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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 16:49

Parfois, j’ai eu l’impression que les psychiatres étaient plus intéressés par la prévention de la rechute ou  de l’aggravation que par le soin de l’état existant

comme s’ils se soumettaient avec fatalisme au verdict du présent mais qu’ils se croyaient maîtres de l’avenir

souvent, j’ai eu l’impression que la prévention de l’aggravation future était un moyen pour les médecins de ne pas se soucier d’un présent trop complexe,
d’éluder les problèmes triviaux, quotidiens, les défaillances journalières et les insuffisances régulières de leur patient
de projeter leur patient dans le futur, et de l’éloigner ainsi, de le repousser, lui et ses problèmes peu glorieux d’handicapé mental plus ou moins lucide…

il est possible que cette projection dans le futur soit de la part des psychiatres une manière de fuir une réalité, qui, insidieusement, les accable, lorsqu’ils font face au présent de la maladie mentale, qui colle à leur patient comme une sangsue que rien ne décroche.

 
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10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 16:36

Le premier rôle du psychiatre est certainement de ramener à la réalité
comme on chasserait le brouillard pour faire revenir au premier plan les contours du réel
le réel présent et passé

en quelque sorte, le psychiatre est le représentant de la réalité et du pragmatisme
il en est le porte parole et le porte drapeau
il en vante les mérites
il la soumet à sa critique et son intelligence… il la décripte et la dédramatise, il la discute et la réanime

il se trouve alors obligé de briser les angoisses et les rêves ainsi que l’imaginaire de son patient
jusqu’à prendre le risque d’être normatif et de pousser ce patient à devenir un petit homme moyen qu’aucun rêve ne traverse jamais
jusqu’à prendre le risque de défendre des principes et des usages trop communs et inadaptés aux besoins affectifs et spirituels de son patient…
jusqu’à prendre le risque de briser des rêves rassurants.
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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 10:38

Afin de remédier à deux problèmes,
le souci de combler le fossé d’incompréhension qui existe entre les psy et les patients,
la nécessité d’aider les patients à trouver des emplois,
il serait souhaitable de réserver des postes d’aide soignants ou d’agent de services hospitaliers à des patients stabilisés
dans les hopitaux ou les CMP.

Il suffirait de les embaucher sous forme d’un contrat aidé et prioritaire.

Je suis persuadée qu’ils feraient bien leur travail et qu’ils sauraient apporter à l’équipe leur connaissance et leur regard particulier sur la maladie mentale.

Ils permettraient de briser ce face à face un peu ridicule entre deux mondes étrangers l’un à l’autre, deux mondes qui font tout pour ne pas se mélanger, le monde des psy et le monde des patients.
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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 14:47

J’ai souvent eu l’impression qu’en psychiatrie, mieux on se portait, et plus on devait consulter de psychiatre

je me souviens qu’à l’époque où j’allais vraiment mal, je me contentais de voir un psychiatre tous les deux ou trois mois pendant un quart d’heure à chaque fois et c’était largement suffisant
d’autant que je restais face à lui très silencieuse

aujourd’hui, j’en suis à une visite toutes les quatres semaines d’une demi heure et cela s’avère insuffisant

je crois que la psychiatrie ne devient efficace qu’à partir du moment où le patient a un minimum d’aptitude
soit parce qu’il va mieux
soit parce qu’il souffre depuis le début d’un trouble peu profond

cela explique certainement pourquoi les psychiatres n’aiment pas toujours s’occuper des schizophrènes, car ils savent qu’avec les schizophrènes, ils vont devoir patienter longtemps avant de pouvoir espérer être utile et efficace.

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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 10:22

Le psychiatre et le patient peuvent ils s’entendre,
se comprendre ?

…comme chien et chat, ils jouent ensemble.

Parfois je m’amuse de voir mon médecin si indifférent face à ce qui me paraît important et tout d’un coup si inquiet face à un détail que je n’avais pas moi même remarqué
est ce un jeu ?
est ce un malentendu ?
nous ne nous ressemblons pas
nous sommes chacun d’un côté du miroir
nous sommes liés l’un à l’autre par une drôle d’amitié
comme si nous avions été élevés ensemble mais nourris de manière différente
comme si nous appartenions à une même fratrie, mais que nous étions de deux caractères complètement opposés

comme si nous ne pouvions pas nous comprendre.

Je pense parfois qu’il ne me comprend pas ni même ne me connait
je pense parfois qu’il ne connait que la face cachée de l’iceberg
qu’il n’a accès qu’aux symptômes de surface
qu’à l’aspect le plus évident, le plus visible, le plus actif de la maladie mais que le fond, peut être le plus important, lui reste inaccessible

parfois je pense qu’il ne soigne que la surface et que c’est à moi de trouver la solution pour soigner le fond

parfois je pense qu’il ne sait rien de moi et que je suis devant lui parfaitement énigmatique.
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21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 19:18


Créée à l’initiative du Centre Hospitalier Sainte-Anne, de l’Union Nationale
des Amis et FAmilles de Malades psychiques (UNAFAM) et de la Fédération
Nationale d’(ex) Patients en Psychiatrie (FNAP-PSY), cette Fondation
permettra de recueillir les ressources nécessaires pour favoriser la recherche dans les domaines de la Psychiatrie et de la santé
mentale

La Fondation travaillera sur l’ensemble des troubles psychiatriques à tous
les âges de la vie. Elle s’intéressera à l’anxiété, à la dépression, aux
troubles bipolaires, à la schizophrénie… Ainsi qu’aux troubles du
développement chez l’enfant et l’adolescent, et à l’autisme.
Des études concerneront également les troubles de conduite tels les
suicides mais aussi les troubles du comportement : addictions
(alcoolisme, toxicomanie, jeux pathologiques), troubles du comportement
alimentaire (anorexie, boulimie) et comportements violents.

L’activité de la Fondation s’organisera autour de 3 axes de
recherche : la recherche fondamentale et clinique, la recherche
épidémiologique et la recherche dans le champ social.
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16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 21:03


La psychiatrie devrait être une branche de la médecine
on a peine à croire qu’elle le soit

le diagnostic d’une schizophrénie devrait être posé après avoir vérifié qu’aucune pathologie somatique et notamment endocrinienne ou neurologique n’explique les symptômes

or, on sait que peu de patients bénéficient d’une telle précaution

on sait que les patients régulièrement suivis par des psychiatres ne bénéficient souvent d’aucun soutien médical général et que leurs plaintes somatiques sont souvent attribués à de l’hypocondrie

on sait que beaucoup de patients ne bénéficient d’aucune vaccination, ni d’aucune surveillance de leur vue

on sait que certains voient des médecins psychiatres régulièrement mais que leur santé générale est totalement négligée.


Il serait souhaitable que les patients puissent bénéficier
au début de leur maladie,
    d’un bilan endocrinien, sanguin et neurologique
    d’un bilan psychomoteur
au cours de leur maladie,
    d’une visite médicale annuelle (avec un médecin généraliste).
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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 20:59

On dit souvent que le soin psychiatrique passe par l’échange, la rencontre, la confiance vis à vis des soignants…
certes

cela veut il dire que nous sommes soumis à une obligation de sympathie vis à vis des soignants ?

et que se passe-t-il s’ils nous paraissent antipathiques, s’ils nous paraissent repoussants ?
s’ils nous paraissent bruyants, insolents, arrogants, s’ils nous paraissent insensibles, insensés, immatures, grossiers…
que se passe-t-il quand les patients regardent les soignants comme le visiteur au parc regardant un gorille ?

est ce qu’il faut que les patients fassent allégeance aux soignants, acceptent de se fondre dans le moule psychiatrique, s’engagent à la fidélité, manifestent leur amitié…

comment cela se passe-t-il quand un patient est récalcitrant, quand il ne comprend pas, quand il a trop peur, quand il a trop mal

comment faire pour favoriser les rencontres, les vraies rencontres, les rencontres de personnes qui se reconnaissent à la voix, au regard, par un mot, par une phrase, par un geste, par une attitude
de personnes qui se reconnaissent et qui se font confiance…

comment faire pour que cette sympathie ne soit pas obligatoire mais soit le fruit d’un désir et d’une curiosité réciproque ?

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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 20:59

C’est un lieu de vie
un lieu où l’on a envie de rester, où la cuisine se mange avec appétit, où les jardins sont entretenus, où les fenêtres s’ouvrent, où les portes mènent à des lieux autorisés, où les personnes ne se cachent pas, où les secrets peuvent se dire, où les initiatives sont les bienvenues,
c’est un lieu dépourvu de violence, de concurrence, de rapport de force, un lieu où tous sont liés par un même projet, la guérison de tous et de toutes

Un lieu de soin
un lieu où sont mis en pratiques toutes, absolument toutes les solutions connues, un lieu polyvalent, sans aucune spécialisation forcée
un lieu où toutes les thérapies sont envisageables

Un lieu d’apprentissage
car il faut grandir, apprendre, découvrir, apprendre sa place, à se situer, connaître les autres, les lois, les obligations, découvrir l’importance et l’inimportance des choses
il faut se cultiver, devenir honnête homme, connaître les comportements et les manières de communiquer, devenir sociable et fin connaisseur de la société humaine.
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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 10:56

Il n’est pas chargé de tout un fatras d’idées reçues sur la maladie psychique (comme un âne trop chargé)
il n’a pas trop peur de mener une aventure
il n’est pas angoissé à l’idée que sa vie sera différente de celles des autres
il n’a pas honte de ce qu’il est…

Il n’oublie pas la politesse
il est capable d’aimer, si ce n’est souvent, au moins de temps en temps
il lui reste encore assez de force et de douceur pour apprécier un moment de calme, de soleil, comme un moment de plaisir

il se cultive
il continue d’apprendre
il s’interesse au monde…

Il pense à son avenir
il sait que le présent est temporaire et que le temps existe

il continue de croire en l’importance de sa vie et de son destin
il n’a pas peur de la vie
il ne veut pas mourir…

Il observe
il est patient
il profite de ce que chacun peut lui apporter
il prend exemple…

Il sait se rassurer
il sait faire taire la peur
il parvient à se faire dormir
il parvient à oublier…

Il a encore envie de se défendre…

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