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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 20:36

STAGNATION


j’avais 20 ans et j’ai pris un appartement
j’avais économisé mes premiers salaires gagnés quand j’avais travaillé pendant les vacances dans les bureaux de mon père
je voulais trouver un travail simple
j’avais des problèmes de tension artérielle et je ne devais pas faire de mouvements bruques,
j’avais été placée sous le contrôle d’un cardiologue à l’hopital
j’avais souvent des vertiges

j’étais attirée par le vide,
j’avais peur de tomber du balcon de mon appartement au troisième étage,
pour ouvrir la porte fenêtre, j’y allais en fermant les yeux puis je m’éloignais à reculons, ensuite je demeurais sans bouger jusqu’à ce que je puisse refermer

mes vertiges concernaient autant la dimension horizontale
j’étais effrayée par la perspective de fuite des rues les plus  longues

souvent, je restais sans bouger et le temps passait sans que je m’en rende compte

parfois, je me mettais à me balancer d’avant en arrière,
parfois ma tête venait taper le mur et je continuais très doucement de me balancer en entendant ma tête taper mais je ne sentais rien

quand je sentais que l’environnement devenait trop hostile, j’allais me baigner le visage dans l’eau froide jusqu’à ce qu’il soit un peu froid ou je prenais un bain chaud
je faisais une grande consommation d’eau et j’avais peur que mon propriétaire le remarque

je me demandais si j’avais une chance de me réadapter un jour,
j’avais peur de devenir définitivement sauvage
j’avais peur de devenir violente
je pensais qu’il me faudrait aller vivre à la campagne, pour y exercer un métier agricole au contact de la nature et dans la solitude
je commençais à envisager le caractère définitif et incurable de mon trouble

je pensais que je manquais de volonté et de force, que je n’avais pas de résistance au stress et que j’étais immature,
je pensais que j’avais manqué une étape de mon développement et qu’il me manquait une écorce,
j’avais l’impression que tout le monde et toutes les choses pouvaient me soumettre et s’emparer de ma volonté 
je pensais que je souffrais d’un problème de développement et non d’un problème psychiatrique
il y avait une seule chose que j’aimais en moi, c’était mon calme, comme une capacité supérieure à supporter tous les évènements sans broncher, ou comme une patience infinie
je pensais qu’il ne pouvait rien m’arriver de grave

je pensais qu’il allait se passer quelque chose, quelque chose de décisif et que je devais attendre cet événement
je pensais que je subissais une épreuve ultime d’une importance exorbitante, puis je pensais que cette idée était la cause de ma propention à la grandiloquence

j’avais tendance à envisager ma vie et ma personne sous un angle mégalomaniaque mais j’étais encore capable de critiquer ce genre de sentiment
ainsi, donc, je considère qu’il ne s’agissait pas d’un délire

j’avais du mal à manger,
j’étais gênée par la couleur des aliments dans l’assiette
j’étais gênée par la texture des aliments, je ne les reconnaissais pas et parfois je ne savais pas s’ils étaient chauds ou froids
éventuellement, j’avalais les bouchées avec un verre d’eau comme des cachets
je mangeais toujours le même chose pour que ce soit plus simple le matin et le soir et à midi j’avais un menu par jour, un pour le lundi, un pour le mardi...

j’évitais les psychiatres, je les voyais peu, je pensais que tant que je n’arrivais pas à parler, cela ne servait à rien de les fréquenter
j’avais remarqué mon incapacité à parler en mon propre nom
j’avais peur des malentendus
je pensais qu’ils ne comprenais pas ce que j’avais et qu’ils se trompaient sans cesse
je répétais des discours entendus, des discours particulièrement raisonnables,
j’étais gênée par ma propre voix que j’entendais mal, j’avais l’impression d’avoir des cailloux dans la bouche
j’avais tendance à parler d’une manière un peu précieuse en employant des termes inusités
j’étais gênée par les mots qui ont plusieurs sens et parfois je ne comprenais pas ce que je disais moi même

je ne pensais pas les psychiatres étaient susceptibles de m’aider parce qu’il me paraissait évident qu’ils étaient gênés face à moi comme je l’étais face à eux
je trouvais toutes leurs paroles déplacées, toutes leurs initiatives maladroites, je trouvais qu’ils manquaient d’intelligence et de sentiment
je pense qu’ils devaient penser la même chose de moi

j’écrivais des mots et des phrases, puis je me relisais et je ne comprenais pas
tous les mots me semblaient imparfaits et étranges
je dessinais et je prenais des photos dans mon appartement
j’étais attirée par les images
je faisais du sport, de la marche et de la course à pieds dans les bois
j’écoutais la radio, particulièrement les émissions culturelles, afin de m’instruire,
j’avais peur de perdre mon intelligence
j’avais peur de sombrer dans une sorte d’imbecillité, mélange de bêtise et d’immaturité

je rendais des services à ma famille et à mes voisins
c’étaient comme des petits boulots qui me permettaient de ne pas complètement régresser socialement et de conserver une utilité
on me donnait de l’argent, mon père m’aidait financièrement

je ne supportais plus de monter en voiture, j’avais l’impression que les autres voitures nous fonçaient dessus,
je demeurais dans un espace relativement réduit d’environ 1 km carré avec le supermarché où j’allais m’approvisionner


réaction

à 23 ans, je me sentais mieux et j’ai multiplié les contacts pour tenter de trouver un emploi stable
j’ai fait des efforts qui m’épuisaient mais je parvenais à honorer mes rendez vous
j’écrivais des lettres dont je me rendais compte après qu’elles étaient inadaptées à leur situation du fait qu’elles étaient trop éloquentes
j’adoptais facilement un ton incantatoire dès que je voulais convaincre, par la répétition de certaines phrases et la pratique de la maxime

j’ai accumulé les échecs pendant un an et demi
j’ai commencé à souffrir psychologiquement de ma situation, pour la première fois
j’ai commencé à lutter contre ce qui me semblait être un manque de volonté associé à une fragilité sensorielle énorme trahissant un développement altéré
je lisais quelques livres de psychologie
je cherchais à comprendre les mécanismes qui avaient pu me priver de cette fonction mystérieuse, cette espèce de fonction vitale dont j’étais dépourvue et dont tous les autres étaient dotés
j’étais persuadée d’être entre deux maladies, entre deux symptômes, d’être inclassable et problématique car les médecins semblaient très embarrassés face à moi
mais je ne leur demandais pas encore de me dire mon diagnostic
et je ne leur parlais toujours pas
par contre je les écoutais très attentivement

j’ai regressé au point de ne plus réussir à assurer les taches quotidiennes,
j’étais figée dans une espèce de passivité et dans l’attente des lumières qui entraient par la fenêtre
je ne pouvais plus m’exprimer et je sentais une forme de violence monter en moi dès qu’on m’adressait la parole
j’avais peur de commettre une agression
j’avais peur d’aller en prison
je ne faisais plus la différence entre mon trouble médical et une situation de délinquance
je pensais que mon cas pouvait aussi bien ressortir de la médecine que de la justice
je pensais que j’avais commis des crimes contre la morale et la décence et que j’avais ainsi développé des déviances psychiatriques
je pensais que j’avais de mauvaises pensées


la rue

je suis partie vivre dans la rue avec la ferme intention de m’adapter à ce mode de vie dont je pensais qu’il pouvait me convenir du fait que mes problèmes me semblaient moins importants quand j’étais dans la nature,
j’envisageais de me faire embaucher comme saisonnier dans des entreprises agricoles ou de me suicider
je n’étais pas attirée par la mort mais j’envisageais un suicide d’honneur en cas d’échec final
c’était ma dernière chance

je suis partie au bord de la mer car je ne souhaitais pas m’associer à cette foule de SDF qu’on croise dans les villes et qui me faisaient peur
j’ai marché plusieurs centaines de kilomètres depuis Saint Nazaire
je voulais aller en Espagne
je mangeais le matin uniquement, du jus d’orange et du pain
je souffrais du manque de sommeil
la nuit, les chiens aboyaient et me faisaient peur
les phares des voitures trouaient la nuit ainsi que les moteurs
des voix se faisaient entendre comme autant d’échos sans origine aucune
dans l’herbe les insectes faisaient du bruit et mêlaient le craquement de leurs mandibules aux bruits du vent et de la pluie
quand il pleuvait je devenais vite aussi humide qu’une éponge et une odeur de vieille branche montait autour de moi
je souffrais de déshydratation du fait que les fontaines d’eau publique ne proposaient pas d’eau potable
j’avais eu dès le début de grosses brulures et coups de soleil du fait que ma peau  n’avait pas vu le jour pendant longtemps
mes pieds me faisaient souffrir et j’avais du sang dans mes chaussures tous les soirs
car je ne portais pas de chaussettes
je les baignais dans l’eau de mer pour les cicatriser mais le lendemain les plaies recommençaient de saigner
je me réveillais avant l’aube
je regardais passer les couleurs mystiques les unes après les autres, orange, rose et le violet symbolique des tragédies
puis je voyais le ciel s’installer et une nouvelle journée s’ouvrir
je marchais au milieu des oiseaux
et je traversais les paysages

je me sentais mieux
j’allais au cinéma alors que je n’étais pas sortie depuis longtemps
curieusement je n’avais peur ni des images ni des voix ni de la musique ni de l’obscurité de la salle
tout était devenu plus facile
je me sentais plus libre que je l’avais jamais été
j’avais cessé d’accumuler les échecs et les erreurs
j’étais dans un monde sans objectif ni limite et je ne pouvais donc plus me heurter à mes propres limites ou mes propres erreurs
j’avais cessé d’avoir honte et d’avoir peur
j’avais cessé de minimiser la situation, de tenter d’arranger les choses, j’avais cessé de m’épuiser en tentant de donner à ma vie un semblant de forme
et je récupérais toute cette énergie que j’avais dépensé à me battre sans aucune stratégie

j’étais partie plus loin qu’il n’est possible
dans l’inconnu
et nul ne savait où j’étais
j’étais comme morte avec l’avantage d’être encore en vie

j’avais acheté un sac de couchage et une couverture de survie
je traversais des petits villages et parfois des personnes me parlaient d’une manière amicale,
j’avais envie de me fondre dans la nature et de devenir un animal
j’avais envie de vivre et je voulais pouvoir faire des projets
j’ai pensé que j’étais malade mais que ce n’était certainement pas très grave
j’ai demandé à être réhospitalisée


dernière hospitalisation

j’appréciais l’hopital
l’homme de ménage m’appelait “chef” et cela me rassurait qu’on puisse encore m’appeler ainsi
l’aumonier venait me parler et j’aimais pouvoir parler à un inconnu qui ne paraissait pas s’effrayer de mon apparence
l’interne était gentil mais il semblait avoir un peu peur de moi
il semblait insister sur le caractère durable de mes troubles
le patron me demandait seulement comment j’allais et je répondais invariablement que j’allais bien
il était d’une grande politesse
le chef de clinique m’expliquait les décisions qui étaient prises
l’infirmier me réveillait à la fin de chaque sieste et me sortait de mes torpeurs
c’était lui le chef de la troupe féminine
ses collègues donnaient les médicaments et jouaient au scrabble avec nous
je parlais avec une autre patiente de mon âge qui était enceinte et qui était à la fois gentille, aimable et jolie
je parlais avec un patient qui était couvert de tatouage et qui ressemblait à un personnage féérique (tendance série noire)
j’appréciais beaucoup cet hôpital

on m’a dit qu’il me faudrait beaucoup de temps
on m’a accordé un statut de personne handicapée
je n’avais rien demandé, les décisions étaient prises pour moi et je signais les papiers
on me regardait d’un air triste et j’étais sans doute la seule personne à ne pas avoir peur de la situation
on m’a inscrite dans un hôpital de jour
on m’a proposé de postuler à des emplois réservés aux personnes handicapés
j’ai accepté ce qu’on me proposait alors même que je n’avais qu’une idée en tête, partir vivre au moyen orient
c’était une sorte de rêve qui était né au moment où j’étais entré dans cet hôpital, au moment où je cherchais un objectif et une perspective pour l’avenir
je pensais qu’il me fallait trouver l’endroit où je pourrais être en harmonie avec l’environnement
je pensais que mes problèmes venaient au moins partiellement de mon environnement


hopital de jour

J’aimais l’hôpital de jour parce que c’était un endroit calme,
nous étions peu nombreux,
il y avait des jeunes et des vieux, des schizos et des grands dépressifs parfois très âgés
on y faisait des choses simples et je réussissais à les faire même si parfois, souvent, je ne les avais jamais faites avant,
aucun objectif ne nous était assigné,
c’était une ergothérapeute qui animait mon atelier et elle n’avait que 25 ans, comme moi
elle était dynamique et gentille à la fois parce qu’elle savait ce qu’elle devait faire
elle était exemplaire
elle semblait heureuse et sans artifice
les psychiatres, eux, semblaient beaucoup moins sûrs d’eux
j’étais parfois gênée par le caractère un peu enfantin de certains exercices mais rassurée par la présence au sein du groupe de patients de personnes d’un certain âge
car j’avais toujours cette peur de devenir définitivement immature

je n’ai pas voulu aller dans un autre centre plus moderne dédié aux jeunes psychotiques
je ne voulais pas de cette promiscuité là
avec mes semblables

je supportais bien le Solian
j’étais attachée à ce médicament à cause de son nom qui faisait penser au soleil et parce que j’avais envie de m’attacher aux objets pour les rendre familiers


cotorep

j’ai fait l’objet d’un entretien à la cotorep
le médecin m’a fait passé un test visuel en me demandant de regarder des images composées de couleurs en vitrail dans lesquelles se dessinaient des chiffres
cela ressemblait à un test de détection du daltonisme
puis, il m'avait demandé si je voulais travailler et j'avais dit "oui"
ce fut sa seule question
à l'époque, je ne parlais pratiquement pas sauf en cas d’urgence
on m’a expliqué que je n’étais pas en état de faire l’objet de véritables tests à l’époque et que j’avais donc fait l’objet d’un test bidon

la cotorep a rejeté mes demandes s’agissant d’emplois réservés sans que je connaisse le motif de ces rejets
je ne savais toujours pas de quoi je souffrais et je n’avais pas demandé de diagnostic
 
(suite)
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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 20:34

READAPTATION

j’ai fait un stage proposé par l’ANPE aux personnes en difficultés titulaires du baccalauréat,
j’ai passé et réussi un examen de sélection
j’étais associée à des femmes présentant des difficultés de tous ordres, médicales, sociales...
on apprenait les techniques de base pour postuler ensuite à tous les emplois de bureau : la rédaction de courier, le classement, le standard, la communication professionnelle, le droit, l’économie... pendant un an
c’était pour moi l’occasion de retrouver un rythme de vie régulier et de m’intégrer à un groupe de personnes peu exigeantes
c’était une étape particulièrement utile
je ne voulais pas travailler dans ce milieu là, je préférais tenter de retrouver quelque chose dans un domaine scientifique
j’arrivais à suivre les cours, sauf les plus théoriques, tels que la comptabilité ou l’économie
mais j’étais très bonne dans les domaines les plus pratiques et je tapais très vite à la machine, plus vite que tous les autres

j’ai passé des concours dans la fonction publique en visant des postes dans le domaine de la biochimie du fait que j’avais conservé quelques restes de connaissance de ma première année de médecine
j’ai trouvé une place dans un laboratoire public
c’était un poste d’agent chargé de petites taches techniques et de l’entretien du matériel,
un poste sans responsabilité et peu prestigieux

j’avais fait un effort psychique important quant à l’image que j’avais de moi même pour accepter enfin d’entrer dans le monde ordinaire par la petite porte, la porte des sans diplomes et des exécutants
j’avais enfin admis qu’il me fallait faire un trait de plume définitif sur mon enfance, mon éducation, mon ambition professionnelle et toutes mes aspirations
j’acceptais l’idée de repartir à zéro, comme l’amnésique, comme l’exilé, comme celui qui ne sait plus rien
j’acceptais de vivre d’une manière triviale et ordinaire, de dépenser mon énergie à la commission de gestes simples et de faible importances, j’acceptais l’idée de renoncer aux rêves et aux questions de morales

nous étions quatre ou cinq du même âge et nous formions comme un clan
j’étais bien acceptée même si parfois, on se moquait de moi, de mes silences, de mes maladresses et de mes répétitions
j’imitais les autres
ma très grande capacité d’imitation, à certains égards pathologique, m’a bien aidée
ils étaient moins intelligents que moi mais beaucoup plus adroits et je pouvais apprendre beaucoup à leurs côtés

j’ai recommencé à parler en apprenant par coeur certaines phrases banales qui servent dans toutes les conversations et en m’aidant de mes mains pour me donner de l’assurance et du rythme
je m’obligais à participer aux conversations et à poser des questions quand je ne comprenais pas
j’ai réappris à entendre ma voix en chantant
je suis allée dans des restaurants pour participer à des dîners auxquels on m’a invitée
j’étais submergée par les voix et les mouvements et j’avais l’impression d’être ivre, d’être dépassée par le rythme des choses et des paroles, je ne comprenais ni les plaisanteries ni certains discours relatifs à la sexualité ou à la politique du fait que j’avais encore une vision naïve ou grossière des rapports humains, qu’il s’agisse des rapports entre les hommes et les femmes ou des rapports entre les classes sociales

j’ai fini par retrouver la capacité de me déplacer et d’agir sans effort et même avec plaisir,
cela s’est passé assez soudainement
j’avais 28 ans
j’ai compris alors que je ne manquais ni de force ni de volonté, mais que j’avais un problème de perception de mon environnement
j’ai compris que les actions et les déplacements étaient faciles à négocier quand on ressentait l’environnement comme étant harmonieux et pacifique
j’ai compris que jusqu’à présent j’avais toujours vécu avec des perceptions fausses qui m’avaient épuisée
j’ai compris que j’avais toujours vécu dans une sorte de maladresse inouie qui rendait chaque action périlleuse
j’ai commencé pour la première fois à envisager le vrai sens et la vérité de ma maladie

j’ai pris de l’assurance
petit à petit j’ai créé des habitudes et j’ai pu apprendre à dominer l’espace urbain, la fréquentation de quelques magasins, les relations humamines avec mes collègues et mes supérieurs
j’ai pu me permettre d’évoluer dans mon travail
j’ai cherché à avoir quelques loisirs, j’ai commencé à visiter des musées, à Paris, je continuais d’aimer les images et les couleurs, le cinéma me fatiguait trop
je ne pouvais toujours pas avoir de vie amicale ou affective du fait que j’avais avec les autres des relations abruptes
et que je ne sentais pour eux aucune affection, simplement parfois un peu de curiosité
deplus j’avais tendance à être victime de certains abus et à me mettre au service des gens
je me demandais toujours ce que je devais à l’autre
j’avais peur qu’on me reproche quelque chose
je voulais être altruiste
je ne parvenais pas à établir des relations spontanées

j’ai arrêté de prendre des médicaments
j’ai un peu régressé mais j’ai eu besoin de moins d’heures de sommeil
les médicaments m’endormaient et me posaient des problèmes de concentration qui pouvaient mener à un accident du travail

j’avais 30 ans
j’ai accepté quelques responsabilités professionnelles
je me sentais peu apte à les assumer
j’étais trop raisonnable et trop respectueuse des règlements
j’étais victime de l’abus de certains qui me faisaient faire leur travail à leur place et je ne savais comment acquérir de l’autorité
j’étais dépourvu du minimum de charisme nécessaire aux personnes chargées de responsabilités

j’avais tendance à tout considérer sous l’angle du devoir
je me demandais ce que je devais faire pour progresser
je me protégeais,
je me demandais sans cesse ce que j’avais le droit de faire et ce qui m’était interdit
j’étais obsédée par l’idée que je risquais certainement de retourner dans un hopital et d’y être hospitalisée à vie
j’avais pris conscience de la gravité de mes troubles depuis que je les avais vu disparaître et que j’avais réussi à me réadapter et j’avais peur de moi même

j’ai rencontré un homme affectueux dont je suis devenue amoureuse
je ne connaissais pas ce sentiment
j’ignore pourquoi mais cette relation m’a destabilisée gravement
j’étais très soumise à lui et je retrouvais avec lui des sensations que j’avais complètement oubliées comme par exemple le plaisir du contact physique et de l’intimité,
en peu de temps, je sentais se réveiller en moi une foule de sentiments et d’impressions comme si tout à coup j’étais devenu quelqu’un de beaucoup plus vivant

j’ai fait une rechute
je me suis laissée entraîner un jour de fatigue par des impressions délirantes se manifestant par un ordre supérieur, comme un ordre venu à la fois de très haut et de très loin
je pensais être en danger
j’ai quitté mon domicile et je me suis perdue
j’ai cessé de m’alimenter jusqu’à l’épuisement
en quelques jours j’avais considérablement régressé mais je me sentais bien
quand je suis retournée voir un psychiatre, j’avais perdu certains de mes acquis, et une partie de ma mémoire

il m’a fallu un an et demi pour retrouver le niveau de développement que j’avais atteint avant la rechute

j’ai accepté de faire une petite psychothérapie d’inspiration analytique
il s’agissait pour moi d’apprendre à connaître mes troubles et de connaître enfin ma maladie
d’identifier certains modèles relationnels récurrents venus de l’enfance sur lesquels j’avais trop tendance à m’appuyer et dans lesquels je m’enfermais
il s’agissait aussi de briser les blocages et les habitudes que j’avais peut être moi même créés et qui me conduisaient à l’échec
en particulier, j’avais tendance à me laisser dominer par des personnes abusives, et j’avais tendance à m’interdire toutes sortes de chose par peur d’être fatiguée ou de connaître un échec, un incident quelconque ou de commettre en public une maladresse spectaculaire
les séances duraient 3/4 dheure, une fois par semaine, pendant un mois et demi
cela m’a permis de remettre en question certaines manières que j’avais de me considérer moi même
le psychiatre me traitait comme une personne non psychotique
il était très aimable mais assez sévère
le seul fait de sa sévérité était fondamental, pour moi qui depuis si longtemps bénéficiait de la part de tous d’une sorte d’indulgence un peu méprisante
je n’aurais pas pu faire cette thérapie plus longtemps
je pense en avoir bien profité
les séances m’épuisaient

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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 20:32

REMISSION

j’ai appris à connaître ma maladie
à apprivoiser son nom
à accepter l’étiquette
je ne pense pas avoir jamais été dans le déni car j’ai toujours su que j’étais malade
mais j’étais inconsciente de la gravité du problème car j’étais inconsciente des troubles
je pense que cette inconscience est différente du déni
je pense qu’on ne devient conscient de ses symptômes que lorsqu’ils deviennent intermittants et commencent à se résorber
je ne comprends pas comment certains schizos peuvent être conscients de leurs troubles tout en étant en phase active de leur maladie

j’ai appris à utiliser les médecins et les équipes soignantes
au final j’aurais bénéficié de médicaments,
d’ergothérapie,
d’une psychothérapie de soutien qui  m’aura permis rester en relation avec le monde extérieur et de rester consciente de mon identité de malade et de personne protégée par le monde médical
d’une petite thérapie d’inspiration analytique,
d’une petite thérapie de type comportementale pour l’installation de rituels qui me permettent de structurer mon espace quotidien et mon temps quotidien,

les médecins se sont globalement bien conduits à mon égard mais sans plus
j'ai souvent eu l'impression qu'ils avaient fait le minimum syndical, le minimum en dessous duquel on aurait pu les accuser d'incompétence ou d'abandon
il faut bien admettre qu’ils sont dépassés par le problème et qu’ils ne peuvent proposer que des solutions éparses et non pas un vrai protocole structuré de prise en charge menant à la guérison palier par palier
je pense qu’il est normal et bon qu’on finisse par s’émanciper de leur tutelle et par développer un certain sens critique à leur égard

j’ai réussi à trouver des solutions pour me ménager sans pour autant avoir peur de mes échecs
j’ai organisé mon rythme de vie de manière à ménager des temps de repos et d’activités agréables tout au long de la semaine
je sais que je n’ai pas le droit d’être fatiguée
j’évite de fréquenter des personnes agressives, dépressives ou abusives,
je sais que je peux tout faire mais que j’ai besoin de plus de temps, que je dois me préparer, faire les choses calmement, puis me reposer après, surtout s’il s’agit d’activités nouvelles
j’ai appris à poser des questions aux personnes que je ne connais pas et à parler de moi même afin d’éviter que n’apparaissent des malentendus

j'ai petit à petit réussi à augmenter ma capacité d'action en acceptant certaines invitations, en imitant les autres, en trouvant des modèles chez des personnes amicales

j’organise mon temps avec des techniques de plus en plus pointues

j’ai réussi à passer un concours pour devenir technicien et ainsi prendre la responsabilité d’une petite unité d’analyses

régulièrement, je vois remonter les symptômes
je sens que je me fige tandis que tout prend de la vitesse autour de moi, les voix, les couleurs sont plus lumineuses
je me concentre, je n’ai pas peur, je sais que cela ne durera pas et que c’est un effet de mes difficultés de perception
je sais que je reste une personne maladroite dans l’expression et j’essaye de compenser par la politesse et la gentillesse sans toutefois accepter de rendre des services qui ne me sont pas rendus
je sais que j’ai tendance à ne pas m’impliquer suffisamment et à m’extraire des groupes pour m’isoler et j’essayer de développer ma curiosité et mes goûts, de faire des activités qui me plaisent avec des personnes que j’apprécie
j’ai parfois des difficultés à effectuer certains gestes fins et je perds facilement l’équilibre
quand on m’interroge, je dis que j’ai été malade durant ma jeunesse et que j’ai conservé une faiblesse de constitution qui entraîne des périodes de grande fatigue

Je connais mes limites et ma fragilité. J’ai l’impression de vivre dans un corps d’enfant.
Cela fait presque 20 ans que je suis sensé être schizophrène.

j’ai souvent l’impression d’une raideur dans mes paroles et mes gestes, j’ai souvent l’impression de parler et d’agir d’une manière mécanique
comme si je jouais un rôle ou comme si une force motrice avait pris la place de ma volonté
mais cette impression désagréable ne me gêne plus, j’y suis habituée

j’intimide mon entourage professionnel par mon attitude à la fois calme et mystérieuse et par le fait que je manque de spontanéité
mais je suis appréciée, à tel point que je suis obligée de renoncer à certaines amitiés qui me sont proposées

J’ai connu quelques rechutes plus ou moins importantes. J’ai profité de chacune pour tenter de mieux me connaître et j’ai pratiqué quelques séances de psychothérapie d’inspiration psychanalytique.
Mais j’ai toujours refusé de trop m’investir dans la compréhension de ma maladie car je ne veux pas devenir mon propre médecin.

je pense qu’aujourd’hui mes problèmes ne correspondent plus aux symptômes de la schizophrénies mais constituent un profil psychologique associant une “maladresse” relationnelle, des difficultés de perception des scènes complexes et une tendance à l’isolement
à mes yeux, il s’agit de traits constitutifs de ma personnalité
s’il existait un médicament pour me soigner de cela, je ne le prendrai pas

j'ai réussi à reconstruire ma personnalité de telle sorte que je suis aujourd'hui capable de mener à bien de nombreuses actions, même s'il y a des choses banales que je ne suis pas capable de faire
comme autant de failles qui me ramènent dangereusement et parfois très soudainement vers la schizophrénie

le diagnostic de schizophrénie m’a d’ailleurs souvent paru douteux mais je l’accepte pour ne pas m’opposer à l’institution psychiatrique,
et parce qu’on ne peut rien me proposer d’autre comme explication de ma vie chaotique
je n’ai jamais voulu vivre comme une personne malade et c’est en m’obligeant à vivre comme une personne normale que je me suis placée sur la voie de la guérison
je crois que j’ai toujours su que j’étais malade et que j’ai toujours fait comme si je ne l’étais pas

je n’ai jamais vraiment pensé que je souffrais d’une maladie grave mais plutôt que j’avais subi un long processus de dégradation de mes capacités d’adaptation entraînant l’échec de certains apprentissages puis l’épuisement de certaines de mes facultés mentales

j’ai remarqué que je n’avais jamais été déprimée au moment où les symptômes étaient importants, et que par contre, à chaque fois que j’ai commencé à récupérer, cela s’est accompagné d’épisodes dépressifs, comme si la schizophrénie était l’antithèse de la dépression

je ne sais pas si j’ai beaucoup de symptômes résiduels, je ne suis pas capable de me juger moi même
je n’ai plus de problème de conscience de moi et c’est en cela que je ne suis plus schizophrène
sauf parfois quand je me demande si je suis vraiment en vie, ou si ma vie a la même intensité que celle des autres, parce que je crois parfois que je suis une sorte de mort vivant
mais ce n’est pas un délire du fait que je reconnais ce trouble et du fait qu’il n’évolue pas, c’est une sorte de rêve récurrent 

j’accepte l’idée d’être une personne marginale, j’accepte l’idée que je ne puisse pas faire tout ce que les autres font
je ne me compare pas à eux,
je mène une double vie,
parfois, je m’efforce de me comporter de la manière la plus efficace possible pour tenir ma place dans la société et dans les groupes auxquels j’appartiens, d’autre fois, je me laisse entraîner par mon goût du silence et de l’immobilité, par mon attirance pour les couleurs et les lumières,
comme si ma schizophrénie était un hobby ou un loisir que je pratiquais après le travail

je remarque de plus en plus les gens fragiles et défaillants sur le plan psychiatrique
j’ai développé une curiosité intellectuelle vis à vis de leurs problèmes
pendant longtemps j’ai pensé que la maladie psychiatrique était une maladie massive, qu’on était dedans ou qu’on était normal et puis j’ai découvert que les normaux étaient souvent eux aussi un peu barjos

je suis allée sur des sites internet pour parfaire ma connaissance des problèmes et surtout voir le niveau de connaissance du public sur ces questions là
je suis allée m’inscrire sur un forum pour tenter de partager mon expérience


forum

Atoute est un forum sans modérateur
l'administrateur et propriétaire du site, homme bourru mais honnête, n'intervient qu'en dernier recours, c’est à dire en général, quand il est trop tard pour recoller le pot aux roses
cela pose des problèmes d’éthique et de responsabilité indéniables
la modération et l’animation du forum sont du coup à la charge des schizophrènes (et notamment de schizophrènes stabilisés) qui se sentent investis à tort ou à raison d’une mission d’aide vis à vis des autres
et eux seuls savent combien cela leur coûte
combien il leur en faut d’hésitation, de concentration, combien il leur faut lutter contre certains échos et certaines peurs 
et combien c’est difficile pour eux (pour nous) de donner des conseils dans une matière aussi sensible et particulièrement de se définir entre deux positions :
encourager les personnes à approfondir leur compréhension de leur maladie et de leur symptômes
ou les encourager à ne pas trop se voir en malade et à tenter de vivre comme tout le monde
deux positions contradictoires entre lesquelles on a tranché pour soi même
mais pour soi même seulement

il y a une forme de cruauté dans le fait de demander à des schizophrènes d’assumer seuls la lourde charge d’organiser l’information sur leur maladie et d’assurer leurs soutiens réciproques
c’est une responsabilité énorme à laquelle ils ne sont pas forcément prêts
d’autant plus que leurs efforts sont condamnés à être avalés par des visiteurs gloutons qui passent et qui s’en vont
d'autant plus que la difficulté de cette charge les pousse à des fautes et à certaines intransigeances
peut-être un jour cette cruauté sera condamnée
peut être un jour l'ordre des medecins mettra un terme à cette aberration
et le forum sera fermé

d’autant plus que le forum est fréquenté par toutes sortes de personnes
à côté des schizos stabilisés on trouve des personnes qui ne savent pas bien se situer,
des schizos récemment diagnostiqués, des demi schizos, des presque schizos, des peut-être schizos mais c'est pas sûr (certains très jeunes) sans parler de ceux qui veulent absolument être schizos et on se demande bien pourquoi
et des parents pas toujours très clean, souvent au bord de la crise de nerfs (qui multiplient parfois les messages jusqu'à 10 par jour car pour eux c'est facile d'écrire et qui se donnent ainsi par un pur effet mécanique un rôle important sur le forum)
le bouillon est souvent à la limite de déborder et les échanges un peu vifs n’ont pas tous la qualité qu’ils devraient avoir
la teneur des discours n'est pas exemplaire des problèmes que les schizophrènes chroniques connaissent
les plus bavards et les mieux doués pour l’expression qui ne sont pas les plus schizophrènes et qui souvent ne le sont même pas du tout sont souvent les gagnants

mais il y a peut-être une forme d’utopie méritoire dans ce lieu où les perdants habituels (les schizophrènes) sont libres de parler d’eux mêmes sans avoir à se cacher, à arranger la sauce, à minimiser les dégâts, à anticiper le rejet…
car il faut bien comprendre que les schizos qui souhaitent s'insérer socialement et entrer en confrontation et en concurrence avec le monde extérieur sont condamnés à vivre dans le mensonge, dans le silence et la discrétion, et dans la solitude,
ils sont condamnés à faire un nombre exorbitant de concessions, condamnés à une rigueur et une discipline épuisante et frustrante
ils doivent développer plus d’énergie et plus de méthodes que tous les autres
et cet espace que leur ouvre le forum est un des rares lieux où ils peuvent s'exprimer librement
c'est déjà pas mal

il y a aussi une forme d’utopie méritoire à offrir aux schizos un lieu sans soignant
j’allais dire libre de tout soignant
la querelle entre les schizophrènes et les soignants est une querelle fondamentale
tant qu'il n'y a pas de vrai traitement
et que les psy nous humilient régulièrement
nous pouvons accepter leurs potions et leurs thérapies, connaître l'importance de leur rôle et de leur dévouement et avoir pour eux, malgré tout, une certaine hostilité
ou au moins une certaine méfiance
le déni n'explique pas toujours la défiance de certains schizophrènes vis à vis des psy
il y a beaucoup d’autres raisons qui peuvent justifier qu’on ne souhaite pas parler avec des soignants sur le net
car il est bien certain que dans la relation qu’on a vis à vis d’eux, certaines notions de supériorité du maitre sur l’élève, du soignant sur le soigné, du sachant sur l’idiot, du vrai sur le faux, se mettent en place et nous obligent instinctivement soit à les imiter jusqu’à la caricature, soit à leur mentir


bilan

j’ai fini par acquérir une bonne connaissance de mes troubles et de la maladie schizophrène grâce à mes médecins, à ma réflexion, et grâce au forum
jusqu’à l’écoeurement
j’ai fait mon petit blog pour me décharger de tout ce fatras de connaissances accumulées
bizarrement, plus j’ai avancé dans cette recherche et plus j’ai fini par penser que tout cela ne m’intéressait pas et que mon étiquette de schizophrène n’avait pas de sens
ni aucune importance

Aujourd’hui, je vis confortablement
sur un plan matériel mon salaire et mon travail me mettent à  l’abri
j’ai une bonne hygiène de vie et quelques loisirs, simples mais réguliers, je fais du sport une fois par semaine et je vais au musée une fois par trimestre
j’ai deux amis avec qui je peux parfois aller au restaurant
je n’ai pas de vie amoureuse et il est possible que je n’en ai jamais

je voudrais qu’un jour, quelqu’un m’explique de quoi je souffre.
Je ne souhaite plus guérir, désormais, mais je voudrais avant la fin de ma vie avoir enfin une explication.

J’essaye de ne pas penser au passé. Parfois j’ai peur de ce que j’ai fait et de ce que je suis devenue.

le processus que j’ai connu ressemble d’avantage à une déviance de mon esprit dans le sens d’une extrapolation de l’imaginaire et du théorique au détriment du sensible et du sensuel qu’à l’apparition d’une maladie

j’aimerais qu’il y ait un test
je crois qu’un test résoudrait une grande partie des problèems d’image, de publicité et de traitement


j’ai maintenant 36 ans et je crois que tout va bien
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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 15:05

J’ai décidé d’ouvrir ce blog pour faire le tour de ma connaissance
j’avais accepté l’idée qu’il me fallait connaître ce mal qui me rongeait de l’intérieur
c’était une manière de faire un bilan de mes acquis théoriques

J’ai recensé toutes les informations qui me semblaient utiles afin que l’on puisse se rendre compte de ce qu’est la schizophrénie (et de ce qu’elle n’est pas)
j’ai privilégié des sources sures et institutionnelles (paroles de psychiatres)
j’y ai ajouté mon grain de sel, ou mon expérience
Car la schizophrénie est une maladie, ou un syndrome, mais c’est aussi une vie, la notre, qui prend une dimension parfois très singulière
et le risque de s’y perdre est grand

Je pensais qu’il était important pour moi de reformuler toutes les connaissances acquises car j’avais au moins appris cela des différentes thérapies que j’avais subies, c’est qu’il faut s’approprier la connaissance pour pouvoir la faire vivre en soi
et je pensais que beaucoup de patients auraient intérêt à faire cela,
d’ailleurs ils le font, par exemple en fréquentant des forums

Je sais bien qu’il existe beaucoup de malentendus autour de cette maladie
J’ai pour ma part toujours pensé que cette affection était insuffisamment connue et que l’ignorance de certains pouvaient nuire au soin et à la réussite de certains patients

Certaines personnes m’ont reproché de ressasser sur ce blog des informations communes et parfaitement accessibles au lieu de parler de moi et de mon expérience
En fait, j’ai essayé de faire les deux, et il était important pour moi de revisiter toutes les notions de base pour voir si je m’y retrouvais et comment, au travers de mon expérience, je pouvais essayer de les reformuler
En fait, je crois que je n’ai jamais cessé de parler que de moi au travers de ce blog en me cachant derrière l’identité virtuelle du schizophrène, ce personnage aux yeux noirs et aux gestes impatients, dont je voudrais comprendre la logique

A mi chemin de l’écriture de ce blog, j’étais partagée entre deux impressions :
celle d’avoir enfin trouvé des réponses à mes questions
et la certitude soudaine de ne pas être schizophrène

J’étais aussi gênée par le caractère impudique de certaines de mes interventions et mon témoignage me semblait s’apparenter à une exhibition

J’avais l’impression d’un mensonge grandissant et je me demandais parfois si tous mes discours ne formaient pas une logorrhée plaintive et peu cohérente, l’inverse même de ce que j’avais souhaité
J’ai eu peur à un moment de devenir une sorte de professionnel amateur de la schizophrénie, certain de son savoir et habile dans ses démonstrations

J’ai décidé de continuer mon blog comme on jette une bouteille à la mer en espérant qu’elle trouve un jour son (ses) destinataire(s)
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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 13:44

Des activités sont proposées aux personnes schizophrènes dans différentes structures, soit au sein de l’hopital, soit dans un centre rattaché à l’hôpital, soit dans une structure associative

Objectifs 
- créer, agir, sortir de l’immobilisme
- communiquer, se placer par rapport à autrui, retrouver une capacité relationnelle
- utiliser des outils et des matières concrètes, reprendre contact avec une réalité tangible
- accroitre son autonomie

Les moyens
- diverses activités
- la relation entre le patient et l'ergothérapeute,
- la relation au sein du groupe de patients

Les activités
- des activités manuelles et artistiques : peinture, poterie, dessin, chant, collage...
- des activités relationnelles : goûter, repas
- des activités extérieures : promenades, sorties culturelles
- des activités ménagères : cuisine, participation aux taches ménagères
- des activités éducatives : apprentissage de l’outil informatique...

Ces activités permettent d’exprimer des souvenirs, des émotions, voire des obsessions, de faire naitre des émotions tel que le plaisir, ou des sentiments tels que la fierté par rapport au travail réalisé
Elles permettent de se reapproprier la matière en la transformant et en lui donnant une forme, et de percevoir sa réalité mieux qu’en ne faisant que la regarder
Elles permettent aussi de canaliser son énergie dans une direction définie, de se fixer un objectif, de se fixer un rythme de travail, de tester sa concentration, sa manière de réagir aux incidents de parcours (la colle qui en colle pas, la peinture qui sèche trop vite…)
Elles permettent de participer à un travail collectif en travaillant à côté des autres en les laissant regarder, en les laissant s’ils le souhaitent dire quelque chose, en étant dans une pratique qui permet des échanges, et qui est donc l’inverse d’un rêve

Ces activités peuvent être conçues soit comme temporaires et précédant l’apprentissage d’un métier, soit comme continues dans le cadre de l’accompagnement de longue durée d’une personne ne pouvant travailler
Dans tous les cas, la fréquentation d’un de ces centres permet d’éviter de regresser dans l’immobilisme, la solitude et l’immaturité

Ergotherapie ou art therapie
on réserve en général le terme d’art thérapie à la pratique d’un art noble (peinture, sculpture…) et on parle d’ergothérapie pour la pratique des travaux manuels (modelage, peinture sur soi, bricolage, cuisine…)
la limite entre les deux n’est pas toujours très franche
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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 19:31
LES HOPITAUX PSYCHIATRIQUES


vous cherchez un établissement :

l’annuaire de la fédération hospitalière de France
http://etablissements.fhf.fr/annuaire/recherche_avancee.php

Assistance Publique - Hopitaux de Paris
www.aphp.fr/


QUELQUES SITES d’hôpitaux français


région parisienne

Centre Hospitalier Sainte Anne
à Paris
www.ch-sainte-anne.fr

Etablissement Public de Santé EPS Erasme
à Anthony - Hauts de Seine
http://webpro14.cpod.fr/Pro/erasme/

Etablissement Public de Santé EPS CHARCOT
à Plaisir - Yvelines
www.eps-charcot.fr/

Centre Hospitalier Interdépartemental de Clermont
à Clermont - Oise
www.chi-clermont.fr/presentation.html

Etablissement public de santé de Ville Evrard
à Neuilly sur Marne - Seine Saint Denis
www.eps-ville-evrard.fr/

Centre théophile Roussel
à Monesson - Yvelines
www.th-roussel.fr/

EPS Esquirol
à Saint Maurice - 94
www.hopital-esquirol.fr


ouest

Centre Hospitalier Guillaume Régnier
à Rennes - Ille et Vilaine
www.ch-guillaumeregnier.fr/
  
Centre Hospitalier Charcot - établissement public de santé mentale
à Caudan - Morbihan    
www.ch-charcot56.fr/

Centre hospitalier Saint Jean de Dieu
à Dinan - Côtes d’Armor
www.hopital-sjd-lehon.asso.fr/index1024.htm

Centre hospitalier de Navarre
à Evreux - Eure
www.chs-navarre.fr/

Centre hospitalier Henri Ey
à Bonneval - Eure et Loir
www.ch-henriey.fr/

Hopitaux de Lannemezan - pôle psychiatrie
à Lannemezan - Hautes Pyrenées
www.ch-lannemezan.fr/pages/hopital/psy.htm

Centre hospitalier Leon-Jean Gregory
à Thuir - Pyrénées Orientales
www.ch-thuir.fr/


nord et est

EPSM des Flandres - Etablissement Public de Santé Mentale des Flandres
à Bailleul - Nord
www.epsm-des-flandres.fr/

EPSM Lille - Métropole - Etablissement Publique de Santé Mentale
à Armentières - Nord
www.epsm-lille-metropole.fr/

EPSM de l’agglomération lilloise
à Saint André - Nord
http://epsm.complice.fr/

EPSMD de l'Aisne - Etablissement Public de Santé Mentale Départemental de l'Aisne
à Prémontré - Aisne
www.epsmd-aisne.fr/

Centre Hospitalier de Rouffach
à Rouffach - Haut Rhin
www.ch-rouffach.fr/

Centre Hospitalier Spécialisé du Jura
à Dole - Jura
http://www.ch-psy-dole.fr/sections.php

Centre hospitalier de Erstein
à Erstein - Bas Rhin
www.ch-erstein.fr/

centre

Centre Hospitalier Départemental Georges Daumezon
à Orléans - Loiret
www.ch-georgesdaumezon45.fr/default.asp


rhone alpes cote d’azur

Centre Hospitalier Edouard Toulouse
à Marseille - Bouches du Rhone

Centre hospitalier Henri Guérin
à Pierrefeu-du-Var
www.ch-pierrefeu.fr/

Centre Hospitalier Le Vinatier
à Bron - Rhône

Centre Hospitalier Montperrin
à Aix en Provence- Bouches du Rhone
www.ch-montperrin.fr/

Centre Hospitalier Valvert
à Marseille - Bouches du Rhone
www.ch-valvert-marseille.fr

EPSM de la Vallée de l'Arve - Etablissement Public de Santé Mentale
à La Roche sur Foron - Haute Savoie
www.ch-epsm74.fr/

CHU de Grenoble - département de psychiatrie
à Grenoble - Isère
http://www.chu-grenoble.fr/public/public_departement.aspx?DEPARTEMENT=98

Centre hospitalier de Saint Egreve
à Saint Egreve - Isère
www.ch-saint-egreve.fr/

Centre hospitalier spécialisé de la Savoie
à Chambéry - Savoie
www.chs-savoie.fr


DOM TOM

Etablissement public de sante mentale de la Réunion
à Saint Paul - La Réunion
http://www.epsmr.org/
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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 19:21


LA CHARTE DU PATIENT HOSPITALISE
(circulaire ministérielle du 6 mai 1995)

résumé


I. De l’accès au service public hospitalier
Les établissements de santé qui assurent le service public hospitalier accueillent toutes personnes, quels que soient leur origine, leur sexe, leur situation de famille, leur âge, leur état de santé, leur handicap... Ils les accueillent de jour comme de nuit, éventuellement en urgence. ...
L’hôpital est un lieu d’accueil privilégié où les personnes les plus démunies doivent pouvoir valoir leurs droits y compris sociaux. Dans ce but, le soin et l’accueil doivent s’accompagner d’une aide dans les démarches administratives et sociales...

II. Des soins
Les établissements de santé assurent les examens de diagnostic, la surveillance et le traitement des malades, des blessés et femmes enceintes en tenant compte des aspects psychologiques des
patients. ... Au cours de ces traitements et ces soins, la prise en compte de la dimension douloureuse, physique et psychologique des patients et le soulagement de la souffrance doivent être une préoccupation constante de tous les intervenants. ...

III. De l’information du patient et de ses proches
Les établissements doivent veiller à ce que l’information médicale et sociale des patients soit assurée...
Le secret médical n’est pas opposable au patient.
Le médecin doit donner une information simple, accessible, intelligible et loyale à tous les patients...
Les majeurs protégés bénéficient d’une information appropriée.
La famille et les proches doivent pouvoir disposer d’un temps suffisant pour pouvoir avoir un dialogue avec les médecins responsables.
Pour des raisons légitimes et qui doivent demeurer exceptionnelles, un malade peut être laissé dans l’ignorance d’un pronostic ou d’un diagnostic graves...

IV. Du principe général du consentement préalable
... aucun acte médical ne peut être pratiqué sans le consentement du patient, hors le cas où son état rend nécessaire cet acte auquel il n’est pas à même de consentir.
Le consentement doit être libre et renouvelé pour tout acte médical ultérieur. Il doit être éclairé, c’està-dire que le patient doit avoir été préalablement informé des actes qu’il va subir, des risques normalement prévisibles en l’état des connaissances scientifiques et des conséquences que ceux-ci pourraient entraîner....

V. Du consentement spécifique pour certains actes
En plus du principe général du consentement préalable, des dispositions particulières s’appliquent notamment pour les actes ci-après.
Préalablement à la réalisation d’une recherche biomédicale sur une personne, le consentement libre, éclairé et exprès doit être recueilli...

VI. De la liberté individuelle
Un patient hospitalisé peut, à tout moment, quitter l’établissement après avoir été informé des risques possibles pour son état, et après avoir signé une décharge....
Le patient ne peut être retenu dans l’établissement en dehors du cas des personnes ayant nécessité en raison de troubles mentaux, une hospitalisation à la demande d’un tiers ou d’office  (Loi n°90-257 du 27 juin 1990 relative aux droits des personnes hospitalisées en raison de troubles mentaux)...

VII. Du respect de la personne et de son intimité
Le respect de l’intimité du patient doit être préservé lors des soins, des toilettes, des consultations et des visites médicales... et à tout moment de son séjour hospitalier.
La personne hospitalisée est traitée avec égards et ne doit pas souffrir de propos et d’attitudes équivoques de la part du personnel.
Les patients hospitalisés dans un établissement assurant également des missions d’enseignement
donnent leur consentement préalable s’ils sont amenés à faire l’objet de ces missions notamment lors de la présentation de cas aux étudiants en médecine. Il ne peut être passé outre à un refus du patient.
Les mêmes prescriptions doivent être respectées en ce qui concerne les actions de formation initiale et continue des personnels médicaux et para-médicaux ayant lieu auprès des patients.
L’établissement de santé doit respecter les croyances et convictions des personnes accueillies. Un patient doit pouvoir, dans la mesure du possible, suivre les préceptes de sa religion... Ces droits
s’exercent dans le respect de la liberté des autres. ...
Les établissements prennent les mesures qui assurent la tranquilité des patients et réduisent au mieux les nuisances liées notamment au bruit et à la lumière, en particulier aux heures de repos et de sommeil des patients.
Ils organisent le fonctionnement des consultations externes et l’accomplissement des formalités
administratives liées à l’hospitalisation, de manière à ce que les déplacements et les délais d’attente soient réduits le plus possible.

VIII. Du droit à la vie privée et à la confidentialité
Tout patient hospitalisé a le droit au respect de sa vie privée comme le prévoient l’article 9 du code civil et la convention européenne des droits de l’homme.
Le personnel hospitalier est tenu au secret professionnel ... et à la discrétion professionnelle ...
Une personne hospitalisée peut demander que sa présence ne soit pas divulguée. L’établissement
public de santé garantit la confidentialité des informations qu’il détient sur les personnes hospitalisées ...
La personne hospitalisée peut recevoir dans sa chambre les visites de son choix en respectant
l’intimité et le repos des autres patients. Elle a le droit à la confidentialité de son courrier, de ses communications téléphoniques, de ses entretiens avec des visiteurs et avec les professionnels de santé....

IX. De l’accès aux informations contenues dans les dossiers administratifs et médicaux
Des dispositions sont prises dans chaque établissement pour que soient appliqués les principes et les modalités de la loi du 31 juillet 1991 et le décret d’application du 30 mars 1992 relatifs à la communication des informations médicales contenues dans le dossier médical par l’intermédiaire d’un praticien, aux personnes qui en font la demande. Ce praticien communique, dans le cadre d’un dialogue, les informations médicales au patient ou à son représentant légal dans le respect des règles de déontologie, et aux ayants droit dans le respect des règles du secret médical.
Le médecin qui a orienté un patient vers un établissement de santé a accès au dossier médical de ce patient, avec l’accord de celui-ci. Il est tenu informé de l’état de santé de son patient par un praticien hospitalier dans les meilleurs délais....

X. Des voies de recours
Indépendamment de la possibilité de répondre au questionnaire de sortie remis avec le livret d’accueil à chaque patient, une personne hospitalisée peut faire part directement au directeur de
l’établissement de santé de ses observations.
Chaque établissement est invité à organiser un suivi de la qualité des soins et de l’accueil à partir notamment de l’examen et du traitement des questionnaires, des réclamations exprimées auprès du directeur ou de son représentant et des plaintes ultérieures.
Si la personne hospitalisée ou ses ayants droit estiment avoir subi un préjudice, lors du séjour dans l’établissement de celle-ci, ils peuvent saisir le directeur de l’hôpital d’une réclamation préalable en vue d’obtenir réparation.
Si celle-ci n’aboutit pas comme il le souhaite, soit que la demande soit rejetée, soit que l’hôpital garde le silence pendant plus de quatre mois, l’auteur de la réclamation dispose de droits de recours contentieux. Le directeur s’efforce de mettre en place une fonction de médiation entre l’établissement et les patients afin d’instruire dans les meilleurs délais les demandes de réparation pour préjudice et de donner à leurs auteurs les explications nécessaires.
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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 19:05


L'ART BRUT


La notion d’art brut a été inventée en 1945 par le peintre français Jean Dubuffet.
Il qualifiait ainsi les productions réalisées par des non professionnels, personnes extérieures au mouvements artistiques, aux normes en vigueur et aux modes. Il s’agissait d’autodidactes, de prisonniers ou de psychotiques.
Cet art se devait d’être spontané, sans prétention intellectuelle ni démarche intellectuelle, naissant du matériau (...) se nourrissant des inscriptions et des tracés instinctifs, pour reprendre les propres termes de Dubuffet.
Lequel définissait l’art brut ainsi : L’art brut désigne “des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythme, façons d’écritures, etc.) de leur propre fond et non des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode“.

Ainsi l’art brut n’a jamais été l’apanage des psychotiques même si ces derniers y ont eu et y ont encore une place non négligeable.

Qu’est ce qui a permis que des psychotiques se retrouvent ainsi au coté des autodidactes et des prisonniers, à l’avant scène d’un mouvement d’art prenant au fil du temps une importance croissante ?
- les schizophrènes ont du temps et parfois de la patience
- leur incapacité de se concentrer face aux conversations et aux mouvements du monde ne les empêche pas de se concentrer face à des projets artistiques
- les schizophrènes sont éloignés des modes et sont peu enclins à s’interesser aux débats mondains, du fait que leur maladie les pousse naturellement à ne comprendre que les premiers degrés des mots et des notions
- les schizophrènes peuvent connaître des tentations immatures les menant à communiquer plus facilement qu’un autre avec un imaginaire enfantin et débarrassé de certaines normes (couleurs et formes éclatatantes, faiblesse de la perspective, importance des personnages, personnages mirifiques mi homme mi animaux...)
- les schizophrènes peuvent avoir un sens aigu de la lumière et des couleurs

Il faut toutefois ajouter que dans les oeuvres des schizophrènes, nul ne peut savoir quelle est la part de la maladie et la part liée à l’imagination et la volonté intacts de son auteur. Car il faut le répéter, la schizophrénie n’atteint jamais la totalité de l’esprit.

un site consacré à l’art brut : collection de l’art brut
www.artbrut.ch/index.cfm?Show=Oeuvres&ArtisteID=84
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24 mars 2006 5 24 /03 /mars /2006 22:36

LA CREATION ET L’ART SCHIZOPHRENE


la création artistique est un des supports de la thérapie
c’est aussi une des activités vers lesquelles naturellement les schizophrènes se tournent

leurs créations sont diverses :
- dessins, peintures, collages, photographie
- sculptures
- musiques et sons
- expression écrite
- création informatique

Les schizophrènes ont du mal à traiter les informations sensorielles et sont soumis à des afflux d’impressions et informations mêlées et composites ; leurs oeuvres, du coup, peuvent être confuses mais également très riches de formes différentes.
Au contraire, les shizophrènes s’habituent à trier consciemment les informations qu’ils reçoivent au lieu de les trier inconsciemment comme tout un chacun, ainsi leurs oeuvres peuvent parfois être très structurées et répétitives.
Certaines oeuvres peuvent aussi être inspirées par des délires et être chargées de nombreux symboles.

Les schizophrènes souffrent d’une perte d’identité et sont instinctivement portés vers des activités qui peuvent leur permettre de se retrouver, de retrouver leur imaginaire et leur esprit ; car l’artiste se voit dans son oeuvre.
Les schizophrènes peuvent aussi compenser leur manque de vie affective par une pratique artistique ; car il est certain que la pratique de l’art mobilise la partie la plus intime de soi, et ressemble donc à un sentiment.

La qualité des oeuvres réalisées par les schizophrènes est variée.
Certaines personnes ont tendance à magnifier les projets artistiques des schizophrènes,
la confusion qui existe parfois entre l’art des malades psychiques ou mentaux et l’art des personnes volontairement exclues des normes artistiques de leur époque et cherchant à capter des hallucinations et délires de création n’y est pas pour rien

En général, les schizophrènes réussissent à créer en utilisant la part préservée de leur être, et non pas la part rongée par la schizophrénie.

La pratique d’un art est aussi une manière de renverser ses symptômes, de se les réapproprier autrement, de les transformer en conditions de départ non pathologiques… c’est une manière d’utiliser son ultrasensibilité aux lumières, aux sons, son hyperattention aux détails, d’utiliser ses fragilités pour en faire les soutiens d’une posture artistique
l’avantage d’un tel acte est de trouver dans sa maladie des raisons de se reconstruire une personnalité autre, plus artiste et sensible qu’avant
l’inconvénient c’est le risque de nourrir sa maladie en lui trouvant des avantages et en s’y attachant.


l'art brut : une autre manière de pratiquer l'art

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24 mars 2006 5 24 /03 /mars /2006 22:25


souvent, les schizophrènes souffrent d’un déficit d’activités physiques et sportives

le sport permet
- une vie hygiénique, la stabilisation du poids, un meilleur sommeil
- une bonne coordination de mouvement et une bonne perception de l’espace
- une conscience juste de son corps
- de rencontrer des personnes, de partager un projet et pourquoi pas des victoires


les sports de base

- la marche (ou le vélo) est appréciée par certains schizophrènes
ils doivent faire attention à rester visible sur les routes grâce à des vêtements colorés et à ne pas se mettre en danger par rapport aux voitures
certaines longues marches peuvent ressembler à des échappées folles

- la gymnastique peut être une activité intéressante du fait qu’elle ne nécessite pas de force physique particulière
certains mouvements répétés peuvent particulièrement bien convenir à des schizophrènes qui aiment se rassurer dans ces répétitions
on peut aussi la pratiquer à son propre domicile grâce à l’achat d’un appareil (par exemple, un vélo d’appartement)

- la natation permet d’associer à l’exercice physique une expérience de perception de son propre corps

les sports éducatifs
l’aikido, le tir à l’arc... certains sports favorisent le réapprentissage de la concentration et de la précision du geste

les sports collectifs
ils permettent d’associer acitivité physique et vie relationnelle


une association :
la Fédération Française de Sport Adapté http://www.ffsa.asso.fr/
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