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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 09:35

Pendant longtemps j’ai fui certaines sollicitations parce qu’elles me fatiguaient, me stressaient, me déroutaient et me faisaient peur :
le cinéma
les restaurants et bars
la foule
les lieux inconnus
certains discours politiques radicaux
la religion
la lecture d’ouvrages de science fiction

depuis que je vais mieux, je tente de réintroduire petit à petit certaines de ces sollicitations
les restaurants notamment
les livres de science fiction
les lieux inconnus…
en effet, je trouve que ma vie est trop simple et trop disciplinée

mais je me demande s’il faut maintenir certains interdits

je me demande qu’elle est la valeur de ces interdits
interdit par soi même au nom d’une théorie qui n’existe pas, au nom d’une peur que l’interdit finit par alimenter, au nom d’une intuition contestable…

parfois je me dis que ces interdits me rassurent
que mon obéissance me rassure, à l’image de ma soumission à l’autorité psychiatrique
je me dis que je ne peux pas rechuter car je respecte les interdits et les prescriptions…

parfois, je pense qu’il faudrait que je sois accompagnée de manière à pouvoir affronter certaines situations difficiles sans trop de craintes
de manière à pouvoir lever les interdits progressivement sans trop de difficulté
parfois, je pense que j’aurais besoin d’un guide… d’un parrain, d’un tuteur…
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16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 21:03


La psychiatrie devrait être une branche de la médecine
on a peine à croire qu’elle le soit

le diagnostic d’une schizophrénie devrait être posé après avoir vérifié qu’aucune pathologie somatique et notamment endocrinienne ou neurologique n’explique les symptômes

or, on sait que peu de patients bénéficient d’une telle précaution

on sait que les patients régulièrement suivis par des psychiatres ne bénéficient souvent d’aucun soutien médical général et que leurs plaintes somatiques sont souvent attribués à de l’hypocondrie

on sait que beaucoup de patients ne bénéficient d’aucune vaccination, ni d’aucune surveillance de leur vue

on sait que certains voient des médecins psychiatres régulièrement mais que leur santé générale est totalement négligée.


Il serait souhaitable que les patients puissent bénéficier
au début de leur maladie,
    d’un bilan endocrinien, sanguin et neurologique
    d’un bilan psychomoteur
au cours de leur maladie,
    d’une visite médicale annuelle (avec un médecin généraliste).
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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 09:31

La schizophrénie
une maladie ou un handicap
cette question est pour moi essentielle
lancinante

une maladie mais qu’on ne parvient pas à soigner
une maladie qu’on ne parvient qu’à grand peine à décrire
une maladie qui ne fait pas toujours souffrir
une maladie qui se nourrit de la vie psychique du patient ainsi qu’une sangsue
un handicap qui rend chaque perception complexe, chaque action douloureuse
un handicap qui rend marginal
un handicap qui rend maladroit, faible et sans défense
une maladie qui fatigue
une maladie qui évolue et réagit à certaines thérapeutiques de manière spectaculaire
une maladie qui impose au patient de devenir son propre soignant, son propre infirmier
un handicap qui dure et n’en finit plus

une maladie et un handicap
une fragilité faite d’une multitude de petits symptômes dont l’arrangement finit par détruire tout élan naturel et tout instinct
une fragilité à laquelle on s’habitue à condition de devenir modeste, à condition d’accepter sa faiblesse et de réinventer ses repères.
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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 10:33

j'aime beaucoup la peinture
je suis sensible aux couleurs
je suis inspirée par les formes
les formes d'une nature reconstruite par le regard et l'esprit de l'artiste

j'aime aller voir les blogs de peintres amateurs

notamment les blogs suivants

l'art blog d'Oli

la galerie d'artistes d'utopsya

l'artelier


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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 12:52
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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 21:00


Il y a 20 ans, j’entrais en psychiatrie
comme on rentre dans les ordres

je faisais sacrifice de ma vie, de ma destinée, de mon autonomie, de ma vitalité
pour connaître un autre monde, une autre vie, un silence, une image, une musique intérieure

rien n’était prévu
rien n’était volontaire

il y a 20 ans, j’entrais dans l’inconnu
dans l’incompréhensible
dans l’humiliation
dans l’imperfection
dans la solitude

j’étais jeune et raide comme un piquet
j’avais l’ambition de vivre sans concession, sans ennui, sans se plaindre, j’avais l’ambition de mener une vie active et raisonnée
j’étais cultivée, de plus en plus, insatiable, prête à lire et entendre tous les discours intellectuels que je pouvais

je perdais mes moyens sans m’en rendre compte
sans y croire
sans savoir
je perdais les moyens de grandir, de devenir un adulte confiant, sûr de lui même et de son avenir
je perdais les moyens de devenir une personne efficace et productive

je m’habituais à ce nouvel espace
cette nouvelle vie
cette nouvelle donne
j’avais choisi le camp des victimes
sans le savoir
sans le vouloir vraiment
j’avais choisi inconsciemment de vivre comme une victime, dans ce rythme  lent, ce rythme souffrant, ce rythme éternel

c’était il y a 20 ans
c’était une première hospitalisation
c’était une époque où les troubles neurologiques cachaient encore la réalité vraie du déficit
c’était une époque où les défaillances s’installaient en périphérie d’un corps à peu près sain, et le pénétraient jusqu’à faire leur nid à l’intérieur, en profondeur

j’ai parfois l’impression d’être revenue à ce point de départ
ce début
j’ai parfois l’impression d’être à nouveau dans cette situation précaire
ce moment de grande curiosité
de grande envie de vivre
ce moment où les fragilités restent peu encombrantes
laissent place à la vie
ce moment où les fragilités importent peu, ne sont pas devenu le sujet unique de toutes les questions, de toutes les précautions
ce moment de grande inconscience

j’ai l’impression parfois d’avoir fait un grand tour et d’être revenue à cette adolescence
à cet âge balbutiant.
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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 20:59

On dit souvent que le soin psychiatrique passe par l’échange, la rencontre, la confiance vis à vis des soignants…
certes

cela veut il dire que nous sommes soumis à une obligation de sympathie vis à vis des soignants ?

et que se passe-t-il s’ils nous paraissent antipathiques, s’ils nous paraissent repoussants ?
s’ils nous paraissent bruyants, insolents, arrogants, s’ils nous paraissent insensibles, insensés, immatures, grossiers…
que se passe-t-il quand les patients regardent les soignants comme le visiteur au parc regardant un gorille ?

est ce qu’il faut que les patients fassent allégeance aux soignants, acceptent de se fondre dans le moule psychiatrique, s’engagent à la fidélité, manifestent leur amitié…

comment cela se passe-t-il quand un patient est récalcitrant, quand il ne comprend pas, quand il a trop peur, quand il a trop mal

comment faire pour favoriser les rencontres, les vraies rencontres, les rencontres de personnes qui se reconnaissent à la voix, au regard, par un mot, par une phrase, par un geste, par une attitude
de personnes qui se reconnaissent et qui se font confiance…

comment faire pour que cette sympathie ne soit pas obligatoire mais soit le fruit d’un désir et d’une curiosité réciproque ?

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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 20:59

C’est un lieu de vie
un lieu où l’on a envie de rester, où la cuisine se mange avec appétit, où les jardins sont entretenus, où les fenêtres s’ouvrent, où les portes mènent à des lieux autorisés, où les personnes ne se cachent pas, où les secrets peuvent se dire, où les initiatives sont les bienvenues,
c’est un lieu dépourvu de violence, de concurrence, de rapport de force, un lieu où tous sont liés par un même projet, la guérison de tous et de toutes

Un lieu de soin
un lieu où sont mis en pratiques toutes, absolument toutes les solutions connues, un lieu polyvalent, sans aucune spécialisation forcée
un lieu où toutes les thérapies sont envisageables

Un lieu d’apprentissage
car il faut grandir, apprendre, découvrir, apprendre sa place, à se situer, connaître les autres, les lois, les obligations, découvrir l’importance et l’inimportance des choses
il faut se cultiver, devenir honnête homme, connaître les comportements et les manières de communiquer, devenir sociable et fin connaisseur de la société humaine.
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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 10:56

Il n’est pas chargé de tout un fatras d’idées reçues sur la maladie psychique (comme un âne trop chargé)
il n’a pas trop peur de mener une aventure
il n’est pas angoissé à l’idée que sa vie sera différente de celles des autres
il n’a pas honte de ce qu’il est…

Il n’oublie pas la politesse
il est capable d’aimer, si ce n’est souvent, au moins de temps en temps
il lui reste encore assez de force et de douceur pour apprécier un moment de calme, de soleil, comme un moment de plaisir

il se cultive
il continue d’apprendre
il s’interesse au monde…

Il pense à son avenir
il sait que le présent est temporaire et que le temps existe

il continue de croire en l’importance de sa vie et de son destin
il n’a pas peur de la vie
il ne veut pas mourir…

Il observe
il est patient
il profite de ce que chacun peut lui apporter
il prend exemple…

Il sait se rassurer
il sait faire taire la peur
il parvient à se faire dormir
il parvient à oublier…

Il a encore envie de se défendre…

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 10:54


Parfois, certains symptômes deviennent un socle sur lequel on s’appuie
sur lequel on fonde sa personnalité
sur lequel on fonde une attitude, un état d’esprit, une manière d’être, plus observatrice, plus sensible, plus fragile, plus onirique, plus intellectuelle, plus indépendante…
parfois, la sensibilité extrême devient une manière d’être et le prétexte à certaines attitudes plus morales et plus douces
parfois, le retour sur soi devient une attitude, permanente, acceptable, acceptée
parfois, la maladie devient un trait de caractère supplémentaire à tous les autres comme un regard supplémentaire tourné vers l’intérieur

Parfois la maladie rend plus intelligent, plus calculateur, plus dur et plus tendre à la fois
parfois, on se rend compte qu’on est devenu un pur produit de l’institution psychiatrique
parfois, on se rend compte de toutes les habitudes qu’on a prises, dans la manière de s’observer, de rendre compte de ses actes et de ses pensées à des psy, dans la manière de prendre soin de soi et des autres, de s’informer, de demeurer attentif…
parfois, on se rend compte qu’on est devenu non plus l’objet d’une maladie (son jouet) mais le produit d’un système de soin et de réflexion

Parfois on se rend compte qu’on a été façonné par la maladie et les soins, qu’on a été déconstruit et reconstruit.

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