’est la vie au travail ; je supportais bien ces dernières contraintes qui me fatiguaient mais ne me destabilisaient pas, car j’étais essentiellement spectateur
par ailleurs j’étais jeune au sein d’une équipe jeune, j’étais portée par le groupe
 
puis, j’ai accepté des responsabilités et les choses se sont gâtées très rapidement
- il s’est avéré que j’étais perfectionniste et que je faisais les choses avec trop d’attention par rapport à ce qui était demandé
- je n’arrivais pas à déléguer car je n’osais jamais rien demander
- j’acceptais les ordres et les explications de mes chefs sans discuter, sans commenter, et ils n’hésitaient pas à me raconter n’importe quoi
- je ressentais une grande incertitude, car je recevais très peu d’ordres par rapport à ce que j’avais connue jusque là, et les ordres que je recevais étaient peu précis, c’étaient plutôt des directives générales
finalement, les responsabilités me posaient un problème du fait de ma faible communication et de mon problème d’image
je me voyais encore tel qu’un soldat mécanique destiné à appliquer des méthodes et des principes au pied de la lettre, or, on attendait de moi un comportement souple et critique, de manière à ce que je sache mener mon petit groupe au sein d’une structure administrative pleine de faiblesses et de contradictions
il m’a fallu du temps et quelques incidents pour comprendre que je devais parler avec les autres pour entendre leur avis et prendre des décisions en connaissance de cause
et pour comprendre que je devais sortir d’une logique absolue d’application de théories afin d’entrer dans l’expérience et l’histoire d’un petit service scientifique dont les travaux et les résultats devaient satisfaire une clientèle bien précise et c’est tout

puis, j’ai noué quelques relations avec mes collègues, j’ai accepté par exemple des déjeuners au restaurant, et j’ai eu le sentiment qu’ils me faisaient confiance
j’acceptais de plus en plus de leur parler et j’en étais de plus en plus capable
alors, un nouveau stress est arrivé,
le souci de devoir parler de soi, la honte de leur mentir, la difficulté de les entendre parler au hasard de la conversation des personnes psychotiques, des déséquilibrés mentaux, des handicapés… leur dureté, leur brutalité de personnes bien portantes
le souci de montrer le visage d’une personne sereine, attentive, en bonne santé… le souci de ne rien révéler du caractère aberrant de ma personne, de ne rien laisser paraître, jamais
 
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11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 16:58

Faut il accepter l’étiquette ou la rejeter ?
accepter l’étiquette
au risque d’être enfermé dans la figure un peu grotesque, un peu pathétique, d’un handicapé mental
au risque de donner corps à une maladie qui peut-être n’existerait pas
au risque de devenir le représentant malgré soi d’une maladie peu connue et ambigue
au risque d’agresser ceux qui supportent mal ce mot
ou la rejeter
au risque de se mentir à soi même et de vivre dans le déni et la honte de sa maladie
au risque de vivre éternellement dans l’incertitude et de ne jamais être capable de parler de soi (faute de mot)

je ne sais pas
j’hésite

c’est difficile de trouver la juste mesure, le juste mot, l’attitude adéquate
il faut satisfaire l’opinion publique qui est rétive à entendre ce mot
il faut satisfaire les médecins qui aimeraient bien qu’on s’intéresse un peu à tout cela et qu’on soit capable d’en parler sans s’affoler
il faut satisfaire sa propre conscience, sa propre pudeur, qui nous pousse à rejeter un mot un peu trop grand, comme un costume trop grand pour soi

j’accepte désormais de me dire schizophrène dans le cadre médical, face à des médecins ou d’autres patients
c’est une étiquette et un diagnostic qui créent un postulat théorique, préalable obligatoire à la mise en place d’une thérapie multi cartes (médicaments, psychothérapie…)
ce diagnostic a du sens quand il me permet de définir un certain type de soins et d’hygiène de vie favorable à mon autonomie et mon épanouissement
ce diagnostic a du sens quand il permet de dire ce que je ne suis pas : je ne suis pas une personne dépressive, je ne souffre pas d’un problème éducatif, ni d’un traumatisme cranien
il faut ce terme de départ pour amorcer la discussion quant au soin

mais il faut dire que la schizophrénie se comprend très mal et que c’est parfois gênant de porter ainsi une étiquette dont le contenu est aussi riche de sens et de questions

le mieux pour moi est d’accepter l’étiquette au passé pour justifier ma jeunesse déstructurée et les séquelles que je subis, tant sur le plan du caractère que du comportement
je peux considérer que j’étais schizophrène mais que je ne le suis plus, dans la mesure où je suis sortie de cette période étrange où les symptômes formaient bloc, et créaient une autre sensibilité, une autre perception, hors du temps, hors de la mémoire, hors de la relation aux autres, une perception restreinte, extrêmement sommaire

je peux considérer que je suis un ex patient schizophrène, comme on peut être un ex otage, un ex prisonnier, un ex réfugié politique…
c’est à dire une personne qui a vécu une série d’humiliations et qui a réussi à conserver un certain orgueil
une personne qui a traversé une épreuve étrange et qui subit encore le poids de séquelles intimes mais qui a réintégré le jeu social

je peux considérer que je suis une personne souffrant d’une forme séquellaire de schizophrénie, une forme basse, faisant peu de bruit, et laissant désormais beaucoup de place aux exmpressions et aux sentiments (après une grande période de silence), une personne dont la mémoire reste fortement marquée par son histoire schizophrène

je pourrais aussi me considérer comme un patient psy d’une manière plus générale,
mais je ne veux pas avoir honte de ce mot là :
“schizophrénie”

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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 20:03

Les actions sont complexes, elles impliquent une succession d’actes réalisés dans un certain espace, dans un certain ordre et selon un certain tempo
chaque acte a un sens potentiel individuellement et l’ensemble des actes formant une action a un nouveau sens, celui de l’action créée

pour mener à bien une action, il faut savoir mesurer l’espace et le temps, il faut savoir donner du sens à chaque acte et savoir ensuite oublier le sens de chaque acte pour privilégier le sens de l’action globale

pendant longtemps, je m’arrêtais à la fin de chaque acte
je commençais une chose et je m’arrêtais, incapable d’enchainer avec la suite
je cherchais le sens de l’acte, alors que l’acte lui même n’en avait pas, l’acte ne prenait sens qu’à la fin de l’action
j’étais impressionnée par mes propres gestes
je m’arrêtais et je me trouvais déconcertée car je ne comprenais pas ce que je faisais et je ne me souvenais pas avoir voulu le faire
je ne me souvenais plus de mon intention
je faisais tout par petits morceaux car je devais m’arrêter à chaque fois, pour réfléchir, pour retrouver dans ma mémoire défaillante le but final de l’action et pour me rassurer

j’étais angoissée de faire des choses sans comprendre le sens qu’elles avaient d’autant plus que j’avais peur de faire des bêtises ou de connaître des accidents

j’ai rencontré un psychologue adepte de la ritualisation du quotidien
il m’a dit que je manquais de repères naturels et que je pouvais apprendre à créer mes propres repères de manière à mieux comprendre mon environnement, de manière à mieux situer mes actions

j’ai  commencé à créer
des rituels de début et de fin de l’action, en faisant une chose symbolique au début et à la fin
des rituels d’organisation dans l’espace, en donnant à mon espace une lumière ou une limite
des rituels rassurants en utilisant mes goûts, ma chanson préférée, mon image préférée, mon vêtement préféré…

j’ai commencé à donner aux actions que je faisais un sens particulier et personnel, comme si pour chaque action j’avais à chaque fois deux motivations, une motivation sociale et habituelle correspondant à une obligation pour faire face aux contraintes de la vie, et une motivation personnelle

cela m’a aidé à faire les choses sans me poser de questions
mon esprit au lieu d’être angoissé par les questions qui se posaient était rassuré par les rituels et par le sens personnel que je donnais à mes actions

le risque était
de favoriser un esprit calculateur et amateur de symboles,
de devenir une personne rigide peu capable de modifier ses propres méthodes, incapable de faire les choses en dehors d’un contexte précis
de masquer des problèmes psychiques par des trucages rendant les actions possibles malgré les inhibitions

mais j’ai beaucoup gagné en autonomie de cette façon

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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 19:58

Ce n’est pas toujours facile de percevoir correctement sa propre personne, d’avoir une idée de soi juste, parce qu’il faut être conscient de soi à la fois par rapport à des informations qu’on est les seuls à connaître (des informations qui viennent de l’intérieur, de la mémoire et de l’intime) et par rapport à des informations venant de l’extérieur (le regard de l’autre, l’allure, la réputation…)

Souvent, quand on est schizophrène, on cesse de se percevoir correctement

On n’arrive plus à se reconnaître,
on se cherche et on ne se trouve pas,
on pense à soi à la troisième personne,
on ne reconnaît pas son visage dans la glace,
on ne fait pas la différence entre sa voix et celle des autres,
on sent des choses bizarres à l’intérieur de soi, des liquides couler par exemple, ou on a peur de se déliter, de voir un bras tomber puis un autre…
on perd la conscience de la limite et de la solidité de son propre corps en même temps qu’on entre dans l’oubli et dans l’incertitude sur le plan intellectuel

On a l’impression d’être un robot mécanisé,
d’être une marionnette que des voix traversent, que les autres dirigent
on a l’impression d’être une statue de papier, d’être plus léger que le vent et presque inconsistant
on n’est plus à l’intérieur de soi même dans le sens où on ne se trouve plus à l’abri, dans le confort et la sécurité de l’intérieur de son corps,
on est partout à la fois, à l’intérieur et à l’extérieur
on subit toutes les perceptions, celles de la chaleur du soleil, du vent, les bruits, les odeurs, les mouvements, les vertiges… et on n’arrive pas à les dominer, à prendre le dessus, à se les approprier

on ne sait plus ce qu’on pense, ce qu’on veut, ce qu’on sait, on est traversé par des impressions et des intuitions et on ne sait pas si on en est l’origine ou le dépositaire, l’origine ou le point de passage

on perd en consistance et pour lutter contre cela, on met parfois en place des manières d’être et de faire passablement rigides et codifiées, qui tentent de remplacer l’ossature dissoute mais qui ne réussissent qu’à créer une stature maladroite et brutale

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1 janvier 2007 1 01 /01 /janvier /2007 10:12
2006 m'a permis de mieux organiser ma communication
d'avoir moins peur de ma propre voix et de celle des autres

2007 me permettra de poursuivre cet élan et me donnera l'occasion de nouvelles rencontres

je souhaite à chacun de réaliser ses projets, ni trop fous, ni trop raisonnables

bises

Cép

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