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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 21:02

A la fin il y a une lassitude
l’envie de tout oublier
de tout renier
de tout recommencer

à la fin, il y a un doute
une curiosité infinie
une envie légitime de tout comprendre
une incompréhension globale, totale, énorme, presque définitive, face à un passé qui s’estompe, et qui, ainsi qu’un fantôme fugace, se laisse voir au moment même ou il disparait

à la fin, il y a le désir de mener une vie simple
laborieuse
raisonnable
une vie précautionneuse
une vie de petit comptable, de petit bonhomme, de petit soldat brave et sérieux, de petit personnage installé dans sa cabane, son environnement familier, son environnement reconstruit
une vie de personne modeste qui ne veut rien détruire
qui cherche la paix

il y a une peur
la peur que tout recommence
la peur de la rechute
la peur des émotions trop fortes, trop vibrantes, des émotions qui entrent en résonnance avec l’intelligence et menacent de s’imposer par la force
la peur des raisons particulières, des raisons paradoxales, des raisons monotones et répétitives au bord de l’obsession
la peur de tout ce qui diffère
de tout ce qui pourrait
peut être
ranimer le dragon

à la fin il y a l’économie
une vie parcimonieuse
fragile et dérisoire


il y a la fatigue et la patience

il y a le souci de la qualité
qualité des gestes et des pensées
remplaçant la quantité
remplaçant la multitude
il y le besoin de calme et de confort
le besoin de réconfort
l’envie de vieillir en douceur
l’envie de connaitre certains plaisirs

il y a quelques reproches
de l’amertume face au bilan comptable d’une jeunesse impossible
et disparue sans avoir existé
il y a quelques sentiments durs et cruels qu’on voudrait opposer à tous ceux qui ont joué l’indifférence au plus mauvais moment
et il y a la honte


à la fin, il y a une sympathie nouvelle pour celles et ceux qui souffrent,
pour celles et ceux qui diffèrent
s’égarent
se condamnent
ou sont condamnées
pour celles et ceux que la vie renverse à chaque pas
pour celles et ceux que tout le monde accuse

à la fin, il y a l’envie que tout change
que la société soit plus juste, plus accueillante, plus fraternelle, moins exigeante
il y a de nouveaux rêves et de nouveaux espoirs.
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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 21:59

au debut, il y a un glissement
un glissement du monde et des circonstances
un glissement vers un monde qui n’existe pas
une modification des habitudes et des conventions
un élargissement de certaines perpectives intellectuelles
une résonnance infini de certains sons, de certains mots
un désordre
une accélération
un changement de cap
comme une transformation régie par des lois absurdes

au début il y a cette impression que tout devient plus dur, plus tragique, plus difficile,
que plus rien n’est innocent
il y a cette impression d’entrer dans un monde étranger auquel on ne s’habituera pas
d’entrer dans un monde inconnu et sophistiqué
de devenir un visiteur
un passager
d’être en permanence chassé
d’être en permanence cet intrus injustifié qui s’obstine à s’inviter, qui s’obstine à exister, qui tente de résister, qui tente de s’imposer,
qui tente de se maintenir
et qui n’y parvient pas

au début, il y a l’invention de nouveaux personnages
et de nouvelles règles
passablement esthétiques
plus en accord avec le nouveau monde
et la modernité
d’une épopée tranchante 


au début, il y a cette impression d’une nouvelle existence
d’une nouvelle naissance
dans un monde nouveau
que les autres ne connaissent pas

au début, il y a
ce dénouement des liens
les liens qui nous reliaient à la famille, la société, à la communauté
les liens qui nous tenaient
qui nous tenaient debout

les parents, victimes et coupables, cessent d’être nos parents
et nous, victimes et coupables, cessons d’être leurs enfants

les professeurs cessent de nous enseigner
la transmission est interrompue

le savoir ne passe plus
et c’est une autre savoir, surgi des tréfonds d’une mémoire ancestrale, d’un inconscient trop ambitieux, qui vient s’imposer en guise de science et de connaissance


au début, nous cessons d’être les sujets d’une jeunesse pour devenir les objets d’une maladie

les objets honteux ou fascinants
les objets qui font peur et font dire des bêtises
les objets qui donnent aux mandarins des motifs d’éloquence
des motifs de jouissance
les objets qui font prendre de grandes décisions
des hospitalisations
des couloirs carrelés dans lesquels déambulent avec circonspection d’autres objets aux figures inhabituelles, aux gestes mécaniques, au verbe haut…
les couloirs illuminés de l’institution

au début, nous devenons les sujets de préoccupation de l’institution


au début il y a la fin d’une alliance
la fin d’une reconnaissance
la fin d’une solidarité

c’est le début d’une solitude
d’une solitude définitive
d’une solitude qu’il faudra expérimenter, de long en large et en travers

au début il y a une angoisse atroce et une révolte à la hauteur
au début il y a cette impression que tout a changé et que rien de nouveau ne s’est inventé
au début, il y a cette impression que tout est détruit


au début, tout est nouveau


au début,

avant qu’on s’inquiète

avant qu’on accepte

avant qu’on devienne patient.
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23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 16:55

“La pire souffrance est dans la solitude qui l’accompagne”
André Malraux

“Au fond, c'est ça la solitude : s'envelopper dans le cocon de son âme, se faire chrysalide et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours.”
August Strindberg

“La solitude est un enfer pour ceux qui tentent d'en sortir ; elle est aussi le bonheur pour les ermites qui se cachent.”
Abe Kobo
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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 16:51

On pourrait croire qu’ell
es sont réalistes, réelles, très réelles… et on est encore au dessous de la réalité
les hallucinations sont souvent encore plus réelles que la réalité, car elles ont ceci de particulier qu’elles prennent toute la place dans le champ de la conscience et de la perception
alors qu’une perception réelle laisse place à d’autres perceptions annexes, laisse place à la critique, laisse place au jugement et à la réflexion… une hallucination s’impose et envahit son territoire comme une vague submergeant tout sur son passage
elle s’impose avec la force de l’évidence et ne souffre pratiquement aucune contestation
elle s’impose comme une vérité plus forte que tout.

C’est sûrement cela qui la rend si traumatisante et si difficile à chasser,
c’est sûrement cela qui lui donne son pouvoir.
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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 16:32

On pourrait dire qu’une forme de folie vient de l’absence de compréhension des proportions
de l’absence de connaissance de l’échelle des valeurs communautaires
de l’absence de perception non pas du bien et du mal mais du grave et du pas grave
de l’absence de mesure et de jugement

on pourrait dire que le fou se perd dans les détails
qu’il méconnait l’important
l’important individuel et collectif
qu’il attache du sens à ce qui n’en a pas
qu’il n’invente rien mais qu’il exagère
ou qu’il minimise
qu’il n’a pas de jugement
qu’il sait voir et entendre mais qu’il ne sait pas évaluer
qu’il ne connait pas le prix des choses
qu’il ne sait pas compter autrement qu’en ajoutant des unités
qu’il n’est pas capable de la moindre stratégie
qu’il décompte comme un métronome les choses et les personnes au lieu de trouver des solutions à des problèmes marchands, à des problèmes d’échanges, à des problèmes complexes

on pourrait dire qu’il voit, entend et compte… mais qu’il ne comprend pas, qu’il ne mesure pas et qu’il ne juge pas.
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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 10:33

On peut inventer son propre langage,
repartir de la langue première
se méfier des usages
réapprendre le vocabulaire
réinventer un vocabulaire personnel, expressif et imagé, comme un abécédaire qu’on aurait soi même défini avec des mots dont on est sûr du sens, et dont on est certain qu’ils ne mèneront pas à la confusion
on peut réinventer un vocabulaire et devenir un peu maniéré, un peu poétique, un peu imagé, un peu décalé
mais on ne peut pas inventer la syntaxe

ne plus maitriser la syntaxe rend la langue incompréhensible… et mène tout droit à la grande solitude de l’incommunicabilité
comme si le vocabulaire pouvait être personnalisé mais pas la syntaxe,
comme si le vocabulaire était un bien personnel et la syntaxe un bien commun

comme si la langue commune tenait dans la grammaire, tandis que l’imaginaire personnel s’abritait dans le vocabulaire.
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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 21:58

Comme un papillon fixé par l’alcool
comme un animal empaillé
ou pétri de peur
comme un insecte aveuglé
j’ai souvent connu cet état de stupeur
cet état immobile
où aucune action n’est possible
et le temps s’est arrêté
cet état où la vigilance n’est pas altérée, seules les actions sont interdites

parfois j’ai pensé qu’il y avait un sens à cet état, comme un refus, comme une volonté d’attendre, une volonté de maintenir le passé, de maintenir le présent coûte que coûte, de refuser le futur
comme une volonté de faire durer l’instant
une volonté de sortir du temps

parfois j’ai pensé qu’il y avait dans cet état une sorte de quête idéale d’un infini parfait, d’un état immuable, d’une mort ou d’une vie que rien n’arrête, d’une vie réduite à un seul instant méditatif, à un bref instant éternel.

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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 13:42

Il m’arrive parfois de ressentir des impulsions comme des urgences difficile à contrôler,
urgence d’agir ou de réagir
mélange d’ordre venu d’en haut et de soi même
mélange de pulsion, d’un instinct qui se libère d’un seul coup, et d’une raison trop exigeante qui tente de s’imposer par la force

certains diront qu’il s’agit d’une forme de délire mais le délire a bon dos et n’explique rien
il s’agit sans doute d’un mouvement naturel, comme une décompensation, une libération de certains désirs habituellement prisonniers
prisonniers dans l’absence d’échange, dans l’échange impossible, dans la solitude habituelle
il s’agit sans doute d’une libération au hasard, tout à fait inopinée et à contre courant, de sentiments et d’émotions qui sont nées de manière tout à fait logiques et raisonnables mais qui ne se sont pas exprimées au moment de leur  naissance

comme s’il y avait quelque part, dans la machine que j’habite, une raideur et un silence qui dominaient et qui parfois, se brisaient, sous l’effet d’une brusque, très brusque, volonté d’action.
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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 13:36


Elle existe la tentation de mener cette sensibilité exacerbée, cet infantilisme, cet égoïsme, cet esprit sauvage, cette solitude personnelle… sur la pente de l’art
de changer la maladie en un nouveau territoire pour quelque expérience sensible, sensuelle, sensorielle
de donner aux symptômes une vocation, de donner aux faiblesses une utilité, de donner aux formes étranges de l’imaginaire un nouveau sens, lyrique, prophétique, et de permettre aux paroles étranges de s’écrire en poésie.

Elle existe cette tentation de s’isoler dans quelque tour d’ivoire, sur une île, sur une colline, et d’y trouver une inspiration

Elle existe cette tentation de transformer les erreurs de jugement en tempérament, de transformer les carences de l’esprit, les raideurs du regard, en force…
force du regard, force de l’esprit… force d’un personnage qui impose sa différence.

Elle existe et on y résiste
pour ne pas sombrer dans la solitude

dans le piège infernal d’une solitude acceptée
d’une solitude définitive
d’une solitude nécessaire que plus rien ne peut briser
l’abandon de toute insertion, de toute société, de toute communauté
la plongée dans un rêve
un rêve élitiste
un rêve qui ne finira pas
un rêve qui se nourrit de lui même, de ses propres mots et de ses propres images, de son propre appétit, de sa propre émotion…

elle existe la tentation artistique,
cette tentation légitime qui parfois nous élève et souvent nous marginalise.
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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 10:12

trouver la voie, trouver sa voie, trouver la voie de la sagesse pour les uns  et la voie de la raison pour les autres
c'est probablement l'occupation d'une vie
qu'on soit malade ou pas
chacun sa méthode

trouver-la-voie.jpg
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