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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 12:45

Certains médecins psychanalystes refusent d’assumer un rôle de médecin prescripteur
ainsi, ils s’imposent comme de purs thérapeutes alors même qu’ils sont médecins de formation
ainsi, ils obligent les patients à voir un deuxième médecin, le prescripteur, et à faire face à deux personnes différentes source de deux discours différents
ils imposent l’éclatement de la relation entre le patient et l’institution psychiatrique

ils peuvent adopter des attitudes extrêmement dures quant à leurs méthodes
ils ne cherchent pas à s’adapter à leurs patients
ils semblent persuadés que l’indulgence et la compromission sont les sources de l’échec de la relation thérapeutique en matière de psychanalyse

pourquoi ?

j’ai connu l’un de ces médecins qui m’a appris beaucoup de choses mais qui m’a également obligé à fournir des efforts énormes sans jamais chercher à me faciliter la vie
je me suis demandé d’où venait cette culture de l’effort et du courage 
cette intransigeance pouvant mener à la cruauté
d’où venait cette idée que la thérapie analytique était une chose quasi sacrée qui ne souffrait pas qu’on la mélange à autre chose
d’où venait cette idée que le patient devait être toujours poussé et tiré vers la vérité et la maitrise de lui même, alors que peut-être certains symptômes et certaines naïvetés avaient fonction de le protéger…

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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 12:44

Je me souviens d’une clinique privée où je recevais un traitement purement médicamenteux et où je dormais la plupart du temps
je me souviens de l’absence totale de prise en charge psychologique
je me souviens que le médecin ne connaissait même pas ma véritable situation matérielle et sociale et qu’il s’en souciait fort peu

je sais que ce genre d’établissement est considéré comme de mauvaise qualité du fait de l’absence de thérapie qui y est mise en oeuvre
je sais que ce genre d’établissement fait penser à un certain degré zéro de la psychiatrie
et pourtant…
j’avais effectivement besoin de dormir…

Les lieux étaient confortables et j’étais sensible à ce confort un peu cossu, un peu riche, un peu bourgeois
les infirmières étaient un peu sophistiquées comme peuvent l’être des femmes qui travaillent dans des endroits chics et j’aimais qu’elles me traitent comme une personne importante…

Je pense que ce genre d’endroit est utile mais devrait être présenté pour ce qu’il est : une maison de repos
et pourquoi pas les installer au bord de la mer et en faire des sanatoriums ?
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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 11:05

J’ai longtemps fait partie des bons patients
les patients sérieux et obéissants, les patients studieux et attentifs, les patients consciencieux et disciplinés…
les bons patients reçoivent toutes sortes de louanges
les infirmières et les médecins nous admirent pour notre courage, notre obéissance, ils ne cessent de vanter notre maturité, ils ne cessent de nous pousser vers une perfection dont ils ne seraient sans doute pas capable eux mêmes
j’ai parfois pensé qu’ils voulaient faire de nous des saints ou des héros
j’ai parfois pensé que leur attitude était dans le meilleur des cas ridicule, et dans le pire des cas cruelle
j’ai parfois pensé que leur manière de vanter nos courages nous imposait des efforts toujours plus importants, et nous poussait dans une logique un peu dangereuse d’abnégation, où la souffrance est la règle

Plus tard, j’ai fait partie des patients un peu moins bons, un peu moins doux, un peu moins complaisants
les patients méfiants, les patients inquiets, les patients qui ont des idées sur ce qu’il faut faire ou ce qu’il ne faut pas, sur ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, les patients craintifs, les patients réticents…
les patients qui se protègent
les patients qui se sont construits une carapace, une tour d’ivoire, un terrier, et qui s’y sont inventé une personnalité exigeante à l’abri du regard des autres
les patients qui se sont sont construit un savoir, un savoir faire, une certaine idée d’eux même et de la maladie, une certaine idée de leurs besoins et de leurs possibilités, une idée forte, une idée et un entêtement, une force et une dureté…
j’ai senti alors une certaine distance apparaître chez les médecins, comme si tout à coup ils n’osaient plus prendre de décision me concernant, comme s’ils prenaient acte de mon désir d’indépendance
comme s’ils prenaient acte de mon autonomie et ma souveraineté…

Je n’ai jamais fait partie des mauvais patients
ceux qu’on qualifie ainsi…
ceux qui se révoltent à tort ou à raison contre le système
ceux qui refusent qu’on les aide
ceux qui crient, hurlent, insultent, accusent
ceux qui sont agités et qui font peur…
j’imagine qu’ils en subissent les conséquences
j’imagine qu’ils payent le prix de leur désobéissance
j’imagine qu’ils subissent des violences en miroir de celles qu’ils imposent aux autres
je sais que pour certains d’entre eux, le conflit devient si dur avec l’institution psychiatrique que tout soin devient impossible
je pense à eux, parfois,
je m’inquiète pour eux,
quel est leur avenir, quel est leur perspective, quelle est leur chance ?
je m’inquiète en songeant à la solitude qui s’installe autour d’eux et qui les condamne à jamais.

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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 11:24

L’hôpital de jour est souvent perçu comme un lieu prévu pour briser la solitude et l’inaction
on n’ose pas dire que l’hôpital de jour est un lieu thérapeutique
on préfère souvent le présenter comme un lieu de loisirs
par pudeur ou par gêne
parce qu’il est compliqué d’expliquer en quoi les activités qu’on y propose sont thérapeutiques
parce qu’il est difficile de dire ce que c’est que le “thérapeutique”

Pourtant il est bien évident qu’on ne va pas à l’hôpital de jour si on n’est pas  malade

on y va pour retrouver le plaisir de partager des petites choses entre personnes sensibles aux petites choses
on y va pour faire des choses nouvelles, et ainsi se renouveler soi même
on n’y va ni pour le travail ni pour l’amusement mais pour quelque chose d’intermédiaire, quelque chose comme la construction d’une nouvelle manière d’être
on y va pour recommencer à zéro, pour retrouver certaines bases, pour réapprendre certains instincts essentiels, pour retrouver certaines sensibilités basiques absolument nécessaires à  la construction de tous les sentiments et de toutes les émotions complexes
on y va pour faire des choses simples mais importantes, dans un environnement solidaire, dépourvu de jugement, de notations, de concurrence et d’objectifs comptables.
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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 10:21

Il s’agit de rompre avec le modèle classique d’une institution qui reçoit des patients mais qui n’est pas toujours prête à les recevoir.

Il s'agit de modifier les rapports soignants / soignés par une reflexion permanente sur les échanges et les relations qui naissent et s’expriment au sein de l’institution.

Il s’agit de « ...profiter au maximum des structures existantes afin d'essayer d'exploiter tout ce qui peut servir à ‹ soigner › les malades qui y vivent » selon les termes de Jean Oury, l’un des pionniers, fondateur de la clinique de La Borde.

Il s’agit de permettre au patient de devenir acteur de son soin et de développer ses relations sociales.


Les activités thérapeutiques sont variées : thérapies verbales et non verbales, ergothérapie, activité culturelle, sport, soin du corps… et vie en commun des pensionnaires.


Quelques lieux de psychothérapies institutionnelles :

- Clinique de Cour Cheverny - Château de la Borde
  120 rte de Tour-en-Sologne 41700 Cour-Cheverny
  www.cliniquedelaborde.com

- Clinique de Chailles
  La Chesnaie  41120 Chailles
  www.chesnaie.com

- Centre Psychothérapique de Saint-Martin de Vignogoul
  34570 Pignan
  www.centrepsychotherapique.com

- Clinique médicale du centre
  Château de Saumery  41350 Huisseau sur Cosson
  www.cliniquesaumery.com
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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 17:43

Quand on fait des efforts pour appliquer des consignes et réaliser des actions, on y parvient
on arrive à remettre en place des mécanismes défaillants par l’imitation et la répétition d’un schéma logique d’actions et de comportements
cela permet de se resituer par rapport aux autres en tant que personne apte
cela permet de se tenir correctement par rapport aux autres
d’avoir la bonne attitude
de ne pas être embarrassé
cela permet de détenir un savoir social comme un savoir appris dans une école militaire ou une école de la grande bourgeoisie

Mais si on n’a pas réfléchi à l’inaptitude, analysé les tenants et les aboutissants de cette défaillance, on risque de se retrouver tout à coup capable de faire des choses sans comprendre le sens de ces choses
on fait des choses mais on ne se souvient pas d’avoir voulu les faire
on ne sait pas très bien pourquoi il faut les faire
on ne ressent rien en les faisant, on a simplement le plaisir de réussir une chose qu’on ne réussissait pas avant, comme un exercice technique
on se retrouve tout à coup avec un décalage entre l’aptitude psycho-motrice et l’aptitude psycho-affective
on n’a pas muri le désir de faire certaines choses et on les fait déjà
c’est fort déroutant et potentiellement un peu dangereux notamment cela peut aggraver le risque de ne pas se reconnaitre soi même, de se sentir double, de ne pas se sentir le vrai maître de sa personne
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3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 17:28
la psychoéducation
connaître sa maladie
au risque de s’attacher à elle ?


Il existe désormais des ateliers de psycho éducation destinés à enseigner aux schizophrènes la nature de leur maladie
en dehors de ces ateliers institutionnels, il existe de nombreux lieux d’échange qui permettent aux schizos de s’informer et de se former à leur maladie

les avantages sont nombreux
cela permet de faire le tri entre ce qui vient de la schizo et ce qui vient d’ailleurs, car la schizophrénie n’explique pas tout et on ne peut pas tout lui mettre sur le dos (la pauvre !)
cela permet de faire revenir certains souvenirs et de renforcer son identité (avec le risque de faire revenir les traumatismes et les humiliations)
cela permet de dédramatiser certains souvenirs en se rendant compte qu’ils sont partagés par d’autres personnes que soi
cela permet de comprendre pourquoi on doit voir des médecins et prendre des médicaments
cela permet de choisir un mode de vie plus doux et plus adapté à son handicap en se rendant compte qu’on est malade et en l’acceptant
cela permet d’apprendre à connaître ses symptômes pour mieux essayer de leur trouver une parade ou un système de contournement
cela évite de trouver des explications plus ou moins fantaisistes voire franchement délirante à son état
cela permet de se responsabiliser et de sortir du rôle infantilisant du patient-patient pour devenir le patient-qui-pose-des-questions

les inconvénients existent
en particulier, le risque est de se passionner pour sa propre maladie et de devenir un malade professionnel
on peut s’attacher à cette identité de malade et refuser de guérir afin de se maintenir dans une posture à laquelle on s’est habituée et dans laquelle on a trouvé des avantages,
surtout si on s’implique dans des associations de patients, qu’on y fait des rencontres et qu’on a peur ensuite de guérir parce qu’on a l’impression ainsi de trahir les autres, ceux qui ne guérissent pas

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3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 17:24

la psychanalyse pure est déconseillée aux schizophrènes,
à la fois parce qu’elle est très stressante et risque de favoriser une décompensation
aussi parce qu’elle nécessite une grande capacité de verbalisation que la plupart des schizophrènes n’ont pas
également parce que le transfert (le mécanisme qui fait qu’un patient rejoue avec son psychiatre certaines relations fondamentales pour son psychisme) risque de mal fonctionner

la thérapie d’inspiration analytique est une thérapie qui s’inspire des théories de la psychanalyse et qui se déroule selon un cadre classique de discussion en face à face avec un psychiatre
Elle ne diffère pas beaucoup en apparence de la thérapie de soutien (entretien entre un patient et un médecin) alors qu’en réalité elle est bien différente, puisqu’il ne s’agit pas de savoir si on va bien, quels sont les symptômes et les difficultés, mais plutôt d’arriver à mieux se connaître
C’est à dire qu’on va travailler plus sur la partie saine de sa personne et moins sur la partie malade
c’est un bon moyen de tenter de faire le ménage dans sa mémoire, de régler son compte à certains conflits larvés issus du terrain familial, de comprendre son propre mécanisme psychique afin de prévenir certaines réactions fortes que seul l’inconscient explique...
c’est une manière de se renforcer et d’éliminer des sources possibles de stress psychique et donc des causes possibles de rechute
C’est une manière de se confronter à un thérapeute différent du praticien habituel, notamment plus sévère et plus en retrait ; c’est l’occasion de se confronter à une personne relativement résistante et sévère, ce qui change de la rencontre habituelle avec un psychiatre rassurant ; en effet, pour que la thérapie fonctionne, il faut réussir à retrouver au fond de soi des vérités qui sont cachées, et pour faire cela il faut fournir un effort ; ainsi, le thérapeute ressemble plus à un entraineur sportif, parfois dur, parfois encourageant qu’à un psychiatre
Cela reste une thérapie fatiguante et destabilisante en cela qu’elle fait naitre des idées nouvelles qui risquent ensuite de tourner dans la tête ainsi qu’une petite musique et d’occuper tout l’esprit


la thérapie comportementale est une manière de traiter au cas par cas les insuffisances et les inhibitions
elle a l’avantage de permettre à la personne de trouver des solutions personnelles afin de faire face à certains frayeurs ou certaines incompréhensions
elle permet de traiter des problèmes très concrets de la vie quotidienne
elle consiste à créer de nouvelle chaines mentales d’attitudes autour de l’action problèmatique de manière à ce que cette action problématique soit encadrée et structurée par des pensées ou d’autres actions rassurantes
Certaines actions sont parfois difficiles à réaliser parce qu’elles flottent dans l’esprit, on ne peut les rattacher à quelque chose ; dès qu’on les replace dans une chaine d’événements et de pensées rassurantes, alors, ces actions deviennent à la fois moins effrayantes et plus compréhensibles
on peut ainsi travailler sur le rythme de vie, sur la mise en place d’activités réconfortantes, sur la mise en place de rituels rassurants
La thérapie comportementale peut se faire en groupe et elle ressemble parfois à de l’ergothérapie avec la particularité que dans la thérapie comportementale on a en général un objectif particulier, un symptôme à traiter
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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 10:10
l’arrêt des médicaments
est ce une tentation dangereuse ?
une possibilité ?
un objectif ?
est ce raisonnable ?

souvent l’arrêt futur des médicaments est vécu comme un objectif
c’est l’objectif de la guérison
car on ne se sent pas malade
on se sait malade dès lors qu’on a accepté un protocole thérapeutique
mais le savoir n’est pas le sentir
alors on ne prend conscience de sa maladie qu’à certains moments de la journée, face à certaines réflexions de l’entourage, face à certains échecs, face à la boite de médicaments
ainsi, on pense qu’être malade c’est prendre des médicaments
et que n’être plus malade c’est ne plus en prendre
d’une certaine manière et dans ces conditions on a raison de vouloir ne plus en prendre car on a raison d’espérer guérir, d’espérer aller mieux, d’espérer vivre et gagner en autonomie

mais arrêter de prendre des médicaments, ce n’est pas guérir
c’est une solution qu’on envisage quand les médicaments ne sont plus efficaces par rapport à ses objectifs et qu’on décide de mettre en place une autre stratégie de soin plus efficace (thérapie, insertion professionnelle...)

pour ma part,
j’ai pris beaucoup de médicaments
je n’ai jamais pensé que j’avais besoin d’en prendre mais je les ai pris quand même
j’ai pris tous les médicaments que les médecins m’ont donné, sans jamais refuser ni oublier
je n’ai jamais pensé que les médecins avaient raison
ni qu’ils avaient tort
je n’ai jamais dramatisé la question des médicaments
je n’ai jamais eu de relation conflictuelle ou affective avec les médecins
j’ai obéi
j’ai fait ce qu’on m’a dit

je n’ai jamais cherché une solution idéale ou définitive
je n’ai jamais cherché un médicament miracle
je cherche la meilleure solution par rapport à mes objectifs
j’ai défini mes priorités
je n’ai pas peur des rechutes
je sais que je reprendrai des médicaments un jour et sans doute bientôt
et cela modifiera mon rythme de vie

je n’aime pas dire que j’ai arrêté de prendre des médicaments
je ne suis pas un bon exemple
je ne suis pas un mauvais exemple non plus
j’ai fait comme j’ai pu au gré des circonstances, à une époque où les schizophrènes n’étaient pas aussi choyés qu’aujourd’hui
j’ai vécu dans la rue et j’ai été maltraitée par mes deux premiers psychiatres
je suis devenue pragmatique
j’ai rencontré un psychiatre (en suivi externe après ma dernière hospitalisation) qui ne donnait pas trop de médicaments et qui dédramatisait tout
puis il m'a dit d'arrêter et de me consacrer à mon travail qui était mon seul centre d'intérêt
j’aimais assez cette attitude positive, très terre à terre, très concrète, qui faisait de ce médecin un “conseiller en vie quotidienne”
j’avais certaines idées sur ce que je pouvais faire et ce que je pouvais pas faire
je pensais que je pouvais travailler
je ne pensais pas que je pouvais guérir
je n’ai jamais voulu me soigner pour guérir mais j’ai toujours voulu vivre normalement
à ma manière
être autonome
je n’ai jamais voulu avoir de vie sociale, de loisirs, avoir une capacité de communication, savoir me divertir, comprendre les autres, m’associer à leurs jeux... je voulais seulement travailler pour avoir de l’argent et acheter des disques
certains voudraient que je sois moins inhibée, plus dans le monde
ces personnes là ont une ambition pour moi qui n’est pas la mienne
ils veulent faire de moi une femme attrayante alors que je veux seulement être un valeureux soldat
utile socialement, efficace à la tâche
toutefois, je veux bien admettre qu’un peu de souplesse dans mon esprit passablement rigide serait un luxe nécessaire

depuis un an ou deux mes priorités changent parce que j’ai envie d’autre chose
j'ai envie de devenir sociable

je continue toutefois de privilégier mon travail
je continue de ne pas vouloir prendre de médicament car je ne veux pas perturber l’équilibre actuel de ma vie
tant que ce n'est pas absolument nécessaire
peut-être cela redeviendra un jour une obligation

peut-être faudra t-il 
en repasser par quelque nouveau médicament et tous les risques de déconvenues, de passages à  l’acte, de désirs nouveaux qui ne trouveront pas de satisfaction... toutes ces manifestations de la volonté et du désir que les médicaments peuvent faire apparaître

je crois que je n’ai jamais cherché à guérir totalement
je crois que je veux rester un peu comme je suis dans une certaine mesure
si un médicament miracle existait, je ne le prendrai pas tout de suite, j'attendrai un peu
j’aime bien, le soir, sentir monter le rêve et voir s’inventer un imaginaire lyrique et mécanique,
j’aime bien sentir certaines sensations du corps disparaître et d’autres apparaître,
j’aime bien parfois le personnage immature et joyeux que je suis devenu et que personne ne comprend mais que tout le monde trouve sympathique
j’arrive maintenant parfois à jouer avec mes symptômes et avec mon personnage
je sais que c’est un jeu dangereux
c’est une étape
bientôt, j’aurai envie de guérir totalement
mais pas tout de suite
je ne veux pas changer trop vite
je veux que mon évolution se fasse lentement
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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 10:06
les médicaments (neuroleptiques) :
en prendre mais ne pas trop en prendre


il est acquis que les médicaments servent à quelque chose
mais à quoi ?
pendant combien de temps ?
ces deux dernières questions se posent assez vite


on considère généralement que les schizophrènes qui ont des symptômes positifs doivent prendre des médicaments très longtemps, et sans doute toute leur vie, pour empêcher des rechutes (en particulier le retour des délires)
les schizophrènes qui ont des symptômes négatifs ont plus de mal à trouver des médicaments qui leur conviennent (qui soient efficaces) mais s’ils trouvent un médicament qui leur convient (ce qui est une chance, d’une certaine façon), ils auront aussi intérêt à le prendre sur le long cours
 

l’efficacité des médicaments

elle n’est jamais totale
les médicaments étouffent certains symptômes (on dit qu’ils sont suspensifs des symptômes) mais ils ne les soignent pas le plus souvent (on dit qu’ils ne sont pas curatifs) ; c’est à dire que les symptômes reviennent quand on arrête les médicaments, à moins d’avoir trouvé d’autres moyens (thérapies) pour les faire disparaître
pour ma part,
je me souviens que les médicaments (Solian) diminuaient certains de mes symptômes négatifs, ceux liés à l’angoisse et la peur face à un monde énigmatique, par contre, ils ne diminuaient pas ceux liés à mon incompréhension de ce que ce monde attendait de moi
ils agissaient essentiellement comme des calmants et avaient paradoxalement des effets dynamisants intéressants
ils agissaient ainsi que des anxiolytiques avec l’avantage de ne pas créer d’accoutumance
ils me permettaient de me projeter dans le monde des autres à condition qu’il s’agisse de projets simples et de courts termes
ils avaient un effet simplificateur et rassurant indéniable
ils mettaient de l’huile dans les rouages
mais je restais toutefois une personne très maladroite, comprenant mal la complexité de son environnement, et très détachée par rapport au contexte


le problème de la prise des médicaments est double,
c’est un problème d’effet secondaire et un problème de symbole

pour ce qui est des effets secondaires, on dit parfois que les médicaments rendent apathiques et créent une camisole chimique
pour ma part,
je me souviens que les médicaments me faisaient dormir énormément
et qu'ils me déshinhibaient un peu trop parfois,

c’est à dire qu’ils rendaient certaines actions faciles, trop faciles, et je me retrouvais alors à faire des choses que je ne comprenais pas, et que je me souvenais pas d’avoir voulu faire, car j’avais encore beaucoup de troubles cognitifs (ils pouvaient du même coup accentuer cette impression que je ne me contrôlais pas moi même et qu’il y avait quelqu’un ou quelque chose qui me pilotait)
c’est pour ces deux raisons que j’ai arrêté avant de reprendre puis d’arrêter de nouveau car le bénéfice n'était plus intéressant par rapport aux inconvénients
mon psychiatre m’avait dit “on fait comme vous voulez, sachant qu’on peut arrêter puis reprendre si nécessaire” (ce qui était une manière de dédramatiser à la fois l’arrêt et la prise de ces médicaments)
par ailleurs, les médicaments pouvaient favoriser chez moi un accident du travail alors même que mon insertion professionnelle était mon objectif prioritaire

pour ce qui est du symbole
on a tendance à voir dans le fait de prendre des médicaments le symbole de sa maladie et de sa dépendance
il faut au contraire être très pragmatique s’agissant de la question des médicaments
il ne faut jamais dramatiser cette question, ni dans un sens ni dans l’autre
il ne faut pas en faire une question de principe
on en prend un peu, beaucoup, longtemps, toujours... cela dépend
les médicaments ne sont qu’une aide précieuse, ils ne résolvent pas tout
il ne faut pas avoir honte de prendre des médicaments
d’autant plus que prendre des médicaments est aussi une manière de s’insérer dans un monde moderne, et de participer au progrès de la société car pour en prendre, il faut vivre dans une société évoluée doté d’un bon système sanitaire, il faut être capable d’avoir une relation avec des médecins, et profiter de l’assurance médicale gratuite... c’est donc le signe d’appartenance à un monde moderne, organisé et protecteur
j’ai toujours aimé prendre des médicaments jusqu’à ce que je sois obligée d’arrêter
j’aimais acheter mes médicaments à la pharmacie car j’avais ainsi  l’impression de me soigner moi même


J’attends de nouveaux traitements qui seraient adaptés à mes troubles actuels et qui permettraient d’améliorer le sort des personnes que je connais (ou que je ne connais pas) et qui souffrent de schizophrénie

Peut-être un jour, aurons nous un traitement efficace léger qui pourra être mis en patch sous la peau d’une manière tout à fait anodine...
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