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19 septembre 2006 2 19 /09 /septembre /2006 10:44

le discours automatique
la logorrhée
l’expression lyrique
la folie des mots


je ne sais pas d’où viennent les mots qui parfois prennent de l’importance
et s’imposent ainsi que des monuments fiers de leur puissance
ils s’installent dans un rythme insolite
pour affirmer une émotion étrange
souvent un peu trop fière
trop dure
comme une intention dirigée vers quelque spectateur inconscient
une envie de convaincre
comme un discours déjà écrit d’avance
quelque part
et que j’aurais appris sans m’en souvenir
un discours qui remonterait de ma mémoire

je ne sais pas d’où viennent ces phrases qui semblent émerger toute faite de ma tête ou de celle de quelqu’un d’autre
et qui précèdent ma pensée
ou même la remplacent

je ne sais pas qui pense à ma place quand j’entends cette voix montante qui exprime d’une manière monocorde, mécanique, lyrique, littéraire, des choses de peu d’importance
cette voix qui cherche au hasard à comprendre les raisons ultimes, les raisons absolues
comme s’il était urgent de connaître la vérité
après tant de mensonges

je ne sais pas pourquoi les mots semblent parfois marcher tout seul et se suivre les uns les autres ainsi que des fourmis endimanchées qui traverseraient la route
ce sont des mots proches de l’éloquence et de la brutalité d’une existence, ainsi que des mots du moyen âge, pleins de fiertés et de légendes
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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 20:24

passer à l’acte, c’est comme  passer à l’action ou monter au front
on imagine une attente, une montée d’adrénaline, et un mouvement aussi soudain que grandiose, ainsi que la levée d’une armée, ainsi qu’un geste décisif, plus important que tous les autres

le passage à l’acte peut être un suicide, une acte violent contre autrui, une fuite...
le passage à l’acte est un brusque changement de rythme et de registre, passage du rêve à la réalité, du fantasme et du délire à l’action

passer à l’acte, c’est se soumettre à une volonté impérieuse, ainsi qu’une voix plus puissante que toutes les autres qui nous dicte notre conduite d’une manière impérieuse
passer à l’acte, c’est chercher à créer un événement grandiose venant briser la monotonie des jours, venant stopper une régression qui s’accélère
c’est chercher à créer un événement qui fasse symbole et que personne ne puisse ignorer
c’est devenir non plus le sujet mais le moyen d’un événement, c’est par exemple se laisser envahir par un sentiment de violence et lui prêter son corps

c’est créer une action et une cérémonie à la fois

c’est un débordement qui le plus souvent mène à une hospitalisation d’urgence
la plupart des schizophrènes ont connu des situations de passage à  l’acte plus ou moins spectaculaires aux conséquences plus ou moins importantes
en général, ils en restent un peu traumatisés

La vie des schizophrènes est parsemée de ces moments d’exceptions où tout à coup l’ordinaire est déchiré
Cela alourdit les mémoires sans aucun conteste
et alimente la peur et la honte qu’un schizophrène peut avoir de lui même
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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 20:22

c’est un sujet difficile et presque tabou
on est passé d’une extrême à l’autre :
autrefois on disait que les schizophrènes étaient dangereux et cette notion de danger figurait dans la description même des symptômes des schizophrènes ; puis, on a dit que les schizophrènes n’étaient pas plus violents que tout un chacun en refusant d’entendre les plaintes des familles au sujet de l’agressivité des patients

il faut différencier la dangerosité criminelle et l’agressivité
- s’agissant de la dangerosité criminelle, les schizophrènes ne commettent pas plus de crime que les autres mais ils en commettent des différents ; par exemple, ils tuent une personne au hasard, alors que les gens normaux tuent leur femme ou leur voisin
c’est ainsi que les crimes commis par les schizophrènes marquent plus l’imaginaire collectif car ils ne ressemblent pas aux crimes ordinaires liés à la jalousie ou à l’aggravation de haines relationnelles de longue durée
- s’agissant de l’agressivité, certaines formes de schizophrénies la favorisent
d’une part les schizophrènes peuvent être très agressifs verbalement, ils insultent leur entourage, parfois ils ne font que répéter des voix insultantes qu’ils entendent
d’autre part, les schizophrènes peuvent être en refus de tout ce qu’on leur propose
enfin, les schizophrènes peuvent parfois être violents physiquement vis à vis de leur entourage (violences familiales)
cette agressivité physique qui n’est pas très fréquente doit, toutefois, quand elle existe être reconnue par les médecins afin d’éviter un abandon définitif du schizophrène par sa famille et l’apparition de traumatismes graves au sein de cette famille chez les personnes les plus fragiles
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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 20:20


La critique actuelle de la psychiatrie s’exprime aujourd’hui en son propre sein par l’autocritique et la réflexion de médecins ou d’infirmiers qui tentent de mettre systématiquement en cause leurs pratiques afin de progresser
Elle s’exprime aussi par des revendications concernant les moyens financiers devant être alloués dans les hôpitaux ou hors des hôpitaux psychiatriques
Cette deuxième critique a tendance de plus en plus à occuper le devant de la scène et à occulter les réflexions sur les méthodes
Comme si les discussions administratives remplaçaient peu à peu les discussions médicales

La participation de patients à ces réflexions est récente et permet certainement l’avancée des connaissances
la participation de ces patients se fait notamment par le biais d’associations représentatives
dans ces associations se retrouvent le plus souvent au premier plan des personnes d’un certain âge et souffrant de troubles bipolaires ou depressifs ; les schizophrènes font rarement partie des bureaux de ces associations

La critique actuelle concerne beaucoup plus le fonctionnement de l’institution qu’autre chose
C’est le système, l’absence de structures adaptées et en particulier la carence d’appartements thérapeutiques ou de lieux d’apprentissage par le travail, l’absence de suivi du patient et la discordance entre les actions des différents intervenants auprès d’un même patient… qui font l’objet des critiques les plus importantes, aussi bien de la part des soignants eux mêmes que des patients ou de leurs familles


S’agissant de la théorie, beaucoup de questions et de thèmes restent en suspens
- les médicaments : en prendre mais ne pas trop en prendre
- schizophrénie : maladie ou handicap
- la violence des patients : de l’aggressivité intra familiale au passage à  l’acte spectaculaire
- la violence des soignants : du mépris banalisé aux abus caractérisés
- le rôle des parents et de la famille
- la thérapie : psychanalyse ou thérapie comportementale
- la psychoéducation : éduquer le malade à sa maladie au risque qu’il ne puisse plus se croire “normal”
Sur toutes ces questions, on doit le plus souvent s’en tenir à des solutions de consensus qui sont proposées faute de mieux

On sait aussi que les débats sur l’hygiène et sécurité et l’assurance qualité ont eu tendance à déstructurer certains services en remettant en cause brutalement certains usages et en interrompant certaines initiatives qui n’avaient pas encore été entièrement validées

La psychiatrie n’est pas suffisamment moderne et souffre d’archaismes tant en ce qui concerne son organisation qu’en ce qui concerne sa réflexion
cette situation crée un véritable fossé entre le monde des patients et celui des soignants d’autant plus que les personnes malades sont de plus en plus exigeantes et n’acceptent plus d’être “patients” tout au long de leur vie

Le meilleur exemple de la faillite de la psychiatrie est visible dans le désarroi des familles qui sombrent dans le déni, l’abandon de leurs enfants, où se jettent à corps perdus dans la recherche d’un nouveau médecin ou d’une nouvelle thérapeutique
ces familles ne sont pas encore bien accueillis par les médecins même si on ne les accuse plus d’avoir rendu leur enfant schizophrène
Certains patients sont eux aussi tentés de se détourner de l’institution pour s’arranger avec des médecins généralistes qui ont l’avantage d’être habitués à prendre en compte leurs patients d’une manière globale

Pendant longtemps les médecins soignaient sans s’occuper du volet social, alors même que s’agissant de la schizophrénie, le volet social est le prolongement naturel et nécessaire du soin
Mais de plus en plus les soins s’avèrent inefficaces du fait qu’ils sont annulés par les mauvaises habitudes que les patients schizophrènes développent dans leur mode de vie solitaire et inactif
L’obligation d’une psychothérapie et d’un suivi social est connue mais n’est pas encore suffisamment respectée ; beaucoup de schizophrènes ne sont encore soignés que par médicaments alors même que tout le monde s’accorde à dire que les médicaments ne soignent pas tout

D’autre part, les patients sont encore mal connus des médecins
Les représentations de ce que sont les schizophrènes sont encore parfois un peu archaique dans la littérature médicale

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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 20:18

il est difficile d’avoir une image de soi cohérente tant la maladie est peu cohérente elle même
j’ai souvent oscillé entre l’idée que je n’avais rien et l’idée que j’étais irrémédiablement perdue
j’ai aujourd’hui tendance à penser que je suis dotée d’une part saine et solide, d’autant plus solide que je l’entretiens avec soin, et d’une part malade et régressée, presque primitive, comme un noyau pourri logé à l’intérieur

j’ai l’impression d’abriter un enfant ou un monstre, une personnalité brute et rétive à toute forme d’éducation, j’ai l’impression d’avoir en mon centre une matière déconstruite mais extrêmement vivante, comme une sorte de magma bouillonnant
je me demande souvent si mon intelligence est atteinte, c’est un gros souci pour moi
en théorie, l’intelligence pure n’est pas atteinte dans la schizophrénie, mais la capacité de réaliser certaines synthèses intellectuelles, de mêler des informations de formes différentes est elle, par contre, touchée
souvent je pense que je suis devenue une personne très rigide, capable de vivre sur un seul mode de communication où les questions de morale et de politesse sont prédominantes, alors que les gens normaux sont capables de fonctionner sur des modes plus nombreux

souvent j’ai honte de moi et de ce que je suis devenue car j’ai collectionné un nombre assez faramineux d’échecs et de situations humiliantes
même si paradoxalement j’aime assez la vie que je mène
et même si je suis encore victime de certains symptômes schizophrènes dont je voudrais me débarrasser, il y a aussi une certaine inhibition relationnelle que je revendique et à laquelle je ne veux pas qu’on touche
je souhaite maintenir mon caractère relativement solitaire et sauvage en lequel je me reconnais

globalement, je pense que mon parcours se caractérise principalement par une grande solitude et un abandon total ou relatif de la part de ceux qui étaient engagés à mes côtés au début

je pense qu’on peut parfois être fier de soi et particulièrement de son parcours solitaire
il peut exister une tentation de revendiquer son statut de “schizophrène stabilisé” comme un statut honorable
je crois qu’il y a une grande quête de reconnaissance chez beaucoup de schizophrènes
même si la honte n’est jamais très loin de la fierté
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2 septembre 2006 6 02 /09 /septembre /2006 20:08

la schizophrénie existe t elle ?
régulièrement, on nous annonce la mort de la schizophrénie
on nous explique que la schizophrénie n’existe pas et n’a jamais existé
qu’elle est le fruit de l’imagination maladive de certains médecins associés pour le pire à des laboratoires pharmaceutiques
qu’elle a été inventée dans le seul but de justifier des soins abusifs perpetrés par des personnes incultes et autoritaires (les médecins), sur des personnalités originales (les schizophrènes) qui gènent la société par leur attitude contestataire...

Cette théorie un peu vieillotte continue d’attirer certaines personnes abruptes, en quête de philosophies anarchisantes, des personnes maladroites que je soupçonne de frivolité
car la schizophrénie est plus grave qu’elles ne le croient et touche des fonctions beaucoup plus nombreuses que les seules fonctions de communication et d’identité
car la schizophrénie peut toucher des personnes très conventionnelles qui avaient, avant la maladie, une grande volonté de s’intégrer dans la société, une société qu’ils aimaient, et dans laquelle ils pensaient pouvoir vivre, en espérant, comme tout le monde, y découvrir des personnes et des connaissances, et y faire de multiples expériences

qu’est ce que la schizophrénie ? une maladie, plusieurs maladies, un groupe de symptômes ?
personne aujourd’hui n’est capable de donner une définition synthétique de la schizophrénie ni d’en expliquer le mécanisme
ainsi la schizophrénie se définit par l’existence chez une personne d’un ensemble de symptômes clairement répertoriés en l’absence d’une autre maladie psychiatrique, d’une maladie neurologique, endocrinienne, ou d’un état toxique
c’est donc une maladie qui se définit non par l’explication (le mécanisme physiologique altérant les fonctions cognitives) mais par l’observation des patients
c’est donc un syndrome relativement large dans lequel se retrouvent des personnes parfois très différentes
mais il n’y a pas à douter que ces personnes souffrent ou sont gravement handicapées
car la gravité des symptômes est toujours nécessaire à un diagnostic de schizophrénie

et si la schizophrénie n’existait pas, il est certain que les schizophrènes, eux existent
et qu’ils ont besoin d’être nommés pour exister dans le souci et la conscience politique de la communauté
de la communauté médicale d’abord
de la communauté citoyenne ensuite

on peut imaginer que dans l’avenir les classifications évolueront
et le terme même de schizophrénie sera peut-être remplacé par un autre ou par plusieurs autres
car ce terme est sans doute lié à notre époque et à notre méconnaissance globale de la physiologie du cerveau qui interdit la définition des maladies selon leur mécanisme
en attendant, il faut savoir donner aux personnes malades un minimum de nom afin qu’elles puissent être identifiées et qu’elles puissent s’identifier elles mêmes
car nommer les choses est la première action du discours et qu’en absence de nom, toute discussion est condamnée à la confusion


jusqu’au jour où la schizophrénie n’existera vraiment plus, parce que diagnostiquée aux premiers jours, au stade du bourgeon, soignée et guérie, elle n’aura plus l’occasion de fleurir et de délivrer ses senteurs vénéneuses
et les schizophrènes survivront dans les mémoires comme des êtres d’un autre âge, associés historiquement à une époque impuissante, une époque injuste, cruelle, où les technologies profitèrent à certains tandis que les archaïsmes et les mauvaises politiques en humiliaient d’autres, chaque jour
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2 septembre 2006 6 02 /09 /septembre /2006 19:59

On peut vivre seul très longtemps
d’autant plus qu’on ne se voit pas vieillir
on évolue ainsi qu’une particule qui va droit devant elle sans jamais être déviée par la moindre rencontre, et dont la seule altération du caractère rectiligne de sa trajectoire est liée à la courbure que la gravité, la lassitude et la vieillesse qui finit quand même par venir, lui font subir

Etre seul n’est pas facile
Le problème principal est qu’on ne sait jamais si on a tort ou si on a raison
on n’a pas de repère
on est son propre juge, ce qui, comme chacun sait, n’est pas possible
on n’a pas de modèle
on est face aux possibilités innombrables que la vie et la société proposent sans connaître celles qui pourraient être majoritaires
on n’a pas de culture ni de famille
on n’a pas de réflexe ou de conditionnement social
on en est réduit à calculer, à rationaliser, à s’inspirer de morales anciennes ou religieuses, qu’on a parfois soi même inventées

L’avantage est qu’on n’est pas obligé de se coltiner la réalité toute entière
on peut opérer des tris
s’extraire arbitrairement de certaines atmosphères
refuser certaines sollicitations
organiser un espace confortable
on peut refuser de connaître certaines choses, de comprendre certains phénomènes
on n’est pas obligé de se préparer sans cesse et d’anticiper l’avenir
on peut vivre dans la répétition de ses propres gestes, de ses mots, de ses espoirs favoris
on peut préserver certaines paroles, certains rêves, certains discours de toute confrontation aux regards et aux jugements des autres
on peut cultiver une certaine émotion
que certains jugeront enfantine et primitive
tant pis pour eux
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2 septembre 2006 6 02 /09 /septembre /2006 13:19

si on compare les sources d’information sur la schizophrénie on se rend compte que le discours est relativement commun concernant la description de la maladie
à part quelques différences sur les types de schizophrénies, on voit que la connaissance acquise a été assimilée et adoptée à l’unanimité par les personnes intéressées
tout le monde s’accorde à dire que la schizophrénie est une maladie caractérisée par des symptômes répertoriés s’inscrivant dans la durée et qu’elle se soigne par des médicaments combinées à des thérapies

par contre, peu de descriptions existent d’une personne schizophrène en son entier, c’est à dire de la tête au pied, et dans la perspective temporelle de son histoire personnelle
or il est bien évident que la schizophrénie est une maladie qui affecte une personne toute entière et non seulement sa tête
être schizophrène, ce n’est pas avoir mal à la tête, ou avoir des idées bizarres,
c’est être différent et inadapté à son environnement
or il est évident que la schizophrénie est une maladie évolutive
on peut donc avoir du mal à se rendre compte comme les symptômes créent ou modifient une personne schizophrène à la seule lecture des documents rendus publics

les informations les plus accessibles (sur internet) sont généralement issues du milieu associatif
elles s’adressent souvent à des personnes malades ou leurs familles et adoptent souvent un ton un peu “gentillet” pour ne pas faire peur
on sait bien d’une manière générale que les mensonges sont nombreux dans la communication faite sur les questions de schizophrénie
ces mensonges sont justifiées par la volonté de ne pas faire peur aux malades, aux familles, de ne pas décourager les directeurs d’hopitaux et les pouvoirs publics (qui pourraient finir par penser que les schizos sont vraiment des gens très difficiles à gouverner), de ne pas diluer le discours dans l’évocation de détails trop nombreux...
c’est encore difficile de trouver le “bon ton”
un ton qui ne décourage personne mais qui n’occulte pas les difficultés quotidiennes, nombreuses, très nombreuses, menant parfois au délabrement

le milieu médical communique peu
à l’exception d’une présentation faite par une équipe de Sainte Anne (Paris) dont on peut dire qu’elle est simple, efficace, mais un peu superficielle
et d’un cours mis en ligne réalisé par le Docteur Mantelet dont on peut dire qu’il s’adresse essentiellement à des professionnels (étudiants en deuxième cycle d'études médicales)

ainsi, il est facile de se faire une idée générale de ce qu’est la schizophrénie et difficile d’avoir des renseignements précis
quelques initiatives individuelles (blogs) essayent de combler cette lacune

en général, on remarque que les descriptions de la schizophrénie sont faites uniquement sur le plan médical et non pas sur le plan social (la gestion du handicap) alors même qu’aujourd’hui, de plus en plus, la maladie peut être stabilisée et que la vie de la personne schizophrène est une vie de personne handicapée
imagine-t-on des informations faites sur les personnes aveugles, qui traitent en long et en large des causes de la cécité et qui oublient d’évoquer les problèmes de déplacement et de communication des aveugles ?
en effet, ces descriptions respectent le découpage administratif français qui sépare les questions médicales et les questions sociales

globalement, on peut dire que l’information circule mais qu’elle reste superficielle
d’où l’importance pour chacun (patient ou famille) de se rapprocher d’une association ou d’entreprendre avec son thérapeute un travail de connaissance de la maladie
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28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 19:24
50 ème article
on ne va pas en faire une histoire
mais tout de même
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28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 18:17

schizophrénie : maladie ou handicap
première vie, la maladie
deuxième vie, le handicap


la schizophrénie est à la fois une maladie (qui se soigne plus ou moins bien) et un handicap (qui diminue l’autonomie et augmente la solitude)

au début, on fait face à une maladie,
on se soigne, on va dans des hopitaux, on voit des médecins
on est un cas médical, comme beaucoup d’autres
on se sent protégé par toutes ces personnes et parfois aussi humilié, on est l’objet de leur soin ou de leur mépris, et souvent de leurs questions,
on est un corps en souffrance
on a des symptômes et des médicaments, un diagnostic et un pronostic théoriques souvent cachés, une évolution favorable ou défavorable qui se dessine par l’atténuation des symptômes ou leur augmentation
on est installé dans un système relativement cohérent, un service hospitalier disposant de ramifications en ville

puis, on fait face à sa propre vie, et à son handicap
on se met à composer avec ses propres faiblesses, on apprend à les connaître et à les accepter (plus ou moins)
on apprend la solitude et souvent le mensonge
on apprend à faire bonne figure pour ne pas attirer la violence et les manifestations abruptes, parfois violentes, que le handicap psychique provoque chez certains
on redéfinit ses projets, on s’invente un nouveau personnage
on essaye de trouver d’autres plaisirs et d’autres loisirs,
on se sent marginal, délié de certaines obligations sociales et familiales
on a l’impression d’être en plus (presque en trop) dans la société
on finit presque par oublier qu’au début de tout, il y a une maladie
on finirait presque par croire qu’on est sorti de prison ou qu’on est un étranger définitif

et puis on s’habitue 

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