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11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 13:19

C’est une idée habituelle

comme une pensée consolante
un échappatoire
une porte de sortie
un espoir
drôle d'espoir !

c’est une pensée triste
grave, lourde et sinistre
c'est une pensée sordide
une possibilité que je m’interdis de mettre en pratique

c'est une pensée dont on a honte, parfois, et qui, d'autres fois, semble tout à fait légitime

c’est le souvenir de quelques morts
et notamment de P., le seul schizo que je connaissais, mon aîné de deux ans, fils d’amis de mes parents, dont je guettais les mouvements de remission, et dont j’appris la mort, un jour, par ceux qui me dirent un peu froidement : “il a eu un éclair de lucidité”

J’ai souvent souhaité cette mort
afin d’échapper aux humiliations qui faisaient de ma vie une chaîne de misère
bien que j'aime la vie

J’ai beaucoup pensé à cette mort qui pouvait servir de délivrance
j'y voyais là ma ligne d'horizon, proche, très proche
je la sentais venir
j'ai souvent pensé
que je vivais mes dernières heures avant le grand saut
j’ai longtemps vécu dans cet espace de grande liberté qui précède la mort
dans cet état de peur et de délivrance qui précède un grand voyage
J’ai longtemps vécu en pensant que tout allait bientôt finir
j'ai longtemps vécu dans cet état d'esprit un peu morbide…


J’ai envie de vivre aujourd’hui
J’ai envie de connaître, de visiter, de découvrir…
j’ai une grande soif de connaissances, qui nourrit largement mon envie de vivre


J’ai envie de vivre et de vieillir, de devenir quelqu’un de sage et pacifique, quelqu’un de tendre et de paisible…
pourquoi pas ?

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4 avril 2007 3 04 /04 /avril /2007 13:18

C’était un bon séjour,

parce que c’était le dernier,
probablement le plus utile,
le seul séjour qui se soit ouvert sur un avenir véritable
et parce que les images qui m’en restent ne sont pas violentes

C’était un hopital public

oscillant entre un désir de modernisme
un désir humaniste
et des restrictions budgétaires frisant le ridicule
menant à cette économie, à ce catimini, à cet espace clandestin où l’atelier thérapeutique s’était installé (entre deux portes)

C’était un lieu de rencontres multiples et imprévues

C’était un endroit dépourvu de toute humiliation
c’était un endroit sans échec
c’était un endroit sans objectif particulier

Un lieu de passage calme et organisé


Un lieu de découverte
la découverte de soi
un lieu d’insertion
l’insertion en soi même

Je me souviens peu des infirmières
je ne voyais pas leurs visages
je me souviens qu’elles me disaient sans cesse de ne pas oublier de les solliciter si j’avais besoin de quelque chose
je me souviens de leur disponibilité
je me souviens des bras noirs et imberbes de l’infirmier qui s’occupait de moi

Je me souviens des autres patients qui parlaient d’eux mêmes et moi je ne parlais pas
je me souviens qu’ils ne me semblaient pas malades
je me souviens qu’ils me semblaient très conscients de ce dont ils avaient besoin et qu’ils m’étonnaient de cette manière

Je me souviens de mes après midi passées dans les jardins

je me souviens des arbres, des pelouses et des fleurs

Je me souviens des repas chauds plusieurs fois par jour
du bain chaud
du lit chaud
de la chambre éclairée
de ce confort moderne qui m’étonnait mais auquel je m’adaptais très vite

Je me souviens de l’assistant social qui me faisait signer le dossier pour la cotorep en m’expliquant que je recevrais bientôt une lettre,
sur laquelle serait mentionné le fait que j’étais handicapée
mais que je ne devais pas m’effrayer de ce mot
car je n’étais pas handicapée,
et ce n’était qu’une formule administrative

Je me souviens de l’interne qui me disait que ce serait long et qu’il faudrait que je sois patiente
je me souviens de la douceur de sa voix
de ses yeux noirs et étrangement inquiets


Je me souviens du patron qui me demandait régulièrement comment j’allais
et à qui je répondais invariablement que j’allais bien

Je me souviens de l’ergothérapeute qui m’expliquait les choses petit à petit sans chercher à croiser mon regard

Je me souviens de l’homme qui faisait le ménage et qui était toujours souriant, plein de bonheur

Je me souviens de la bibliothécaire qui me proposait d’aller me chercher d’autres livres
si je ne trouvais pas dans son panier ce qui me convenait

Je me souviens de toute cette sollicitude gratuite, légère et rassurante
de ces personnes qui ne semblaient pas s’étonner de ma présence ou de mon existence
de ces personnes qui semblaient prêtes à vivre avec moi si j’acceptais de vivre avec elles…

j’espère qu’elles se portent bien.




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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 13:15

Certains sont malades un temps suffisamment court pour souhaiter ensuite reprendre leur vie là où ils l’ont laissée
ils se heurtent à des difficultés nouvelles du fait des séquelles neuropsychologiques, des habitudes qui se sont installées,
et du fait qu’ils ont vieilli et n’appartiennent plus à un groupe de personnes susceptibles de les accompagner…
ils se trouvent ainsi souvent en situation d’échec alors même qu’ils sont sortis de la maladie
Ils risquent de sombrer dans la dépression…

D’autres sont malades depuis beaucoup plus longtemps
et parfois depuis l’enfance
c’est mon cas
certains médecins y voient là une cause d’inquiétude mais, pour ma part, je pense que c’est une chance
je crois qu’il est parfois bon de connaitre la maladie jeune, quand on est souple, quand on n’a pas peur, quand on accepte d’être différent, quand on se flatte d’avoir un médecin, quand on apprend (comme tous les enfants malades) à devenir autonome plus tôt que les autres…
Ceux qui sont malades longtemps ne cherchent pas à recommencer une vie d’avant dont ils se souviennent mal,
ils acceptent leur handicap auxquels ils se sont habitués et construisent, peu à peu, une vie nouvelle,
une vie enrichie par l’expérience médicale, par certains savoirs artistiques encouragés dans les ateliers d’ergothérapie, par certains rêves, par une nouvelle hygiène de vie…
Ils deviennent leur propre parent et leur propre créateur en réinventant leur vie à partir des restes anciens et de ce qu’ils ont appris…
ils deviennent leur propre créateur en essayant de respecter de nouvelles règles, de nouveaux goûts, de nouveaux espoirs, en essayant de rester modeste et prudent…

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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 11:04

Je me souviens d’avoir bénéficié d’un vrai mieux-aller à deux reprises :
quand je suis partie vivre dans la rue et c’était au bord de la mer…
quand j’ai été envoyée par mon labo en mission de coopération sous les tropiques…

à chaque fois, il s’agissait d’environnements totalement nouveaux et humides
à chaque fois, ce fut un bain d’images et de perceptions nouvelles

Ces deux expériences m’ont appris qu’il existait des environnements qui m’étaient favorables… des environnement dont l’existence me rassure… le seul fait de connaître leur existence est une raison d’espérer…


Ces environnements avaient le don non pas de me guérir mais de me soigner
mes symptômes étaient présents mais supportables, acceptables, mes symptômes devenaient les causes d’un déséquilibre et non plus celles d’une angoisse ou d’une souffrance…

Comme si le fait d’être baigné dans un environnement entièrement nouveau était favorable
comme s’il y avait un effacement de la mémoire et de certaines mauvaises interprétations
comme si la nouveauté qui me fait si peur quand elle est arrive par bribes (une action nouvelle par ci par là) devenait tout à coup rassurante et accueillante quand elle était globale
comme si la nouveauté était ce qu’on avait cherché, dans le rêve ou le mysticisme, dans l’espoir d’une vie différente, dans la recherche d’un absolu… comme si la nouveauté venait combler un désir

Comme si on pouvait retrouver une liberté d’agir dans un monde auquel on n’a pas besoin de s’intégrer, un monde dont on ne fait que traverser le tissu corporel et sensoriel, un monde qu’on n’est pas venu habiter mais seulement visiter…
un monde riche et accueillant sur le plan de la perception physique, tactile, sensuelle, et tout en même temps libre et déstructuré sur le plan des relations sociales…


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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 22:04

Les troubles de communication ont mauvaises réputations et font facilement peur, or, ils sont beaucoup moins invalidants que les troubles de la perception

On peut vivre avec des troubles de la communication,
on peut vivre avec une communication très altérée
on peut se diriger, agir, faire, participer, et peu à peu imposer son existence aux autres
on finit par apprendre à dire les choses, par se familiariser avec les voix des autres et leurs manières, par détecter les meilleurs conditions pour l’expression…
On finit par habituer les autres, on finit par s’habituer à eux, on finit par s’inventer une personnalité forte et timide à la fois…

Il est par contre très difficile de vivre avec des troubles de la perception
on risque un accident à tout instant (tomber dans un escalier, se faire renverser par une voiture, se blesser ou se mutiler…),
on connaît des peurs très importantes et des doutes permanents
on se fatigue très rapidement
on manque de connaissance et d’information
on devient très dépendant
on est obligé de réfléchir sans cesse pour combler les lacunes de sa perception, au point de s’imposer une pensée critique permanente, une pensée qui occupe l’esprit, une pensée comme un commentaire permanent…
La rééducation est difficile et les traitements partiellement efficaces, les efforts à fournir pour pallier à ces déficits sont épuisants…

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24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 22:00

On peut subir des symptômes schizophréniques intermittants mais se souvenir de ce qui fait la normalité de la perception et des sentiments
se souvenir,
c’est garder une image de soi et du monde
c’est savoir quel est l’objectif, quelle est la manière habituelle de vivre et de penser
c’est être soumis à des troubles mais en être conscient, c’est être capable de faire la différence entre les troubles et la normalité de son être

On peut aussi et notamment quand les symptômes sont permanents ne plus se souvenir de ce qu’est cette normalité
et alors, l’oubli agit comme un amplificateur énorme, et crée une porte ouverte à l’installation d’une confusion, d’un délire, d’une perte d’identité ou d’une perte de sens de la réalité
par cette perte de mémoire, on entre dans un espace-temps complètement dilaté, dépourvu de toute structure, où seul l’instant présent semble vrai, où seule la sensation présente semble juste et véritable
on ne peut plus critiquer sa perception, son émotion, on ne peut plus penser, car toute pensée nécessite un minimum de temps et de mémoire pour se construire


C’est pour cela que subir des symptômes intermittants est beaucoup moins invalidants (sans commune mesure) que les subir de façon permanente.

C’est pour cela que sortir de l’époque où les troubles sont permanents est déjà une première forme de guérison.

C’est pour cela que la mémoire est une fonction essentielle.
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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 21:58

Aujourd’hui en France le système de prise en charge psychiatrique laisse une grande part aux parents
car dans quasiment tous les cas, la maladie débute alors que le patient est à la charge matérielle de sa famille
or, on sait bien que beaucoup de familles ne sont pas aptes culturellement ou psychiquement à assumer cette fonction d’accompagnement et de protection de leur enfant psychotique

Il serait certainement souhaitable de créer un rôle de protecteur qui ne soit pas qu’un simple curateur chargé des questions financières mais une sorte de parrain, chargé de soutenir, de défendre et de conseiller

Il serait peut être souhaitable de créer au niveau national une fonction de défenseur des patients schizophrènes comme il existe une fonction de défenseur des enfants
le but de ce défenseur national serait de représenter et défendre les schizophrènes au niveau politique et administratif dans tous les débats les intéressant
il faudrait ensuite créer des relais locaux pour que les patients puissent avoir un parrain, quelqu’un qui saurait défendre leur intérêt, à proximité de chez eux, quelqu’un qui saurait les guider face à l’offre de soins et l’offre d’aides sociales

Tout ceci pour éviter que les schizo en plus d’être victimes de leur maladie, soient également victimes de malversations, humiliations, violences, tromperies, ou tout simplement victimes de leur naiveté et de leur méconnaissance du monde

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 10:21

Il s’agit de rompre avec le modèle classique d’une institution qui reçoit des patients mais qui n’est pas toujours prête à les recevoir.

Il s'agit de modifier les rapports soignants / soignés par une reflexion permanente sur les échanges et les relations qui naissent et s’expriment au sein de l’institution.

Il s’agit de « ...profiter au maximum des structures existantes afin d'essayer d'exploiter tout ce qui peut servir à ‹ soigner › les malades qui y vivent » selon les termes de Jean Oury, l’un des pionniers, fondateur de la clinique de La Borde.

Il s’agit de permettre au patient de devenir acteur de son soin et de développer ses relations sociales.


Les activités thérapeutiques sont variées : thérapies verbales et non verbales, ergothérapie, activité culturelle, sport, soin du corps… et vie en commun des pensionnaires.


Quelques lieux de psychothérapies institutionnelles :

- Clinique de Cour Cheverny - Château de la Borde
  120 rte de Tour-en-Sologne 41700 Cour-Cheverny
  www.cliniquedelaborde.com

- Clinique de Chailles
  La Chesnaie  41120 Chailles
  www.chesnaie.com

- Centre Psychothérapique de Saint-Martin de Vignogoul
  34570 Pignan
  www.centrepsychotherapique.com

- Clinique médicale du centre
  Château de Saumery  41350 Huisseau sur Cosson
  www.cliniquesaumery.com
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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 10:10

LOI HURIET-SERUSCLAT
n° 88-1138 du 20 décembre 1988 relative
à la protection des personnes se prêtant à la recherche biomédicale
Cadre législatif


TITRE II : RECHERCHES BIOMEDICALES

Chapitre Ier
Principes généraux
Art. L. 1121-1. - Les essais ou expérimentations organisés et pratiqués sur l'être humain en vue du développement des connaissances biologiques ou médicales sont autorisés dans les conditions prévues au présent livre et sont désignés ci-après par les termes : « recherche biomédicale ».
Les recherches biomédicales dont on attend un bénéfice direct pour la personne qui s'y prête sont dénommées recherches biomédicales avec bénéfice individuel direct. Toutes les autres recherches, qu'elles portent sur des personnes malades ou non, sont dénommées sans bénéfice individuel direct.
La personne physique ou morale qui prend l'initiative d'une recherche biomédicale sur l'être humain est dénommée le promoteur. La ou les personnes physiques qui dirigent et surveillent la réalisation de la recherche sont dénommées les investigateurs.
Lorsque plusieurs personnes prennent l'initiative d'une même recherche, elles peuvent désigner une personne physique ou morale qui aura la qualité de promoteur et assume les obligations correspondantes en application du présent livre.
Lorsque le promoteur d'une recherche confie sa réalisation à plusieurs investigateurs, il désigne parmi eux un investigateur coordonnateur.
Art. L. 1121-2. - Aucune recherche biomédicale ne peut être effectuée sur l'être humain :
- si elle ne se fonde pas sur le dernier état des connaissances scientifiques et sur une expérimentation préclinique suffisante ;
- si le risque prévisible encouru par les personnes qui se prêtent à la recherche est hors de proportion avec le bénéfice escompté pour ces personnes ou l'intérêt de cette recherche ;
- si elle ne vise pas à étendre la connaissance scientifique de l'être humain et les moyens susceptibles d'améliorer sa condition.
Art. L. 1121-3. - Les recherches biomédicales ne peuvent être effectuées que :
- sous la direction et sous la surveillance d'un médecin justifiant d'une expérience appropriée ;
- dans des conditions matérielles et techniques adaptées à l'essai et compatibles avec les impératifs de rigueur scientifique et de sécurité des personnes qui se prêtent à ces recherches.
Dans les sciences du comportement humain, une personne qualifiée, conjointement avec l'investigateur, peut exercer la direction de la recherche.
Les recherches biomédicales concernant le domaine de l'odontologie ne peuvent être effectuées que sous la direction et la surveillance d'un chirurgien-dentiste et d'un médecin justifiant d'une expérience appropriée.
Art. L. 1121-4. - Les recherches sans bénéfice individuel direct sur les femmes enceintes, les parturientes et les mères qui allaitent ne sont admises que si elles ne présentent aucun risque sérieux prévisible pour leur santé ou celle de leur enfant, si elles sont utiles à la connaissance des phénomènes de la grossesse, de l'accouchement ou de l'allaitement et si elles ne peuvent être réalisées autrement.
Art. L. 1121-5. - Les personnes privées de liberté par une décision judiciaire ou administrative, les malades en situation d'urgence et les personnes hospitalisées sans consentement en vertu des articles L. 3212-1 et L. 3213-1 qui ne sont pas protégées par la loi ne peuvent être sollicités pour se prêter à des recherches biomédicales que s'il en est attendu un bénéfice direct et majeur pour leur santé.
Art. L. 1121-6. - Les mineurs, les majeurs protégés par la loi et les personnes admises dans un établissement sanitaire ou social à d'autres fins que celle de la recherche ne peuvent être sollicités pour une recherche biomédicale que si l'on peut en attendre un bénéfice direct pour leur santé.
Toutefois, les recherches sans bénéfice individuel direct sont admises si les trois conditions suivantes sont remplies :
- ne présenter aucun risque sérieux prévisible pour leur santé ;
- être utiles à des personnes présentant les mêmes caractéristiques d'âge, de maladie ou de handicap ;
- ne pouvoir être réalisées autrement.
Art. L. 1121-7. - Pour les recherches biomédicales sans bénéfice individuel direct, le promoteur assume, même sans faute, l'indemnisation des conséquences dommageables de la recherche pour la personne qui s'y prête et celle de ses ayants droit, sans que puisse être opposé le fait d'un tiers ou le retrait volontaire de la personne qui avait initialement consenti à se prêter à la recherche.
Pour les recherches biomédicales avec bénéfice individuel direct, le promoteur assume l'indemnisation des conséquences dommageables de la recherche pour la personne qui s'y prête et celle de ses ayants droit, sauf preuve à sa charge que le dommage n'est pas imputable à sa faute, ou à celle de tout intervenant sans que puisse être opposé le fait d'un tiers ou le retrait volontaire de la personne qui avait initialement consenti à se prêter à la recherche.
La recherche biomédicale exige la souscription préalable, par son promoteur, d'une assurance garantissant sa responsabilité civile telle qu'elle résulte du présent article et celle de tout intervenant, indépendamment de la nature des liens existant entre les intervenants et le promoteur. Les dispositions du présent article sont d'ordre public.
Art. L. 1121-8. - La recherche biomédicale ne donne lieu à aucune contrepartie financière directe ou indirecte pour les personnes qui s'y prêtent, hormis le remboursement des frais exposés et sous réserve de dispositions particulières prévues par l'article L. 1124-2 relatif aux recherches sans bénéfice individuel direct.
Art. L. 1121-9. - Les médecins inspecteurs de santé publique et, dans la limite de leurs attributions, les inspecteurs de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé ont qualité pour veiller au respect des dispositions du présent titre et des textes réglementaires pris pour son application.
Art. L. 1121-10. - Les modalités d'application des dispositions du présent chapitre sont déterminées par décret en Conseil d'Etat et notamment les minima de garanties pour l'assurance prévue au troisième alinéa de l'article L. 1121- 7.

Chapitre II : Consentement de la personne
Art. L. 1122-1. - Préalablement à la réalisation d'une recherche biomédicale sur une personne, le consentement libre, éclairé et exprès de celle-ci doit être recueilli après que l'investigateur, ou un médecin qui le représente, lui a fait connaître :
- l'objectif, la méthodologie et la durée de la recherche ;
- les bénéfices attendus, les contraintes et les risques prévisibles, y compris en cas d'arrêt de la recherche avant son terme ;
- l'avis du comité mentionné à l'article L. 1123-6 ;
- le cas échéant, son inscription dans le fichier national prévu à l'article L. 1124-4.
Il informe la personne dont le consentement est sollicité de son droit de refuser de participer à une recherche ou de retirer son consentement à tout moment sans encourir aucune responsabilité.
L'objectif d'une recherche en psychologie, ainsi que sa méthodologie et sa durée, peuvent ne faire l'objet que d'une information préalable succincte dès lors que la recherche ne porte que sur des volontaires sains et ne présente aucun risque sérieux prévisible. Une information complète sur cette recherche est fournie à l'issue de celle-ci aux personnes s'y étant prêtées. Le projet mentionné au premier alinéa de l'article L. 1123-6 mentionne la nature des informations préalables transmises aux personnes se prêtant à la recherche.
A titre exceptionnel, lorsque dans l'intérêt d'une personne malade le diagnostic de sa maladie n'a pu lui être révélé, l'investigateur peut, dans le respect de sa confiance, réserver certaines informations liées à ce diagnostic. Dans ce cas, le protocole de la recherche doit mentionner cette éventualité.
Les informations communiquées sont résumées dans un document écrit remis à la personne dont le consentement est sollicité.
Le consentement est donné par écrit ou, en cas d'impossibilité, attesté par un tiers. Ce dernier doit être totalement indépendant de l'investigateur et du promoteur.
Toutefois, en cas de recherches biomédicales à mettre en oeuvre dans des situations d'urgence qui ne permettent pas de recueillir le consentement préalable de la personne qui y sera soumise, le protocole présenté à l'avis du comité instauré par l'article L. 1123-1 peut prévoir que le consentement de cette personne ne sera pas recherché et que seul sera sollicité celui des membres de sa famille s'ils sont présents, dans les conditions prévues ci-dessus. L'intéressé est informé dès que possible et son consentement lui est demandé pour la poursuite éventuelle de cette recherche.
Art. L. 1122-2. - Lorsqu'une recherche biomédicale est effectuée sur des mineurs ou des majeurs protégés par la loi :
- le consentement doit être donné, selon les règles prévues à l'article L. 1122-1, par les titulaires de l'exercice de l'autorité parentale pour les mineurs non émancipés. Pour les mineurs ou les majeurs protégés par la loi, le consentement est donné par le représentant légal pour les recherches avec bénéfice individuel direct ne présentant pas un risque prévisible sérieux et, dans les autres cas, par le représentant légal autorisé par le conseil de famille ou le juge des tutelles ;
- le consentement du mineur ou du majeur protégé par la loi doit également être recherché lorsqu'il est apte à exprimer sa volonté. Il ne peut être passé outre à son refus ou à la révocation de son consentement.

Chapitre III : Comités consultatifs de protection des personnes (.../...)

Chapitre IV : Recherches sans bénéfice individuel direct
Art. L. 1124-1. - Les recherches biomédicales sans bénéfice individuel direct ne doivent comporter aucun risque prévisible sérieux pour la santé des personnes qui s'y prêtent.
Elles doivent être précédées d'un examen médical des personnes concernées. Les résultats de cet examen leur sont communiqués préalablement à l'expression de leur consentement par l'intermédiaire du médecin de leur choix.
Art. L. 1124-2. - Dans le cas d'une recherche sans bénéfice individuel direct, le promoteur peut verser aux personnes qui s'y prêtent une indemnité en compensation des contraintes subies. Le montant total des indemnités qu'une personne peut percevoir au cours d'une même année est limité à un maximum fixé par le ministre chargé de la santé.
Les recherches effectuées sur des mineurs, des majeurs protégés par la loi ou des personnes admises dans un établissement sanitaire ou social à d'autres fins que celle de la recherche ne peuvent en aucun cas donner lieu au versement de l'indemnité prévue au premier alinéa du présent article.
Art. L. 1124-3. - Toute recherche biomédicale sans bénéfice individuel direct sur une personne qui n'est pas affiliée à un régime de sécurité sociale ou bénéficiaire d'un tel régime est interdite.
L'organisme de sécurité sociale dispose contre le promoteur d'une action en paiement des prestations versées ou fournies.
Art. L. 1124-4. - Nul ne peut se prêter simultanément à plusieurs recherches biomédicales sans bénéfice individuel direct.
Pour chaque recherche sans bénéfice individuel direct, le protocole soumis à l'avis consultatif du comité consultatif de protection des personnes dans la recherche biomédicale détermine une période d'exclusion au cours de laquelle la personne qui s'y prête ne peut participer à une autre recherche sans bénéfice individuel direct. La durée de cette période varie en fonction de la nature de la recherche.
En vue de l'application des dispositions du présent article, le ministre chargé de la santé établit et gère un fichier national.
Art. L. 1124-5. - Aucune recherche biomédicale ne peut être effectuée sur une personne en état de mort cérébrale sans son consentement exprimé directement ou par le témoignage de sa famille.
Les dispositions de l'article 225-17 du code pénal ne sont pas applicables à ces recherches.
Art. L. 1124-6. - Les recherches biomédicales sans bénéfice individuel direct ne peuvent être réalisées que dans un lieu équipé des moyens matériels et techniques adaptés à la recherche et compatibles avec les impératifs de sécurité des personnes qui s'y prêtent et autorisé, à ce titre, par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé pour les produits mentionnés à l'article L. 5311-1 ou par le ministre chargé de la santé dans les autres cas.
Art. L. 1124-7 - Les modalités d'application des dispositions du présent chapitre sont déterminées par décret en Co124-7.nseil d'Etat et notamment (.../...)

Chapitre V : Dispositions particulières à certaines recherches (.../...)

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 10:07

Les essais cliniques ont pour but de déterminer :

- si le médicament est efficace
- s’il est bien toléré (en prenant également en compte les risques d’interactions avec d’autres traitements)

différentes phases d’étude se succèdent :

phase 1
étude du comportement du médicament dans l’organisme humain (circulation, absorption, élimination...) sur des volontaires sains

phase 2
étude des modalités optimales d’aministration du médicament (dosage, mode d’administration...) pour obtenir le meilleur effet thérapeutique
menée sur des groupes de malades

phase 3
étude de l’efficacité et de la tolérance du médicament sur un plus grand nombre de patients

à l’issue l'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) peut être délivrée

phase 4
étude des effets à long terme du traitement et de la bonne tolérance chez tous les types de patients

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