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30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 09:53

loi 2005-102 du 11 fevrier 2005 
pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté
des personnes handicapées


(points essentiels)



 
DEFINITION DU HANDICAP

La loi définit le handicap en s’inspirant de la classification internationale du handicap de l’O.M.S. :
constitue un handicap « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou de plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».


RESSOURCES 

La  prestation de compensation

    La loi définit le droit à compensation : la personne handicapée a le droit à compensation « des conséquences de son handicap quels que soient l’origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie ».

    La loi crée donc une prestation de compensation accordée par la commission des droits et de l’autonomie
    Cette prestation vise à couvrir les besoins suivants :
- aides humaines (lorsque la personne handicapée a besoin de l’aide d’une tierce personne, l’aide est calculée en fonction du nombre d’heures de travail effectué par cette personne, le salaire de la personne est exonéré de charges)
- aides techniques,
- aménagement du logement, du véhicule,
- aides spécifiques ou exceptionnelles,
- attribution et l’entretien des aides animalières.

    Cette prestation sera applicable aux enfants handicapées dans l’avenir.

La création de la garantie de ressources constituée de l’A.A.H. et d’un complément
pour les personnes suivantes :
- dont la capacité de travail est, compte tenu de leur handicap, inférieure à un pourcentage fixé par décret,
- qui n'ont pas perçu de revenu d'activité à caractère professionnel propre depuis une durée fixée par décret,
- qui disposent d'un logement indépendant,
- qui perçoivent l'allocation aux adultes handicapés à taux plein ou en complément d'un avantage de vieillesse ou d'invalidité ou d'une rente d'accident du travail.

Une majoration pour la vie autonome est versée aux personnes suivantes :
- qui disposent d'un logement indépendant pour lequel ils reçoivent une aide personnelle au logement,
- perçoivent l'allocation aux adultes handicapés à taux plein ou en complément d'un avantage de vieillesse ou d'invalidité ou d'une rente d'accident du travail,
- ne perçoivent pas de revenu d'activité à caractère professionnel propre.

Une réforme de l’A.A.H.

    L'allocation aux adultes handicapés peut se cumuler avec les ressources personnelles de l'intéressé et, s'il y a lieu, de son conjoint, concubin ou partenaire d'un pacte civil de solidarité dans la limite d'un plafond fixé par décret, qui varie selon qu'il est marié, concubin ou partenaire d'un pacte civil de solidarité et a une ou plusieurs personnes à sa charge.

    Les rémunérations de l'intéressé tirées d'une activité professionnelle en milieu ordinaire de travail sont en partie exclues du montant des ressources servant au calcul de l'allocation selon des modalités fixées par décret.

Le contrat de soutien

    Tout travailleur handicapé accueilli dans un établissement ou service d’aide par le travail bénéficie du contrat de soutien et d'aide par le travail  et a droit à une rémunération garantie versée par l'établissement ou le service d'aide par le travail qui l'accueille .

    Son montant est déterminé par référence au SMIC et tient compte du caractère à temps plein ou à temps partiel de l'activité exercée.


LA RETRAITE ANTICIPEE

    La loi définit les conditions d’obtention de l’abaissement de l’âge de la retraite et de la majoration de la pension pour les personnes handicapées.


LA NOUVELLE ORGANISATION

La Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie

    etablissement public contrôlé par le parlement
    elle a pour fonction de :
- contribuer au financement des aides aux personnes handicapées
- assurer la répartition équitable sur le territoire national du montant total de dépenses en veillant à une prise en compte de l'ensemble des besoins pour toutes les catégories de handicaps
- assurer un rôle d'expertise technique et de proposition, mesurer et analyser les besoins, lancer des actions de recherche
- contribuer à l'information et au conseil sur les aides techniques aux personnes handicapées
- assurer un échange d'expériences et d'informations entre les maisons départementales des personnes handicapées
- assurer une coopération avec les institutions étrangères ayant la même fonction

la représentation des personnes handicapées

    Des personnes handicapées sont nommées dans les instances qui émettent des avis ou adoptent des décisions concernant la politique du handicpa.
    Et notamment dans les
– Les établissements d'enseignement adapté
– Les centres d'action médico-sociale
– Les établissements d'aide par le travail, de réadaptation
– Les foyers d'accueil

la maison des personnes handicapées

    Dans chaque département, une maison départementale des personnes handicapées exercera une mission d’accueil, d’information, d’accompagnement et de conseil des personnes handicapées et de leur famille ainsi que de sensibilisation de tous les citoyens à la problématique du handicap. 
 
    Elle organisera l’évaluation des besoins de compensation de la personne handicapée.
 
    Elle organisera le fonctionnement de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées qui regroupera les actuelles COTOREP et CDES.

La conférence nationale
Le Gouvernement organise tous les trois ans, à compter du 1er janvier 2006, une conférence nationale du handicap à laquelle il convie notamment les associations représentatives des personnes handicapées, les représentants des organismes gestionnaires des établissements ou services sociaux et médico-sociaux accueillant des personnes handicapées, les représentants des départements et des organismes de sécurité sociale, les organisations syndicales et patronales représentatives et les organismes qualifiés, afin de débattre des orientations et des moyens de la politique concernant les personnes handicapées.


L’EMPLOI ET L’INSERTION PROFESSIONNELLE

Le principe de non-discrimination et les aménagements appropriés
La loi réaffirme le principe de non-discrimination en raison du handicap dans le cadre professionnel privé et public.
Les employeurs des deux secteurs devront prendre les « mesures appropriées » pour permettre aux personnes handicapées bénéficiaires de l’obligation d’emploi d’accéder à un emploi ou de le conserver, de l’exercer ou d’y progresser.

les salariés handicapés bénéficient à leur demande d'aménagements d'horaires individualisés.

Les aidants familiaux et les proches de la personne handicapée bénéficient d'aménagements d'horaires individualisés propres à faciliter l'accompagnement de cette personne handicapée.

Les associations régulièrement constituées depuis cinq ans au moins, oeuvrant dans le domaine du handicap, peuvent exercer en justice des actions en faveur d'un candidat à un emploi, à un stage ou une période de formation.


Dans le secteur privé 
La loi maintient le principe de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés mais en étend le bénéfice aux titulaires de la carte d’invalidité et aux béné ficiaires de l’AAH (en plus des personnes ayant reconnaissance de travailleur handicapé). 

Dans le secteur public
Comme dans le secteur privé, l’Etat et les employeurs publics occupant plus de 20 agents seront  soumis à l’obligation d’emploi.


LA SCOLARISATION

Le texte affirme le devoir de l’éducation nationale d’assurer la formation scolaire, professionnelle ou supérieure des enfants, adolescents et  adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé.

Tout enfant ou adolescent présentant un handicap doit être inscrit de préférence dans l’école ou l’établissement scolaire « le plus proche de son domicile, qui constitue son établissement de référence ».

Des équipes de suivi de la scolarisation sont créées dans chaque département.


L’ACCESSIBILITE

La loi modifie l’article le code de la construction de manière à prendre en compte l’ensemble des handicaps, notamment physique, sensoriel, cognitif, mental ou psychique et non plus le seul handicap moteur.
Les établissements existants recevant du public devront répondre aux exigences d’accessibilité dans un délai maximum de 10 ans.
Dans les communes de 5 000 habitants et plus, il est créé une commission communale pour l'accessibilité aux personnes handicapées composée notamment des représentants de la commune, d'associations d'usagers et d'associations représentant les personnes handicapées.


LA RECHERCHE ET L’ACCES AUX SOINS

Il est créé un Observatoire national sur la formation, la recherche et l'innovation sur le handicap.

Les professionnels de la santé et du secteur médico-social devront recevoir, au cours de leurs études, une formation spécifique concernant l’évolution des connaissances relative aux pathologies à l’origine des handicaps et les innovations les concernant.



La mise en œuvre de cette loi dépend de l’adoption d’environ 80 décrets.
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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 13:08


FORMATION DES PSYCHIATRES

Les psychiatres sont des médecins formés dans le cadre de l’internat de psychiatrie (troisième cycle d’études médicales).
Ils étudient indifféremment toutes les pathologies et troubles psychiatriques ainsi que tous les problèmes liés à l’organisation du soin psychiatrique :

- Organisation des systèmes de soins, différentes hospitalisations, relation malade médecin, éthique, droit et responsabilité médicale
- Courants de la psychiatrie, psychologie médicale
- Handicap - Incapacité - Dépendance
- physiologie de l’appareil nerveux, neurobiologie, génétique appliquée à la psychiatrie
- Prescription et surveillance des psychotropes
- thérapies et psychothérapies
- Troubles psychiques de la grossesse et du post-partum
- troubles psychiques de la personne âgée
- troubles psychiques  de l’enfant et de l’adolescent, autisme de l’enfant
- Deuil normal et pathologique
- accompagnement psychique d’un grand malade ou malade incurable
- Troubles de la sexualité 
- Troubles du comportement alimentaire
- Troubles du sommeil
- Troubles anxieux
- Risque suicidaire  
- Addiction et toxicomanie
- Agitation et délires aigus
- Névrose
- Psychoses et délires chroniques (schizophrénie, délires chroniques non schizophréniques)
- Paranoïa
- Troubles de l'humeur
- Troubles de la personnalité
- Trouble psychosomatique


Les psychiatres doivent pouvoir dresser un diagnostic, déterminer l’urgence d’une situation, donner des médicaments, orienter vers des thérapies.
Ils ne sont pas formés pour pratiquer eux mêmes une psychothérapie dans le cadre de leur formation initiale, mais ils peuvent se former s’ils le souhaitent afin de devenir psychiatre-psychothérapeute.


PSYCHIATRIE

Les psychiatres peuvent traiter des maladies très différentes, depuis la dépression réactionnelle jusqu’à la psychose chronique ; certains se spécialisent soit dans le traitement des dépressions, névroses et troubles ponctuels soit au contraire dans la prise en charge de patients chroniques.
C’est pour cela que certains psychiatres refusent de prendre des patients schizophrènes.
D’autres acceptent de les prendre mais assez rapidement, ils ne savent pas quoi en faire du fait de leur méconnaissance de la schizophrénie.

Les psychiatres ont souvent une attitude ambivalente.
En cela ils ressemblent à leurs patients schizophrènes.
Ils sont très exigeants mais ils se contentent de peu.
Leur formation professionnelle les poussent à envisager sous l’angle du symptôme la plupart des comportements inadaptés de leurs patients, mais leur expérience et leur réalisme leur permettent d’accorder aux schizophrènes le droit de ne pas être parfait.

Ainsi les psychiatres sont partagés entre deux attitudes fort contradictoires
d’une part, ils ont tendance à vouloir soigner tous les symptômes de la personne même ceux que la personne supporte bien
d’autre part, ils trouvent normal qu’une personne schizophrène mène une vie complètement marginale à l’écart de toute structure communautaire
ils oscillent entre les deux positions et se déterminent le moins possible, laissant le psychotique, ou (assez souvent) la famille de ce dernier, fixer des objectifs

Ainsi, souvent, le psychiatre semble être en position d’attente
Il attend que son patient lui demande quelque chose
Il suggère et se met à disposition mais n’impose rien (sauf crise aigue)
Il propose un ensemble de services (thérapies, aide à l’insertion...) qui seront apportés par d’autres personnes (psychothérapeutes, infirmiers, assistants sociaux...)
Il se situe comme une sorte de référence ou d’autorité plus que comme un soignant

Ainsi la psychiatrie au sens large apparaît plus comme une structure pluri disciplinaire et une administration susceptible de proposer des services d’ordre divers (accompagnement, prescription médicamenteuse, orientation sociale, thérapies…) dispensées par des intervenants divers (médecins, soignants…) que comme une spécialité médicale maitrisée par un homme ou une femme

Le schizophrène ne fait pas face à un médecin mais à une institution, à une offre de soins, au sein de laquelle il lui faudra piocher quand il sera en mesure de s’y retrouver, pour y prendre petit à petit des réponses à ses besoins

Malheureusement, la multiplication des intervenants et des méthodes crée souvent une confusion
Le plus souvent, les contradictions qui existent entre les différents acteurs de l’institution psychiatrique (quand ce n’est pas la contradiction individuelle d’un thérapeute indécis) créent un doute important dans l’esprit des schizophrènes et de leurs familles
Les injonctions contradictoires émanant de cette institution sont difficiles à admettre, et l’absence de suivi et de continuité entre les soins sont certainement une des premières causes de l’inefficacité des structures psychiatriques
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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 14:40

environ 643000 personnes handicapées travaillent

500 000 en milieu ordinaire dont
    - 150 000 dans le secteur public
    - 350 000 dans le secteur privé

120 000  en milieu protégé dont
    - 20 000 en atelier protégé
    - 100 000 en centre d'aide par le travail

23 000 travailleurs handicapés indépendants


les organismes d'aide

L'Association Nationale de Gestion du Fonds pour l'Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées (AGEFIPH )
elle est issue de la Loi du 10 juillet 1987 sur l'emploi des personnes handicapées, elle a pour but de favoriser et développer l'emploi des personnes handicapées en milieu ordinaire.
L'AGEFIPH dispose de délégations régionales.
www.agefiph.asso.fr

un site d’information sur les dispositifs d’emploi et formation des personnes handicapées
http://www.handipole.org

l’agence nationale pour l’emploi (ANPE)
http://www.anpe.fr

un portail d’annonces pour l’emploi de personnes handicapées
www.hanploi.com
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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 14:35

la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH)


la reconnaissance travailleur handicapé est obtenue auprès de la CDAPH : Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (ex COTOREP, située à la maison du handicap de chaque département).

Etre reconnu travailleur handicapé permet d’accéder à des mesures d’aide à l’emploi ; cette reconnaissance n'est pas nécessaire à l'attribution de l'allocation aux adultes handicapés.

les avantages :

Être reconnu travailleur handicapé permet de bénéficier des mesures suivantes :
- l'orientation vers une entreprise adaptée (ex atelier protégé), un établissement et service d'aide par le travail (ex CAT) ou une formation 
- le soutien du réseau de placement spécialisé Cap Emploi (réseau piloté par l'Etat, l'ANPE et l'AGEFIPH)
- l'accès à la fonction publique par concours, aménagé ou non, ou par recrutement contractuel spécifique 
- les aides de l'AGEFIPH
- l’obligation d’emploi des personnes handicapées

En cas de licenciement, la durée du préavis légal est doublée pour les personnes handicapées bénéficiaires de l'obligation d'emploi des personnes handicapées (sauf exception).


l’obligation d’emploi en faveur des travailleurs handicapés

La loi du 10 juillet 1987 modifiée par la loi du 11 février 2005 oblige tout employeur privé et tout établissement public à caractère industriel et commercial de 20 salariés ou plus, à employer, dans une proportion de 6 % de son effectif salarié, des travailleurs handicapés. 
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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 14:34


Il existe deux modes d'accès à la Fonction publique pour les personnes handicapées


Le concours

Les personnes handicapées peuvent accéder par concours à tous les emplois de la Fonction publique. Leur admission définitive est prononcée après une vérification de leur aptitude physique et des possibilités d’adaptation de leur poste de travail.

Le candidat peut bénéficier d'aménagements des épreuves.
Ces aménagements (temps de composition majoré d'un tiers, matériels adaptés, assistance d'un secrétariat, installation dans une salle spéciale, temps de repos, ...) sont déterminés par le président du jury, après avis du médecin agréé auprès de l'administration

Il n’y a pas de limite d'âge supérieure pour le recrutement des candidats handicapés par concours.


Le contrat donnant vocation à titularisation

Les bénéficiaires de l'obligation d'emploi en faveur des personnes handicapées peuvent être recrutés comme agent contractuel de catégorie A, B ou C lorsque leur handicap a été jugé compatible avec l'emploi postulé, par un médecin agréé.

Pendant toute la période de contrat, les agents contractuels reçoivent le même salaire que les fonctionnaires.

Le contrat dure généralement un an, il est renouvelable une fois.
À l'issue, l'administration peut :
- titulariser l'agent, qui devient alors fonctionnaire 
- renouveler le contrat 
- soit licencier l'agent s'il s'avère inapte


les offres d’emploi

fonction publique d’Etat : le site du ministère de la fonction publique : www.fonction-publique.gouv.fr
fonction Publique Hospitalière : le site du ministère de la santé : www.sante.gouv.fr
fonction publique territoriale : le site des centres de gestion de la fonction publique territoriale : www.fncdg.com/fncdg/htm/accueil/index.asp
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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 22:42
Eugène Bleuler
psychiatre suisse né en 1857 et mort en 1939
il publie en 1911 un ouvrage intitulé ‘La démence précoce ou le groupe des schizophrénies’,  dans lequel il crée le terme de schizophrénie et la définit par ses symptômes : perturbation des affects et du lien relationnel, repli ou autisme, désorganisation et ambivalence. 
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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 10:56
LE HANDICAP REEL : LE CUMUL DE HANDICAP


La schizophrénie est une maladie et c’est aussi un handicap
La relation entre la maladie (sa gravité) et le handicap (son importance) est complexe
En effet, la maladie s’installe sur un corps et une personne dotée de qualités et de fragilités initiales, qui vont toutes jouer sous l’effet de la maladie, et porter le malade vers une vie de solitude et d’échecs irrémédiables ou une vie mesurée et presque réussie



S’agissant des personnes schizophrènes le risque est important de cumuler les handicaps
Ce cumul de handicap vient du fait que :

- les schizophrènes sont marginalisés par rapport aux autres personnes de leur génération, ainsi donc ils ne font pas certains apprentissages qui se font d’habitude au sein des groupes de jeunes, ils ne participent pas à certains rites de passage, ils n’ont pas l’occasion de faire certaines expériences en particulier dans le domaine relationnel

- les schizophrènes ont peu d’activité et peuvent finir par devenir très passifs voire même s’affaiblir physiquement

- les schizophrènes dépendent de leurs familles et peuvent devenir immatures ou entrer en conflit avec leurs parents, car la promiscuité entre des parents déçus et honteux de leur progéniture et un jeune psychotique oscillant entre un sentiment de supériorité et un sentiment de jalousie vis à vis de son entourage familial est une situation par nature conflictuelle

- les schizophrènes ont du mal à avoir une vie affective et cela peut leur manquer cruellement, comme toutes les personnes qui vivent dans une solitude extrême et qui n’ont ainsi jamais l’occasion de parler à un tiers, de se laisser regarder, toucher, de se confier, d’échanger des points de vue

- les schizophrènes voient leurs échecs s’accumuler, connaissent de très lourdes frustrations et souffrent d’une image de soi très dégradée, ce qui peut conduire à des fuites, des violences ou des dépressions

- les schizophrènes peuvent développer vis à vis du monde extérieur une méfiance plus ou moins importante, soit du fait que le monde extérieur leur paraît bizarre, soit du fait que ce monde leur paraît dangereux ; de ce fait, ils ne souhaitent pas forcément s’insérer et devenir comme les autres

d’autre part, et en particulier s’agissant de schizophrénies chroniques installées dans la durée, la personne schizophrène s’habitue à sa maladie, à ses symptômes et au mode de vie qui va avec
un attachement voire même une fierté par rapport à sa maladie peut participer à maintenir le schizophrène dans son handicap


Ces difficultés là  ne sont pas propres aux schizophrènes  mais sont connues de tous les handicapés
prenons deux jeunes gens victimes d’accident de la route et rendus paraplégiques… dix ans plus tard, l’un d’entre eux est profondément invalide et enfermé dans sa frustration et son impuissance, tandis que l’autre est inséré…
La particularité chez les schizophrènes vient du fait que ces problèmes viennent s’amalgamer à la maladie si bien qu’il devient difficile de faire le tri entre la maladie schizophrène et les problèmes collatéraux


Ce phénomène de cumul de handicap peut être très lourd de conséquences et peut mener à des situations inextricables

C’est sans doute ce cumul de handicap qui explique certaines différences parfois très importantes entre le handicap médical au sens strict et le handicap réel
En effet, certains schizophrènes paraissent relativement peu touchés par la maladie et montrent des aptitudes relativement importantes… pourtant ils sont handicapés au point de ne pouvoir s’insérer dans aucune structure
Au contraire, certains schizophrènes semblent avoir des difficultés relativement importantes quant à la réalisation de gestes et de fonctions de bases et pourtant ils parviennent à s’insérer dans certains domaines de la vie sociale
Cela s’explique, par le fait que la schizophrénie ne corromp pas toute la personne et que la partie non corrompue peut être soit gangrénée par d’autres problématiques, soit au contraire saine et solide

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17 juin 2006 6 17 /06 /juin /2006 22:44

On connait une surmortalité des schizophrènes par rapport à la population générale.

Elle s’explique par :

- un taux élevé de suicide

- une mauvaise perception des besoins physiologiques (sous alimentation, manque de sommeil...)

- une plus grande tolérance à la douleur, une incapacité de se plaindre, un moindre souci du corps entrainant un retard de soins

- un rejet des médecins ou des traitements entrainant un déficit de soins

- la consommation d’alcool, de drogues, de tabac

- l’obésité et l’inactivité physique

- la difficulté de communiquer avec les médecins et de faire part des symptômes d’une maladie somatique, la difficulté pour les médecins de repérer des symptômes somatiques sous les symptômes schizophréniques
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17 juin 2006 6 17 /06 /juin /2006 17:21


La prise de poids excessive est fréquente chez les personnes schizophrènes.
La maigreur peut également exister mais est beaucoup plus rare.


calcul du surpoids

On calcule l’Indice de Masse Corporelle (IMC) = poids (en kg) divisé par la taille au carré (en m)
par exemple pour une taille de 1,70 et un poids de 68 kg, l’IMC = 68 / (1,70)2 = 23,5
le surpoids correspond aux personnes dont l’IMC est compris entre 25 et 30
l’obésité correspond à un IMC supérieur ou égal à 30 et nécessite une prise en charge par un médecin


cause du surpoids

- une ration calorique anormale
  (la ration calorique normale étant d’environ 1800 kcal chez la femme et 2300 chez l’homme, elle est variable en fonction de l’activité physique, de la température extérieure et de la constitution de la personne).

- une absence de dépenses caloriques liée à l’inactivité

- des troubles du comportement alimentaire lorsque l’alimentation est déconnectée des besoins réels (grignotage, compulsion boulimique, allongement de la durée du repas ou augmentation du rythme d’absorption des aliments, refus de certains aliments…)
  ces troubles du comportement alimentaires peuvent être associés à des troubles voisins tels que la potomanie (absorption anormale de boissons)

- la prise de neuroleptiques (les prises de poids les plus importantes seraient liées à la clozapine et l’olanzapine, mais tous les neuroleptiques peuvent favoriser une prise de poids)

-  le dérèglement du mécanisme d’action de la dopamine chez les schizophrènes peut favoriser l’apparition de troubles alimentaires du fait que la dopamine est impliquée dans les phénomènes de régulation de l’appétit et de la faim

- une image de soi et de sa limite corporelle perturbée

- un besoin de récompenses très important (on mange pour se récompenser soi même) et une difficulté de supporter des frustrations telles que la faim


moyens thérapeutiques

les mêmes que pour toute personne souffrant de surpoids ou de troubles alimentaires
- suivi d’un régime diététique
- information des patients et éducation à la diététique
- bilan des habitudes alimentaires
- exercice physique
- thérapies comportementales
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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 19:57

TRAITEMENTS MODERNES ET TRAITEMENTS D’AVENIR



TRAITEMENT MEDICAMENTEUX


dopamine

Un excès de dopamine ou une perturbation de l’action de la dopamine au niveau des synapses neuronales semble impliqué dans les symptômes de la schizophrénie.
Les actuels neuroleptiques efficaces en matière de schizophrénie agissent sur ce mécanisme dopaminergétique.
Ces neuroleptiques sont de plus en plus nombreux et permettent d’ajuster de mieux en mieux le traitement au patient mais leurs effets secondaires sont encore trop importants.

De nouveaux médicaments présentant moins d’effets secondaires sont à l’étude.


autres neurotransmetteurs

D’autres neurotransmetteurs, tel que la sérotonine, la glutamate, le GABA (Acide gamma-aminobutyrique) pourraient être impliqués

Des médicaments agissant sur la production et l’action de ces neurotransmetteurs pourraient être créés.


glutathion

Le glutathion est un peptide formé de 3 acides aminés qui joue le rôle d’anti oxydant.
Le glutathion semble être abaissé dans le cerveau et dans le liquide céphalo-rachidien de patients souffrant de schizophrénie. Ce déficit en glutathion pourrait entraver le fonctionnement normal des synapses neuronales en créant un déficit de connection des neurones les uns avec les autres.

Des traitements permettant d’élever le taux de glutathion pourraient être utilisés.



THERAPIE


Le surapprentissage et l’entrainement aux habiletés sociales

On s’est rendu compte que les schizophrènes souffraient d’un déficit cognitif et d’un déficit d’apprentissage sur lesquels les médicaments agissent peu.
Des programmes de surapprentissage ont pu être mis en place ; ces programmes sont inspirés de techniques d’ergothérapie et psychothérapie diverses et sont adaptés aux besoins particuliers des schizophrènes.
Un effort particulier d’entrainement aux habiletés sociales est réalisé afin d’aider les schizophrènes à gérer de manière autonome les relations avec les autres.


La psychoéducation

On s’est rendu compte que les schizophrènes connaissaient mal leur maladie et leurs symptômes.
Des ateliers leur permettant de se renseigner et de s’instruire sur la nature de leur maladie se sont créés. Ils permettent au patient de devenir plus autonome, et d’avoir une meilleure relation avec les soignants.



TRAITEMENT SOCIAL


La prise en compte d'un handicap spécifique (le handicap psychique) et les efforts faits en matière d'amélioration des conditions de vie des handicapés (autant en matière de vie quotidienne, qu'en matière de travail ou de loisirs) permettent le retour ou le maintien d'une vie autonome même chez des patients présentant des symptômes chroniques ou résistants.

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